Sobriété et célibat

Aujourd’hui je suis passée devant la couverture de Paris Match et j’ai halluciné. « L’énigme Brad Pitt. L’homme fort de Hollywood a vaincu l’alcool mais reste célibataire ». Je vous laisse apprécier le paysage. Et je précise que lorsque j’ai enregistré cette image dans mon ordinateur, elle s’appelait « brad-pitt-sexy-mais-seul ».

Brad-Pitt-sexy-mais-seul

Cette couv’ est agaçante. Déjà, ça sous-entend que c’est incroyable d’être célibataire quand on est considéré comme beau. Il est apparemment impensable de choisir le célibat quand on est sexy comme Brad Pitt. Comme si la beauté et le succès permettaient forcément de trouver l’amour. Mais le pire ce n’est pas ça. Le pire, c’est que personne n’a pensé à Paris Match que peut-être que justement quand on devient sobre, on n’a pas envie de s’acoquiner avec n’importe qui. Peut-être qu’on a envie de rencontrer une personne qui partage notre sobriété ou qui consomme modérément de l’alcool. Or, à Hollywood, il n’y a que ça, des gens qui boivent et qui font la fête, Brad Pitt a sans doute raison d’être seul, de se concentrer sur sa santé plutôt que de se mettre en couple avec n’importe qui juste pour ne pas être seul…

Quand on choisit la sobriété totale ou la modération, tout change dans les rapports de séduction. Lors d’un premier rencard, on boit souvent un verre de vin ou autre, pour se détendre, pour partager un moment convivial, pour se rapprocher, aussi. Quand on ne boit pas, c’est assez désagréable de sentir l’autre être grisé par le vin alors que toi tu es sobre, avec les idées claires (et le trac, parfois!). Sans alcool, on est soi-même et on voit les autres tels qu’ils sont. C’est un bon baromètre je trouve, quand un homme me dit « Tu ne bois pas ? T’es vegan et tu ne bois pas, d’accord, je vois le genre… » (le genre qui tient à sa santé et à la santé de la planète, connard!), je sais que je n’ai plus qu’à fuir au premier prétexte. Je vois tout de suite les hommes qui sont intéressés par la sobriété, ceux qui questionnent leur rapport à l’alcool, ceux qui sont admiratifs, parce que oui, c’est admirable d’être sobre dans une société qui nous encourage à consommer chaque jour davantage (pas que de l’alcool, par ailleurs).

Je suis célibataire et j’aimerais rencontrer quelqu’un qui consomme modérément de l’alcool comme moi. Ou quelqu’un de sobre à 100%. Je n’envisage pas du tout de me mettre en couple avec un mec qui a besoin d’évacuer le stress de la semaine en picolant comme un connard tous les week-ends, ou quelqu’un qui prend un verre à chaque repas, ça non plus, ça ne m’intéresserait pas du tout. Globalement, je dirais que j’aimerais rencontrer quelqu’un de sain d’esprit et de corps. Parce que je fais du sport alors un mec avec un bide de bière, bof. Ce n’est pas si facile de trouver une personne qui partage ton mode de vie et tes valeurs. Et je ne suis qu’une femme lambda, alors imaginez Brad Pitt qui est sous le feu des projecteurs…Je ne sais même pas pourquoi je me plains !

Déjà quatre mois sans alcool !

Quand j’avais la petite vingtaine, je sortais avec un musicien qui était assez taiseux. Je savais qu’il y avait quelque chose qui l’avait traumatisé pendant son enfance et j’imaginais des tas de trucs sordides jusqu’au jour où il m’a dit que son père était alcoolique. Qu’il avait passé des week-ends entiers à « baby-sitter » son père parce que sa mère était infirmière et donc souvent absente. Ce n’est pas quelque chose que j’étais capable d’imaginer. Je ne comprenais pas à quel point son enfance avait été brisée par ce père qui racontait n’importe quoi et vomissait à même le sol…L’ironie c’est que j’ai dû le porter et le mettre au lit un nombre important de fois parce qu’il avait bu de manière plus qu’excessive…Comme son père.

Dans ma famille, l’alcool est un non-sujet, ma mère est du genre à garder le contrôle en toutes circonstances et à en être fière (et à juger ceux qui ne sont pas capables de faire comme elle!), elle boit une coupette à Noël et c’est tout, mon père est le genre à se restreindre parce qu’il sait qu’il aime bien le rhum mais que ce n’est pas une bonne idée d’en boire, une bouteille lui dure des mois…Je suis leur digne fille, si je ne serai jamais aussi raisonnable que ma mère, je sais que je peux arriver à la modération comme mon père. J’ai arrêté de fumer il y a trois ans et il m’arrive de temps à autre de fumer une ou deux cigarettes quand je suis en joie (pas un paquet comme avant, juste une ou deux). Je me considère comme fumeuse abstinente, pas comme non-fumeuse. Je ne serai jamais non-fumeuse, il aurait fallu que je ne commence pas !

Nous ne sommes pas tous égaux face à l’alcool, je le comprends de plus en plus en parlant avec des alcooliques qui sont sous médicaments pour supporter le manque et pouvoir faire face aux idées noires. J’ai la chance de ne pas être en manque, mais surtout j’ai la chance de ne pas avoir des moments de déprime, de découragement ou de penser à l’alcool en permanence. Je parle toutes les semaines à un anglais qui est obsédé par l’alcool du matin au soir depuis deux mois. Il va bientôt partir en cure trois semaines pour être encadré par des psys et autres thérapeutes. Sa propre mère était alcoolique. Quand il me demande comment moi je vais, j’ai l’impression de ne pas livrer la même bataille. Je ne livre aucune bataille tout court. Je ne suis pas en conflit avec moi-même face à l’alcool, juste … je ne bois plus, en fait. Je n’y pense pas parce que c’est devenu ma réalité. Il me fallait juste prendre cette décision je crois. Je ne me sens pas non plus illégitime face à lui, moi aussi je buvais trop ! Mais il n’y a pas un seul alcoolisme, il y en a plein, c’est ça que je veux dire. J’étais dépendante psychologiquement, pas physiquement (ce qui n’est pas mieux). Une fois que j’ai compris pourquoi je buvais, arrêter m’a semblé facile. Je ne m’étais jamais penchée sur les raisons qui me poussaient à boire…

