Les résultats tant attendus

Le médecin m’a demandé mon numéro, c’était 544 (un numéro que je trouvais moche par ailleurs) et c’est le moment qu’a choisi le système informatique pour planter. Ah… l’hôpital public ! J’avais déjà attendu trente minutes dans une salle aux murs blancs sans aucune distraction (mon téléphone n’avait plus de batterie), il fallait maintenant que leur ordinateur merdique plante pile au moment où je tremblais en attendant mes résultats…

La dernière fois que j’ai eu un rapport non protégé, c’était il y a plus de six semaines comme le veut le protocole. Inutile de préciser que j’étais chargée à la vodka redbull (un mélange terrifiant pour n’importe quel estomac), et que c’est précisément sous les effluves de ce cocktail détonnant que j’ai dit à mon amant qui ne bandait plus à cause du préservatif : « C’est bon, enlève-le, on s’en fout ».

Certes, je connais cet amant. Enfin, disons plutôt que ce n’est pas un inconnu, je le côtoie depuis plus d’un an. Mais je sais qu’il a d’autres partenaires (moi aussi). Je sais aussi que comme 70% des hommes, il débande à cause du préservatif (que celui qui ne débande jamais mette un petit commentaire pour expliquer aux autres hommes sa technique, par pitié, l’humanité a besoin de ton témoignage!). J’estime à 70% mais certaines diraient 80%, le pourcentage dépend des femmes, mais c’est un véritable fléau…

Si je n’avais pas bu, jamais je n’aurais accepté un rapport non protégé. Encore une fois, l’alcool m’a fait faire n’importe quoi. Aujourd’hui le sida fait moins peur, en 2016 on estime à 6000 le nombre de personnes contaminées par le VIH (source : VIH.org), les traitements permettent aux malades de vivre pendant de nombreuses années, nous sommes loin des années 80… Mais à titre personnel, je n’ai aucune envie de faire partie des 6000 qui apprendront la mauvaise nouvelle. Je n’ai pas non plus envie de me réveiller avec des symptômes de syphilis, une chlamydiose ou n’importe quelle IST (Infection Sexuellement Transmissible).

Depuis que j’ai arrêté de boire, je n’ai pas eu de rapport sexuel. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, suis-je encore capable d’affronter la terreur que suscite un date chez moi, sans alcool pour me « rassurer » ? Pour le moment, je n’ai pas été confrontée à ce problème puisque personne ne me plaît dans mon entourage, c’est le désert (ça m’arrange!).

Après de longues minutes et un silence assourdissant, le médecin m’annonce que je peux être rassurée, je n’ai pas le VIH, pas l’hépatite C, pas de syphilis non plus. Pas de chlamydia, pas de gonorrhée, je peux respirer. Je n’avais pas trop peur, à vrai dire. Mais c’est tout de même rassurant de savoir qu’on est clean. Le médecin n’a pas aimé que je demande une copie des résultats, eh oui ça fait quand même deux feuilles blanches, ah… l’hôpital public !

Si toi aussi tu as pris des risques parce que tu as trop bu, tu peux appeler Sida Info Service au 0800 840 800 (appel gratuit), on te dirigera vers un Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) près de chez toi:)

Il est mignon, non ? 🙂

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