Un an après…

Je suis si sereine plus d’un an après avoir pris cette belle décision. Arrêter de boire de l’alcool dans une société qui fait tout pour qu’on consomme jour après jour sans jamais se poser de questions. L’alcool, ce fléau pour la santé mentale des femmes, aujourd’hui on le sait, pourtant on n’en parle pas trop… C’est l’image populaire de la mère de famille épuisée qui, après avoir couché les gosses, se sert un petit verre de vin. J’ai une copine qui faisait ça tous les soirs sans se considérer comme alcoolique pour autant, jusqu’au jour où il n’y a plus eu de vin et elle a commencé à paniquer, tout était fermé, comment allait-elle faire ?

Je crois qu’il y a définitivement plusieurs alcoolismes, pas une seule définition, et que tous sont néfastes pour les femmes qui sont déjà les proies des hommes dans l’espace public. L’autre jour je me faisais la réflexion que si je n’avais pas commencé l’alcool, j’aurais subi moins de sifflements, moins d’attouchements dans les bars, que j’aurais subi moins d’emmerdes ! Ivres on ne se rend compte de rien, on laisse faire… Et puis on pense que c’est de notre faute, c’est ce que tout le monde pense de la fille ivre qui a subi un viol, elle n’avait pas à boire ! Comme si boire signifiait qu’on consent à un rapport, c’est absurde mais les clichés sont tenaces… L’alcool nous rend vulnérables alors que nous sommes déjà vulnérables.

Depuis que je ne bois plus, moi qui suis introvertie et hypersensible (la double peine, diront certains), j’ose m’affirmer. Maintenant je dis que je ne bois pas d’alcool, lors d’un date je prends une bière sans alcool, je ne bois plus de panaché, je ne veux plus « faire plaisir », pardonnez ma vulgarité mais j’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres, je suis ma ligne de conduite, je ne m’excuse pas d’avoir arrêté de boire, je ne m’excuse plus de rien. J’ai remarqué qu’avec mon attitude super badass, personne ne me demande pourquoi je ne bois plus. Et si on me le demandait, je dirais tout simplement qu’avant je buvais puis j’ai arrêté parce que je suis trop vieille pour les gueules de bois, ce qui n’est pas faux. Je compte être une belle petite vieille en bonne santé !

L’autre jour, j’étais à Etretat, il faisait beau, j’étais en charmante compagnie, j’ai bu une excellente bière sans alcool, la Jupiler 0,0% qui a été élue meilleure bière sans alcool en 2018 (je ne retrouve plus le lien !). J’étais heureuse, bêtement heureuse, un large sourire sur le visage, je savourais chaque gorgée de ce doux breuvage. Avant, je faisais tout vite, maintenant je prends mon temps. C’est ça que l’arrêt de l’alcool a provoqué en moi. J’ai bu lentement, j’ai regardé les mouettes voler, j’ai regardé le ciel bleu et les rayons du soleil qui le traversaient et en silence j’ai pensé que j’étais fière de moi, fière d’être capable d’apprécier la lenteur de ces moments, moi qui dans une ancienne vie était une « femme pressée » (référence à Noir Désir, oui). Quand j’ai des moments down, je me rappelle que j’ai mille raisons d’être fière de moi, la première c’est ma sobriété. Sur Instagram, j’ai lu « I was lost, I found alcohol. I lost alcohol, I found myself ». Je crois que cette phrase résume bien mon parcours. Et sans doute celui de beaucoup de femmes. J’en profite pour remercier celles qui m’écrivent, qui me font part de leur témoignage, qui se livrent à moi comme je le fais ici sur mon blog. Vos messages me prouvent que j’ai bien fait, il y a un peu plus d’un an, d’entamer la conversation sur le sujet. Merci à toutes !

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