J’ai aussi la chance de ne pas avoir commencé à trop boire pour éviter de régler un traumatisme. Je n’ai pas eu une enfance difficile, à l’âge adulte, on ne peut pas dire non plus que ma vie a été difficile, certes j’ai été importunée sur mon lieu de travail à deux reprises mais j’ai pris la bonne décision : j’ai à chaque fois quitté mon poste et surtout j’ai parlé à mon entourage et même à des professionnels. Comme beaucoup, je buvais après une semaine difficile, pour me défouler (j’adorais boire seule le vendredi soir et faire un karaoke… avec moi-même). Je buvais pas mal par ennui, par habitude, le fameux effet « c’est le week-end, je me bourre la gueule » ! Je buvais quand j’étais triste, je buvais quand j’avais une promotion, toute excuse était bonne pour être ivre parce que oui l’ivresse est séduisante. La gueule de bois pas du tout, nous sommes bien d’accord. Et puis, au risque de me répéter, j’aimais faire l’amour ivre, c’est ivre que j’ai osé explorer ma sexualité, je suis toujours étonnée de constater à quel point c’est tabou d’en parler par ailleurs… Je ne parle pas des baises tu t’endors tellement tu n’es plus capable de tenir debout mais des autres, celles qui sont passionnées, puissantes et … orgasmiques ! Mes premiers orgasmes ont été vécus sous l’emprise de l’alcool pour une raison très simple : l’alcool désinhibe. Pendant des années j’ai pensé que sans alcool je serais incapable d’avoir une sexualité épanouie ou en tout cas aussi intéressante. Il m’arrivait de faire l’amour sobre bien sûr mais j’avais l’idée tenace que sous alcool la fête est plus folle (Pandora… out !). Quelle erreur… Heureusement on peut aussi avoir une sexualité de qualité sans alcool, imaginez un monde seuls les alcooliques jouissent ! (Humour). La sexualité sobre est une affirmation de soi, c’est se mettre à nu.e dans tous les sens du terme, c’est pour moi une révélation : je n’ai pas non plus besoin d’alcool pour vivre ma sexualité, encore une idée de merde, un « programme » que je m’étais foutu dans la tête. Il y a des moments de honte terribles quand on ne sait pas boire, c’est vrai. Mais il y a aussi des moments fabuleux, des souvenirs liés à l’alcool qui sont des souvenirs heureux. C’est comme tout, ce n’est jamais ni noir ou blanc.

Je ne pense pas aux années où je buvais trop le week-end (plus rarement en semaine) en dehors des fois où j’écris pour le blog. Je ne suis donc pas nostalgique mais spectatrice : ces années font partie de ma vie mais c’est à peu près tout. Elles ne définissent pas la personne que je suis (qui par ailleurs est en perpétuelle évolution). Pour me défouler, je fais du sport, je n’ai pas besoin de boire. Pour me détendre, je mets de la musique et je ferme les yeux allongée sur mon canapé ou je médite. Quand je suis triste, j’accepte cette tristesse et j’attends qu’elle passe (et elle passe toujours parce que j’ai appris à être pleine de gratitude). Je ne fais plus l’amour ivre, je fais l’amour en pleine conscience. L’arrêt de l’alcool a des répercussions sur tous les domaines de ma vie, je n’aurais jamais pensé que ce changement serait aussi drastique. Aujourd’hui je fête mes quatre mois sans alcool. Déjà 120 jours, un tiers de l’année. Je n’ai jamais eu besoin de l’alcool dans ma vie. Je traîne quelques casseroles dont je n’ai plus honte aujourd’hui, je me suis pardonnée mes excès. Je les accepte. Je reste quelqu’un d’excessif, je ne pourrais pas changer ma personnalité. J’accepte d’avoir beaucoup d’énergie et plein d’émotions et d’idées mais je n’essaie plus de me canaliser avec l’alcool, je suis comme je suis, point. Je n’aimais pas boire, j’aimais être une personne sûre d’elle. Je ne le savais pas mais je suis sûre de moi sans alcool aussi ! Ne plus boire m’aura appris à être moi-même. Et je continue d’apprendre, jour après jour…

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Le témoignage de Rébecca, sober curious

Troisième témoignage sur le blog. Rébecca se livre sans fards sur son rapport à l’alcool, elle est parisienne, elle a crée sa propre boîte qui s’appelle Pony il y a six mois, elle a aussi deux fils et comme moi elle aime les boucles d’oreilles qui brillent… IMG-1234

Dans quelles circonstances as-tu arrêté de boire pendant quatre mois ?

Je buvais depuis mes quatorze ans avec excès, il m’arrivait aussi de boire du vin tous les jours… Lors d’un séjour aux États-Unis, j’ai bu deux margaritas et j’ai fait un blackout. Je n’ai pas compris parce que je ne bois jamais à jeûn… J’ai cru qu’on avait mis quelque chose dans mon verre, j’ai été très malade pendant deux jours au point où je me suis dit que je ne pourrais jamais rentrer en France. Lorsque je suis rentrée, j’ai consulté mon médecin de famille qui était adepte de tout ce qui est toxicité et cure et qui m’a expliqué que mon corps était arrivé à saturation, j’avais atteint un quota. On a tenté une méthode sous hypnose et on a décidé que je me passerais d’alcool pendant trois mois, c’était l’objectif. C’était il y a trois ans. Je suis allée au-delà, j’ai tenu plus de quatre mois. Lorsque j’ai arrêté, je me suis rendue compte que j’avais tous les symptômes du sevrage, tremblements, déprime, insomnie, sueurs froides la nuit, j’étais au plus mal… ça m’a fait réalisé que j’étais addict et que mon corps m’avait sauvé en m’envoyant ce signal d’alarme. Au bout des trois mois, on a fait un point avec le médecin qui m’a félicitée, j’avais très peur de boire de nouveau parce que j’avais peur d’en mourir… J’ai rebu un verre de temps en temps tout doucement. J’avais envie de trouver un équilibre et grâce à ce choc, à cette cure, je l’ai trouvé. Depuis, je m’astreins à au moins un mois de jeûne par an, voire deux pour me prouver que je ne suis pas dépendante. J’ai à peu près trois gueules de bois par an et je peux passer dix jours sans boire sans problème.

Qu’est-ce-qui t’empêche d’arrêter complètement l’alcool ?

J’ai pris énormément de recul par rapport aux raisons qui m’amenaient à boire, un coup dur, le stress, la solitude, un mal-être en soirée, l’envie d’être plus exhib que d’habitude. Toutes ces raisons se sont envolées lors de ma cure. Le fait de les comprendre m’a permis de les accepter et de faire la paix avec tout ça, je ne m’en suis pas voulue d’en être arrivée là, il y avait beaucoup de raisons qui faisaient que j’étais devenue un peu alcolo festive. Quand j’ai recommencé à boire je voulais le faire pour de bonnes raisons. Je bois du vin pour l’ivresse mais pas pour être bourrée ; pour le petit plaisir, le même plaisir qu’on peut ressentir lors d’un très bon repas. C’est un plaisir orgasmique, pas compulsif chez moi. Ma façon de consommer est positive, boire est une célébration, ça a complètement changé. J’aime énormément le goût du vin. En revanche, je ne bois plus (ou presque) d’alcools forts qui vont me rendre malade … De temps en temps je bois des Spritz parce que j’adore le goût de l’orange amère mais globalement je dirais que ma façon de boire est devenue sensée, saine et raisonnable. Je n’ai pas l’intention d’arrêter de boire, c’est en pleine conscience que je continue à boire … raisonnablement. C’est en pleine conscience que trois fois par an je prends une cuite et ce n’est pas pour compenser quelque chose ou parce que je me sens triste. C’est parce que je me sens vivante et que j’ai besoin d’être excessive parfois, ça fait partie de ma personnalité. Ma thérapeute est d’accord pour dire qu’être la personne que je suis c’est aussi avoir des excès, mais dès lors que c’est en pleine conscience, c’est beaucoup plus sain. Je n’ai pas peur de retomber dans mes vieux travers.

Quelle est la période où tu arrêtes l’alcool pendant un mois ? Dry January ? Sober september ?

Oui, sans surprise, j’ai tendance à arrêter au mois de janvier. J’ai tenté le mois de septembre sans alcool cette année mais j’ai tenu les dix premiers jours seulement parce que j’ai eu des succès par rapport à la création de ma boîte et j’avais très envie de les fêter ! J’ai pris deux cuites en septembre donc techniquement il me reste une seule cuite avant la fin de l’année ! J’ai hâte de faire le dry january, c’est pratique, plein de gens le font, tu fais des dîners avec des gens qui le font, tu n’as pas besoin de te justifier. Même si maintenant mes potes savent qu’il y a des moments où je ne bois pas d’alcool et je n’ai pas à me justifier auprès d’eux.

Que bois-tu lorsque tu fais le dry january ?

Je n’ai jamais essayé de substituer le vin, je n’ai pas envie d’avoir l’effet placebo. Je suis plutôt Perrier rondelle et dans les jours de fête Perrier sirop de pêche mais je ne suis pas trop sucré ou sinon bière sans alcool mais très rarement. Je n’aime pas l’idée de boire un truc qui ressemble à l’alcool. Perrier rondelle c’est ce que je préfère. Et au resto de l’eau plate.

Pour finir, quels ont été tes meilleurs moments sous alcool et les pires ?

Mon meilleur souvenir avec l’alcool ?… Il y en a plein. Mais je pense à une fois en Sardaigne avec des amis, on rentrait du resto où on avait passé une super soirée et beaucoup ri et sur le chemin du retour dans la voiture on parcourait des endroits qui puaient, ça sentait la chèvre puis la pisse puis la merde, les égouts, les fruits de mer… Résultat je me suis tapé un gros délire, j’ai inventé un concept d’application mobile qui répertorie les odeurs nauséabondes avec des codes. Tout ça a été enregistré en audio et on l’a réécouté cet été et c’est toujours aussi culte ! Souvent quand on est ivre on se croit drôle mais on ne l’est pas alors que là trois ans plus tard c’est toujours aussi drôle ! J’ai beaucoup plus de bons souvenirs que de mauvais malgré mon parcours. Mais le pire c’est celui qui a déclenché la cure, j’ai vraiment cru mourir…

J’ai (re) testé le sober sex et c’était … [insérer un superlatif] (Part 2)

Je l’ai déjà écrit dans la part 1, faire du sexe sans être un peu alcoolisée était l’une de mes grosses angoisses (parce que le sexe c’est important, voyez). On peut dire que ma nouvelle vie sexuelle sans alcool n’a pas super bien commencé comme vous l’avez peut-être lu mais… Toutes les mauvaises choses ont (aussi) une fin ! Le bad sex est enfin derrière moi, maintenant nous sommes en automne et c’est ma saison préférée. Pourquoi ? Parce que les feuilles qui tombent, parce que les couleurs jaune-orangées, parce que les bains chauds alors qu’il pleut dehors, parce que les plaids sont de sortie, parce que le chocolat chaud maison avec une tonne de pumpkin pie spice dedans, parce que j’adore les grandes écharpes (alors que je fais même pas 1m60, imaginez…). Parce que HALLOWEEN ! HALLOWEEN ! (et après y’a NOEL, NOEL!!!). Oups, je m’égare…

Je vais peut-être commencer par ce qui me chagrinait. Ne pas pouvoir boire un verre pour me détendre lors d’une soirée qui (on le sait) va se terminer en partie de jambes en l’air. Trinquer avec son verre d’Oasis, c’est pas mega sexy. Ça fait tout de suite « femme-enfant » alors que rappelons-le, je ne suis pas bien grande… Je n’aime pas l’eau gazeuse, je déteste les sodas, payer mille euros un jus d’orange pressé (quoi ? Je suis de Marseille, vous trouvez?), très peu pour moi. J’adore le diabolo grenadine mais comment être prise au sérieux en buvant un tel breuvage, je vous le demande ? Et je me suis souvenue d’un commentaire d’Amélie sur l’un de mes billets. Elle disait qu’elle aime bien boire du panaché. Ma mère m’a dit qu’elle buvait un petit panaché de temps à autre quand elle était enceinte de moi, parce que je suis née l’été, c’était la canicule et seul le panaché la désaltérait. Le panaché c’est un mélange de limonade et de bière mais surtout ça tourne à 1,2%. Légalement, ce n’est pas de l’alcool. En France, une boisson est considérée sans alcool jusqu’à 1,2%. Lors de cette première soirée sexe avec ce charmant personnage, j’ai donc opté pour un Panaché alors qu’il buvait je ne sais plus quelle bière… Et c’était trop bien d’avoir la petite sensation d’être un peu éméchée, enfin pas vraiment éméchée mais je suis montée un peu vite et c’est redescendu tout aussi vite. Avec un seul panaché, oui, oui. C’est ce qui arrive quand tu arrêtes de boire ! Je n’ai pas bu de deuxième panaché, juste un. Ce qui prouve que je suis capable de boire un seul verre par ailleurs. Check.

On dit que la première fois entre deux personnes qui ne se connaissent pas vraiment, c’est souvent pas génial. Je dois dire que j’ai la chance d’avoir eu quasiment que des premières fois au top mais… Je ne savais pas trop à quoi m’en tenir. Et ce fut tout simplement exceptionnel ! Parce que c’est quelqu’un avec qui ça matche dès le départ, en fait l’alcool n’a rien à voir avec le bon ou mauvais sexe, soit ça fait des étincelles direct soit tu préférerais encore être devant un programme indigent sur M6 ou TF1…

Ça s’est tellement bien passé que j’ai eu d’autres expériences avec d’autres hommes depuis (que voulez-vous, moi l’été je ne fais rien, en revanche l’automne je renais…). Aujourd’hui je me demande comment je faisais pour baiser au bord du coma éthylique. C’est tellement mieux de savoir ce que tu fais, d’être réceptive à fond à ce que l’autre te fait, d’être en communion. Avant j’avais la nausée, j’étais pas vraiment présente, parfois il m’arrivait de m’endormir en plein acte (je n’en suis pas fière mais c’est arrivé et pas une seule fois…). Avant on pouvait croire que je fermais les yeux de plaisir mais pas du tout j’étais à la ramasse, sur le point de faire un black out. Je trouve ça tellement drôle maintenant que c’est derrière moi. Je me souviens d’un plan cul qui m’avait dit « Tu t’es endormie en pleine phrase alors que j’étais au-dessus de toi, tu ne t’en souviens pas ? ». Mmmmm comment te dire que pas du tout ? Le malaise…

J’avais besoin de boire de l’alcool pour être à l’aise, quelle tristesse. Normal, ma vie était tellement routinière et je ne suis tellement pas faite pour ça… Je m’évadais avec l’alcool (c’est ce que je croyais, du moins). J’ai le sentiment que ma vraie personnalité ressort depuis que je ne me cache plus derrière l’ivresse. Je me sens bien dans mon corps et dans ma vie, je n’ai plus besoin de rien pour faire face au quotidien, je vis la vie de mes rêves (ok si je gagnais la cagnotte Euromillions, je ne cracherais pas dessus mais… l’argent fait-il le bonheur ? Vous avez quatre heures…). Il me reste les bons souvenirs, les merveilleux cocktails au Ritz un soir de janvier dans le salon Hemingway, le sexe endiablé qui s’en est suivi… Beaucoup de bons souvenirs aussi avec ce foutu alcool, j’ai écrit des trucs pas trop mal complètement bourrée aussi… Ce chapitre est fermé 🙂 Autre chose : je ne peux plus simuler maintenant, ce chapitre aussi il est mort de chez mort. Je ne peux plus faire semblant ! Je suis condamnée à trouver de bons amants. Condamnée ! Et pour tout vous dire maintenant j’assume boire du ice tea à un date, parce que le panaché en fait bah j’aime pas ça !  La suite au prochain épisode (ou pas parce que bon ça va, c’est pas un blog de cul oh!).

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Le témoignage de Jean-Loup, sobre depuis 378 jours

Aujourd’hui je reviens avec un nouveau témoignage sur le blog. Jean-Loup est la première personne à s’être inscrite à mon Insta (quoi ? Tu ne m’as pas ajouté ? @adieugueuledebois), nous avons échangé par mails et il m’a beaucoup aidé à me sentir moins seule il y a trois mois, ses encouragements m’ont été précieux, merci à toi ! C’était légitime de parler de lui ici. Jean-Loup vit à Perpignan, il a deux chats, il a aussi un blog et c’est un passionné.

Et à gauche c'est Tolkien ;)
Et à gauche c’est Tolkien !

Quand t’es-tu rendu compte que tu avais un problème avec l’alcool ? As-tu réussi à arrêter dès la première tentative ?

Ça faisait longtemps que je me disais que j’avais un problème mais je l’ai accepté il y a un an quand j’ai décidé d’arrêter l’alcool pour de bon. Avant ça, j’avais déjà fait des pauses de quelques semaines sans rien boire du tout et je reprenais en espérant ne pas retomber dans les mêmes travers, dans le fameux cycle d’autodestruction… Même quand j’arrivais à arrêter un temps, je refaisais les mêmes erreurs à picoler n’importe comment. J’ai décidé d’arrêter pour de bon il y a un an, ça a été la bonne et depuis je n’ai pas repris.

Tu parles de « fameux cycle d’autodestruction », tu peux nous en parler ?

Ces dernières années quand il m’arrivait de boire trop, j’arrivais à faire une pause de plusieurs semaines puis je recommençais à boire en pensant gérer jusqu’au moment où je retombais à nouveau dans l’excès et ainsi de suite… Je buvais des bières jusqu’à être détendu, sans penser à mes problèmes, puis je continuais pour me sentir encore mieux sauf que c’est l’effet inverse qui se produisait…Je parle d’autodestruction parce que j’ai fini par comprendre que l’excès d’alcool était devenu le seul moyen de soulager mon mal-être.

Comment tu gères tes émotions depuis que tu es sobre ?

Quand ça ne va pas, je n’hésite pas à en parler à mes proches, j’essaie de me changer les idées. Dès que je sens qu’il se passe des choses difficiles, je fais appel à des pros, par exemple je vais voir une psy et j’ai commencé des séances avec une énergéticienne aussi. Ce sont deux choses qui me font du bien parce que c’est important de pouvoir parler à des personnes extérieures mais aussi des professionnels qui sont là pour t’aider à avancer. Ce qui a été décisif depuis que j’ai arrêté de boire c’est d’accepter la souffrance même quand elle paraît dérisoire. En fait toute souffrance n’est jamais dérisoire ! Depuis un an, quand j’ai un problème ou que je suis en souffrance et que je n’y arrive plus, j’active mon réseau de soutien dont je parlais plus haut, les amis, la famille et les pros pour avancer. Ce qui m’aide énormément aussi c’est la musique.

Comment as-tu gérer ta vie sociale quand tu as arrêté l’alcool ? Quand tu vas dans un bar, tu commandes quoi maintenant ?

Arrêter de boire n’a pas tellement eu d’impact sur ma vie sociale, je continue de temps en temps de sortir dans des bars parce que j’aime ce genre d’ambiance et c’est aussi l’occasion de croiser des gens et des potes que je ne vois pas forcément souvent. J’ai gardé des contacts avec des gens que j’ai connu pendant mes années de débauche, certains sont devenus de très bons amis A partir du moment où j’ai expliqué à mon entourage proche pourquoi j’arrêtais de boire, tout le monde a respecté. Quand je sors c’est Coca, Perrier, bière sans alcool ou Cacolac s’il y en a.

On partage un amour sans faille pour Trent Reznor, je sais que sa sobriété t’a inspirée, peux-tu nous en parler et es-tu inspiré par d’autres artistes ?

Le parcours de Trent Reznor m’a énormément inspiré et aidé quand j’ai décidé d’arrêter de boire. C’est marrant parce que j’ai découvert Nine Inch Nails pendant mes années de débauche quand je faisais le con. Ça m’a accompagné toutes ces années et au fur et à mesure que je me suis intéressée à sa vie, j’ai appris tous ces déboires, tout ce qu’il a traversé, non seulement avec l’alcool mais aussi la drogue, c’était une autodestruction bien plus radicale que la mienne (voir le billet qu’il a écrit sur son blog à ce sujet). Je me suis reconnu dans les mots de Trent Reznor, pourquoi je buvais, pourquoi je me complaisais là-dedans, pour moi c’est un super exemple… ça montre que tu peux être au fond du trou et te relever même si comme il le dit ça reste une bataille au quotidien. En bon geek que je suis, un autre parcours qui me touche aussi, c’est celui de Robert Downey Jr, d’autant que dans son personnage d’Iron Man on retrouve un peu les mêmes problèmes par rapport à l’alcool même si dans les films c’est moins prononcé que dans les comics. Lui aussi c’est quelqu’un qui passe de la débauche et la défonce au retour en grâce. Dans les mêmes années que Trent Reznor… Quand on voit ce que les deux sont devenus, c’est super inspirant.

Un dernier mot ?

A partir du moment où on pense avoir un problème avec l’alcool, c’est qu’on en a un. Un vrai. Ne faites pas comme moi qui le pensais depuis très longtemps et qui ne faisait rien pour le régler. C’est important de voir la vérité en face… L’alcool peut faire vivre des moments incroyables mais ça peut faire faire tant de choses qu’on regrette. Quand l’alcool devient indispensable à tout moment de la vie, que ce soit pour se lâcher ou supporter une situation, c’est le moment de faire un travail sur soi. On peut être soi sans alcool, je sais bien que ce n’est pas facile mais c’est possible, j’en suis la preuve;)

Tu veux témoigner sur le blog ? Envoie-moi un mail ! pandorablack111@gmail.com 🙂

8 choses que j’ai apprises en 100 jours sans alcool

Je sais mieux fixer des limites. Quand tu répètes avec force et détermination que « non merci, je ne bois pas, non, pas même une goutte de gin », le « non » devient une deuxième nature ! Ce qui est assez ironique quand on sait que je déteste le conflit et que j’avais tendance à toujours dire « oui » puis faire comme je l’entendais. Maintenant je dis « non » ultra facilement. Pire, je prends plaisir à dire « non », je revendique le fait de ne pas me faire marcher sur les pieds. Je sais fixer des limites et me faire respecter. Je sais m’entourer des bonnes personnes pour moi. Je suis devenue super badass ! Yeah !

Je n’ai jamais eu besoin d’alcool dans ma vie. Je croyais que l’alcool me permettait de faire la fête (moi qui suis casanière), de faire tomber les barrières de la timidité, d’être en communion avec les gens autour de soi et tout un tas d’autres bullshit hallucinants. Il s’avère que sans alcool je vois les situations telles qu’elles sont réellement, ce qui m’évite bien des déconvenues. En effet, impossible de se forcer à faire la fête avec des gens quand tu es sobre, si tu n’aimes pas ces gens, tu rentres chez toi, c’est simple. Les barrières de la timidité tombent naturellement quand tu es bien entouré.e, là encore c’est simple, il faut suivre son feeling et s’il n’y a pas de feeling… on laisse tomber. Pour être en communion avec des gens il suffit d’un peu de musique, pas besoin d’alcool, la musique fédère bien plus de joie que le whisky coca (cette rime!).

Mon refus de boire de l’alcool est un miroir tendu à celui qui continue de boire. Lorsque j’explique pourquoi j’ai décidé d’arrêter l’alcool, dans 90% des cas mon interlocuteur me dit que lui aussi a un problème, que lui aussi ne sait pas vraiment gérer et que putain j’ai vraiment du courage. C’est peut-être parce que je ne suis pas dans le jugement que j’ai autant de retours positifs. Toujours est-il que je déteste cette histoire de « courage ». Il ne s’agit pas de « courage » mais de prendre une décision, point. Il faut du courage pour picoler tous les week-ends en sachant que tu vas avoir la même gueule de bois chaque dimanche, il faut du courage pour continuer dans un cercle vicieux, là oui, il faut du courage ! Pour arrêter de boire, il faut une prise de conscience. Le courage n’a rien à voir là-dedans… La prise de conscience arrive justement quand tu as perdu le courage de continuer à t’enfoncer dans les mêmes programmes, les mêmes schémas de vie.

Mon amour-propre est à son max ! Quand on prend une bonne décision de vie, qu’on a le sentiment d’être sur son vrai chemin, quand on sait qu’on avance deux fois plus vite… On a une dose d’amour pour soi qui arrive et qui peut faire flipper (alors qui’l n’y a vraiment pas de quoi). Avant, on se trouvait moche le dimanche matin la gueule desséchée et le cheveu hirsute, maintenant on irradie. Ma peau est tellement plus clean depuis que je ne me murge pas tous les vendredis soirs! Je ne suis plus déprimée sans raison, je pense à moi en des termes positifs au lieu du sempiternel « putain j’suis trop conne j’ai encore picolé ce week-end, je me déteste putain ». Avant je détestais le dimanche, maintenant le dimanche est le jour où je prends soin de moi, je m’occupe de ma peau, de mes cheveux, je prends plaisir à me faire plaisir ! Je m’aime parce que j’ai la vie que j’ai toujours voulu avoir. Une vie saine, où je gère mes émotions qui restent des émotions c’est-à-dire furtives. Avant je pouvais être en bad pendant trente-six heures, maintenant ça dure trente-six secondes… Je n’ai plus peur de rien, je suis sur le bon chemin. Limite ça pourrait être mon mantra haha

Je suis un exemple à suivre. Je crois que c’est ce qui m’a le plus surprise ces derniers mois. Je sens du respect de la part de mes interlocuteurs. Ne pas boire dans une société qui impose l’alcool partout en vente libre force le respect. Personne n’a le rêve de finir alcoolique… Vomir dans le caniveau à dix-huit ans, c’est rigolo, continuer de le faire alors qu’on a des enfants qu’on oublie d’emmener le matin à l’école à cause d’une énième gueule de bois, c’est tout de suite moins fun. Arrêter de boire c’est faire preuve de maturité. C’est accepter de vieillir en quelque sorte. Je sais que je vieillis, je prends soin de moi maintenant pour être une belle petite vieille super sage et tout (l’espoir fait vivre huhu).

Mais en fait j’ai du temps pour moi ! C’est énergivore de se bourrer la gueule tous les week-ends. Il faut faire des courses pour acheter les bières et la vodka, ça prend du temps et de la place dans le frigo, puis il faut penser aux softs, aux médicaments pour les lendemains de cuite genre citrate de bétaïne, ne pas oublier les packs d’eau pour bien s’hydrater, sans oublier les pizzas surgelées qu’on mettra dans le four la gueule dans le cul, affamés. J’ai toujours eu du temps pour moi, je choisissais de l’utiliser pour de mauvaises raisons. Maintenant que je ne bois plus, je fais du yoga, je médite, j’ai repris la peinture et tant pis si c’est moche, ça me fait du bien ! Mon temps est précieux, je ne le gâche plus. Je suis devenue super égoïste : je ne fais que des trucs qui me font du bien 🙂

Je vois la vie en rose. Vous vous souvenez de l’ataraxie ? Ce concept philosophique super cool. C’est devenu mon mode de vie. J’ai la tranquillité de l’âme. Une profonde quiétude. Ce n’est pas uniquement lié à l’absence d’alcool dans ma vie, c’est aussi grâce à la méditation. Mais je n’aurais jamais pu rencontrer la méditation (et donc moi-même^^) si j’avais continué de boire, c’est donc bien lié ! A ce propos, j’ai trouvé une app formidable pour la méditation, c’est entièrement gratuit et super bien foutu et ça s’appelle Insight Timer. Il y a des méditations guidées pour les débutants, c’est super chouette.

J’aime les autres. Le fait d’être bienveillante envers moi m’amène naturellement à l’être envers les autres. Pourtant, je ne suis pas ce qu’on appelle «  a people person », loin de là. Mais je ne critique plus à tort et à travers. J’ai arrêté de bitcher, et croyez-moi, c’était pas gagné, c’était une deuxième nature chez moi ! L’autre jour je me suis pris la tête avec mon frère, avant j’aurais appelé ma mère pour lui raconter, cette fois j’ai écouté mon frère, lui ai exposé ma vision des choses, et réussi à régler le malentendu en moins d’une heure avec lui, sans en parler à personne d’autre de la famille. Ma relation avec mon frère est une affaire personnelle, je ne laisse personne s’en mêler. Quand il m’a dit que je l’avais blessé il y a quelques années (il m’a ressorti un vieux dos de ouf), je me suis excusée sincèrement. Parce que c’est important de lui montrer que je ne suis plus cette personne, j’ai évolué, j’ai appris. Et j’apprendrais encore, je suis perfectible !

Il y a aussi un numéro 9 qui concerne le sexe… mais je vous garde ça pour la semaine prochaine ! (Parce que oui le sexe sans alcool c’est mille fois meilleur !)

J’ai testé le sober sex (et c’est vraiment pas glorieux)(Part 1)

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En discutant avec mes amis, je me suis rendue compte que même ceux qui sont en couple font rarement l’amour sans avoir bu un petit verre. C’est souvent un peu éméchés qu’ils se dirigent vers la chambre à coucher pour faire des folies de leur corps. L’intimité est quelque chose qui nous effraie. Combien de couples peuvent affirmer qu’ils sont vraiment intimes ? Wikipedia dit « L’intimité véritable demande des échanges, de la transparence, de la réciprocité et incidemment une certaine vulnérabilité ».

Je trouve ça dramatique pour être honnête. Que la majorité d’entre nous ait besoin d’alcool pour avoir confiance en soi, se mettre à nu, aller vers l’autre, oser demander à l’autre ce qu’on veut vraiment au lit etc On est tous un peu coincés, on a peur du jugement de l’autre, peur que notre corps ne soit pas assez parfait sous tel angle, peur d’être trop libéré.e ou pas assez… Quel gâchis !

Je ne peux pas vraiment blâmer l’alcool parce que soyons honnête, c’est parce que l’alcool nous désinhibe qu’il permet d’explorer une sexualité plus débridée, après trois bières on ne pense plus à notre épilation qui n’est pas parfaite, on s’en tape complètement. Et l’alcool permet une sexualité moins conventionnelle… J’en parlais récemment à quelqu’un qui me disait « Le nombre de filles qui refusent la sodomie puis la réclament après trois verres… C’est hallucinant, je te promets ». Quand on est ivre on n’a plus peur du jugement des autres, on vit l’instant présent, c’est quand même l’une des vertus de l’alcool !

Alors comment faire l’amour avec quelqu’un de nouveau quand on n’a pas bu ? J’étais assez obsédée par cette question. J’avais peur d’être un mauvais coup, de ne pas savoir comment bouger, d’être trop douce ou pas assez, bref, j’avais peur. Et je déteste avoir peur. J’ai rencontré quelqu’un qui a été mon cobaye haha Je l’ai prévenu, j’ai arrêté l’alcool, je ne suis pas rassurée mais j’ai envie, au secours. J’ai eu de la chance, je suis tombée sur un charmant garçon très compréhensif, le fait d’en parler m’a beaucoup aidé à dédramatiser !

Mais… je n’aurai probablement pas dû lui en parler parce que … ça lui a mis la pression. J’ai eu le sentiment d’être considérée comme une petite chose fragile, non, c’est pire, comme si j’étais pucelle et que c’était ma première fois ! La scène m’a fait penser à la première fois que Carrie Bradshaw fait l’amour avec Jack Berger (oui, je parle de Sex & the City)… C’était silencieux, c’était lent, un peu comme un film érotique du dimanche soir sur M6 (mais si, tout le monde s’en souvient). Il m’a fait l’amour sans le son, voilà c’est ça. Sauf qu’on ne se connaissait pas, se retrouver yeux dans les yeux en mode love alors qu’on n’est pas love ni l’un ni l’autre, c’est un peu le malaise… Ça ne marche pas comme ça… pas pour moi, en tout cas. J’entends certains dire « Non mais attends Pandora, tu te plains mais t’aurais préféré qu’il te brutalise ou quoi ? » Bah ouais j’aurais préféré que ce soit sportif, j’aurais préféré réveiller mes voisins avec mes cris endiablés, j’aurais préféré tomber du lit et me rétamer la gueule par terre tellement mon lit aurait été un putain de ring ! La passion, bordel !!

Il fallait nous voir juste avant… On se parlait comme si on se connaissait depuis toujours. J’ai senti une vraie connexion avec ce garçon, mais vraiment ! On pensait la même chose sur tellement de sujets ! Je le trouvais mature, intéressant, plus je le regardais, plus je me disais qu’il était vraiment beau, quand on s’embrassait c’était prometteur, sa peau était douce mais… Mais non. Comment peut-on avoir une si grande connexion quand on se parle et être si nuls au lit ? C’est un mystère. Lui + moi = bad sex. C’est un fait. Inutile de préciser qu’après cet échec cuisant, on ne s’est jamais reparlé. Pour se dire quoi ? Parfois il faut se rendre à l’évidence : il n’y a rien à dire, juste oublier.

Voilà, ma vie sexuelle est foutue. Maintenant j’ai peur d’être nulle au lit…. avec tous les hommes (oui, je suis hétéro). Quand il est parti, j’avais envie de boire un gin tonic pour me détendre. Quelle ironie ! Que vais-je devenir ? Priez pour moi, je vous en prie. Bisous.

 

Que faire maintenant que j’ai décidé d’arrêter de boire ?

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Quand on prend enfin la décision d’arrêter l’alcool,  on se retrouve souvent dans une situation où on ne sait tout simplement pas quoi faire. Avant, l’alcool était la solution à tous nos problèmes… On s’ennuie ? Allez, un petit verre de vin ! On a passé une semaine de merde ? Il reste pas de la bière dans le frigo ? On apprend une bonne nouvelle ? Champagne ! On apprend une mauvaise nouvelle ? Whisky…

Vous l’aurez compris, quand on arrête de boire, on est face à ses émotions et on se sent un peu seul.e. Rien ne nous empêche de céder à une 1664 sans alcool, mais… Pour éviter de tomber dans une déprime qui peut s’installer, il faut agir, il faut s’organiser. Pour ça, rien de mieux que de faire des listes ! J’adore les listes ! C’est ludique et ça permet d’y voir plus clair. Dans notre cas, établissez une liste de toutes les activités que vous voulez faire sans jamais commencer… Vous avez toujours rêvé de faire de la poterie ? C’est le moment de vous inscrire, en plus, c’est la rentrée, aucune excuse ! La poterie c’est pour les nuls ? Pas de problème, apprenez donc le self défense pour éclater la gueule de l’énième fdp qui vous dira « Charmante Mademoiselle, on discute un peu tous les deux ? ». Et là, BIIIIM, mode Bruce Lee activé ! (ça sent le vécu, ah bon?).

J’avais tendance à boire tous les vendredis soir, j’ai remplacé ce rituel merdique par d’autres activités, jamais les mêmes.. Je me suis remise au fitness au chaud dans mon salon, je suis les vidéos de Fitness Blender et de Blogilates (même si sa voix m’agace), et j’ai découvert Chloe Ting qui propose des genres de Top Body Challenge (oui, comme Sonia Tlev) mais c’est GRATUIT ! Il y a des programmes spécial ventre plat ou cuisses fuselées etc Cette sensation de réussir un défi… c’est le bonheur ! En gros, la première catégorie c’est « bouger ». Pratiquer un sport, parcourir la ville pour prendre de jolies photos, ramasser les déchets, nourrir les chats errants de votre quartier. Prendre la voiture et se perdre, improviser une randonnée en forêt (je dis ça alors que jamais de la vie je vais en forêt, j’ai trop peur de la maladie de Lyme). Reprendre la danse, faire du krav maga, s’inscrire à la salle, que sais-je ? Il y a forcément une activité qui vous convient, ça reste personnel.

Chloe Ting, fitness girl made in LA
Chloe Ting, fitness girl made in LA

La deuxième catégorie c’est « apprendre ». J’adore les documentaires, la série Diagnosis sur Netflix est vraiment fascinante, on suit des patients atteints de maladies rares en quête d’un diagnostic, ça permet de relativiser ses petits problèmes (souvent inexistants par ailleurs). Vous voulez comprendre ce qu’il y a dans votre assiette ? Netflix propose des tas de docus sur l’alimentation, ou comment devenir végétarien en quelques leçons ! Mais Netflix c’est payant, or l’app d’Arte est gratuite. Cette semaine j’ai appris qu’avant d’être l’homme le plus craint d’Amérique, Charles Manson était un musicien en quête de gloire, « La vérité sur le mensonge » m’a appris que quelqu’un qui se perd dans des détails lorsqu’il raconte une histoire est probablement un fieffé menteur, puis j’ai admiré les toits de Tokyo et suivi les animaux dans la lutte pour leur survie au Namib,  le plus vieux désert du monde… Tout ça sur mon Iphone sans sortir du lit ! J’ai repris la lecture, en ce moment (mille ans après tout le monde), c’est « Le pouvoir du moment présent » de Eckhart Tolle, j’ai retrouvé « La puissance d’exister » de Michel Onfray au fond de ma bibliothèque et je songe à relire Jane Eyre (parce que quand on aime, on ne compte pas). Apprendre c’est aussi aller au musée, à la bibliothèque, c’est aller vers la culture. On se sent beaucoup plus nourri le dimanche soir après avoir vu trois docus et deux expos que d’avoir bu 75cl de Smirnoff, vous pouvez me croire sur parole…

Ah...les recettes de Gaz Oakley...
Ah…les recettes de Gaz Oakley…

La troisième catégorie c’est « faire ». J’adore cuisiner, j’ai la chance d’avoir du temps pour moi, je cuisine tous les jours. Je suis complètement fan de La cuisine de Jean-Philippe qui propose des plats super simples et délicieux, en plus il est québecois alors son accent me fait voyager direct (même si parfois je ne comprends pas tout héhé). Pour les desserts, je m’intéresse énormément à la cuisine crue, je trouve fascinant de pouvoir faire un cheesecake sans fromage et sans cuisson, si vous êtes novice, je conseille la recette de la Belge Audrey, hyper facile et succès garanti. Ma chaîne de cuisine préférée au monde c’est celle de Gaz Oakley, un anglais cute avec un accent anglais encore plus cute, je fais régulièrement ses Salted Caramel Chocolate Bars, des genres de Snickers version crue, c’est tellement bon que je bave en ce moment même sur mon clavier en y repensant…

Faire c’est aussi créer, et là je ne parle pas de bouffe mais d’art. Depuis trois ans je pratique le collage, c’est une activité qui me calme, ce que je fais n’est pas toujours réussi mais je progresse malgré tout ! J’aime bien les Insta de Sacrée Frangine et Collage Wave. Créer ça peut être se remettre au dessin, à la peinture, la fameuse poterie dont je parlais plus haut, bref, se sentir l’âme d’artiste ! Et si vraiment ça ne vous dit rien, on peut revenir au bon vieux coloriage, ça fait un bien fou, il y a des tas d’ouvrages pour les adultes désormais:)

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La rentrée… Quelle rentrée ?

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Je ne me sens pas du tout concernée par la rentrée puisque je ne suis partie nulle part cet été et que je ne rentre nulle part non plus : je ne travaille pas. Pas de rentrée donc pas de stress ! Quant aux vacances, elles arriveront à l’automne, la plus belle saison de l’année !

Je me pose pas mal de questions depuis que j’ai créé ce blog et celle qui revient le plus souvent c’est : « Si je ne suis pas alcoolique, pourquoi ne serais-je pas capable de boire modérément ? ». Cette question m’obsède. Je sais que je ne suis pas dépendante physiquement de l’alcool (quand je ne bois pas je n’ai pas de signes de manque comme les mains qui tremblent par exemple), pourtant j’ai rarement été capable de boire un ou deux verres.

Ces derniers temps, à chaque fois que j’ai eu envie de prendre l’apéro toute seule (j’adorais boire seule, je le confesse), j’ai fait autre chose (ce sera le prochain billet sur le blog, par quelles activités remplacer les moments où l’on buvait). Souvent cette envie de boire était liée à une émotion. La tristesse le plus souvent, parfois la joie (dans l’idée de quelque chose à « fêter »). Aujourd’hui, je serai incapable de boire seule. J’ai arrêté de boire il y a 86 jours mais ce rituel de boire seule en tailleur dans mon canapé me semble si loin ! J’ai changé d’état d’esprit. Je sais mieux gérer mes émotions, c’est sans doute lié à la méditation aussi. Quand je buvais, j’aurais été incapable de commencer la méditation. J’étais le genre de personne à me moquer ouvertement de tout ce qui a un rapport avec l’idée d’être zen. Normal me direz-vous, j’étais à l’opposé de cet état d’esprit, enfermée dans une routine finalement banale, métro, boulot, (apéro), dodo, (gueule de bois).

Puisque je sais gérer mes émotions, est-il envisageable de boire modérément ? Je ne suis pas encore convaincue parce que mon mental est puissant à ce sujet. Si je bois un verre, je vais avoir envie d’en boire d’autres parce que mon mental a été programmé pour ça, en quelque sorte. Pour le moment, je ne crois pas à cette notion de mindful drinking me concernant. Cela étant, je ne veux pas non plus m’empêcher de boire un verre pour une occasion spéciale si j’en ai vraiment envie. Je n’ai pas envie d’être frustrée, ça n’apporte rien, la frustration. Mes interactions sociales sont assez limitées, si je bois un verre dehors, ce sera forcément de l’ordre de l’exceptionnel pour boire quelque chose d’exceptionnel. Comme un cocktail que j’adore et que je suis incapable de reproduire, un Manhattan ou une Margarita par exemple. Je n’ai rien prévu de tel mais je ne veux pas m’enfermer dans un dogme. Je respecte et je comprends tout à fait les personnes qui disent adieu à l’alcool pour toujours. Je pense que ce n’est pas la solution pour moi, voilà tout. J’ai besoin de me prouver que je suis tout à fait capable d’avoir un rapport sain à l’alcool, tout comme je suis capable d’avoir un rapport sain à la nourriture par exemple.

Hier, je regardais une story de Dora Moutot que j’aime beaucoup, elle disait qu’elle ne supportait plus qu’on lui dise que telle ou telle chose est impossible, qu’elle n’en pouvait plus de celles et ceux qui te parlent de limites alors que eux le sont, limités, ce qui ne veut pas dire que toi tu l’es. Elle donnait l’exemple suivant : elle n’a jamais eu le bac, pourtant elle a donné des cours à la Sorbonne. Et ça m’a fait pensé à moi, j’ai été déscolarisée en première, j’ai passé mon bac L en candidat libre et je l’ai eu alors que tout le monde me disait que sans prof de philo, jamais je n’aurai mon bac (j’ai eu 14 en philo…). Pour l’alcool, c’est pareil, on peut me dire que c’est impossible de boire modérément avec mon tempérament excessif et de sales habitudes prises, au fond de moi je sais que j’ai raison et je n’écoute personne. Je me dirige vers une vie quasiment sans alcool pour ma santé mais si un jour je suis en vacances en Grèce et qu’on m’offre un verre d’ouzo en guise de bienvenue, je ne cracherais pas dessus. Parce qu’il faut aussi profiter de la vie, merde !

J’ai survécu à mon premier date sobre !

Lorsque j’ai décidé d’arrêter de boire, une seule chose m’a effrayée : la perspective de devoir rencontrer quelqu’un sans un verre pour me protéger. Je suis célibataire, donc. Le but de ma vie n’est pas de rencontrer quelqu’un mais de me trouver moi. C’est ce que je fais depuis le début de l’année, ce n’est pas juste arrêter de boire, ça va bien au-delà ! S’occuper de soi est une source de bonheur que je ne saurais décrire. Mais ce n’est pas une excuse pour vivre comme une recluse. Je savais qu’un jour je serais prête à aller boire un verre avec quelqu’un. Et c’était il y a quelques jours.

Je ne crois pas au hasard. J’ai choisi la bonne personne parce que j’ai écouté mon intuition. Cela fait maintenant plusieurs mois que j’ai appris à n’écouter personne d’autre que moi. Je savais que je passerai un bon moment avec Pierre (c’est son vrai prénom et c’est fou, il n’a pas une tête de Pierre du tout, il aurait dû s’appeler Benjamin, un truc comme ça). Pourtant, ça a plutôt mal commencé quand il a demandé un gin tonic. Oui, mon cocktail préféré. Quand il a précisé « Avec du Bombay Sapphire », je suis un peu morte l’espace de quelques secondes, je l’avoue (et en même temps j’ai pensé « Cet homme a du goût »…). Je l’avais prévenu que je ne buvais plus, il savait. Mais le gin tonic… Il préfère le whisky en plus ! Mais j’ai compris : c’était un test de mon pote l’Univers et j’ai réussi le test haut-la-main. Check.

Pierre m’a fait penser à moi avant. Il enchaînait les gin tonic tout en me parlant et en m’écoutant. C’est si rare les personnes qui prennent le temps de véritablement t’écouter ! La plupart du temps, les gens ne communiquent pas, ils attendent leur tour de parler. J’expliquais les raisons qui m’ont pousser à arrêter l’alcool tout en buvant des virgin mojitos. C’est souvent trop sucré à mon goût mais il faut avouer que c’est difficile de trouver d’autres options dans les bars (en province)(Je déteste l’eau gazeuse, je préfère me pendre que de boire un Perrier citron). Pierre n’était pas ivre du tout. Lui il fait 1,86m et je ne sais pas combien il pèse mais il est sportif donc forcément il était tout à fait net après trois gin tonic. Même si ses yeux commençaient à le trahir…

On a parlé de tout mais beaucoup de notre rapport à l’alcool. J’ai vraiment été touchée quand il m’a dit qu’il lui était impossible de ne pas boire à un date. Ironie, Pierre est barman. Il connaît bien les ravages de l’alcool, tous les soirs il voit des humains désœuvrés réclamer leur drogue. Il ne se considère par comme alcoolique non plus, comme moi il se définit comme quelqu’un qui a une méchante tendance à binge drink tous les week-ends. Il aime l’ivresse…

Je n’ai pas été tentée de boire dans son verre malgré ses tentatives de me faire craquer (il l’a fait de manière bienveillante et avec humour, sinon j’aurais fui on peut s’en douter). Lorsqu’il m’a embrassée, je n’ai rien vu venir, j’avais même oublié que j’étais à un date ! On s’est parlé comme si on se connaissait depuis longtemps, c’était si facile ; ça m’a permis de dédramatiser ce moment tant redouté. Je l’ai remercié d’avoir choisi de boire du gin tonic plutôt qu’un whisky on the rocks… Un baiser aromatisé au Bombay Sapphire c’est meilleur qu’au Jack Daniels héhé

Non, il n’a pas parlé de son ex pendant ce date. Je suis très fan de Samantha Rothenberg alias Violet Clair qui évoque avec tant d’humour sa vie de célibataire New Yorkaise… C’était un prétexte ! Ah si, il a parlé de son ex mais pour dire à quel point il avait du respect pour elle et leur relation même si c’est fini. Un mec bien, décidément ! Mais je ne suis pas certaine d’avoir envie de laisser entrer un homme dans ma vie (ni dans mon lit). Je me sens si bien seule ! La suite au prochain épisode…

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