« Alcool, l’intoxication globale »

Pendant le confinement, j’ai beaucoup pensé aux alcooliques et plus généralement aux personnes dépendantes. Sur Instagram, j’ai constaté que plusieurs des personnes que je suivais avaient cédé à une bière puis deux puis trois, des mois de sobriété effacées, le compteur remis à zéro, à cause d’un foutu virus mondial. De mon côté, j’ai bu deux bières début avril, je suis allée les acheter et je les ai bu des jours plus tard, pas les deux en même temps. Avant, si j’achetais de l’alcool, c’était pour le boire juste après et jusqu’à ce qu’il n’y en ai plus. Je suis fière d’avoir changé mon état d’esprit mais surtout d’avoir un rapport sain à l’alcool. Je ne suis plus du tout intéressée par me bourrer la gueule, je ne comprends même pas ce qui m’attirait là-dedans. J’ai parlé avec une copine (^^) qui elle aussi s’est autorisée une bière pendant le confinement et nous en sommes arrivées à la même conclusion : en fait, boire, même une bière, ça n’a pas grand intérêt. De temps en temps je tente une bière presque comme si j’espérais aimer ça comme avant mais tout me prouve que je peux rester sobre tout le temps. Je m’intéresse à nouveau aux bières sans alcool, d’autant qu’il y en a pas mal de nouvelles, un bon moyen de refaire vivre ce blog par ailleurs !

Hier soir, j’ai regardé une grande enquête intitulée « Alcool : l’intoxication globale »sur Arte (en replay jusqu’au 9 août 2020). Je me suis souvenue que je buvais le vendredi soir comme une récompense au stress de la semaine, c’est vrai que très peu de gens boivent par plaisir. C’est souvent pour se calmer, et c’est effectivement ce que je faisais, je déposais mon manteau dans l’entrée, je me dirigeais vers la cuisine pour prendre de l’alcool (plutôt du gin ou de la vodka dans mon cas), j’enlevais mes chaussures et je m’allongeais dans le canapé, enfin chez moi, loin des problèmes de travail. A chaque fois que mon téléphone professionnel recevait une notification, je buvais un verre de plus, pour oublier (je recevais des mails jusqu’à 4h du matin parce que je travaillais pour une entreprise américaine). L’alcool est une drogue, une drogue légale. Le reportage montre comment les gouvernements et le marketing nous poussent à penser que « boire, c’est cool » pour nous faire consommer toujours plus d’alcool. On y voit des personnes dire face caméra que « Les gens créatifs ne boivent pas de l’eau », que «Le vin, c’est la joie de vivre, c’est aimer faire l’amour », on apprend qu’en Afrique, la bière brune est censée augmenter les performances sexuelles, d’où le succès de la Guinness là-bas.

Le pire dans ce reportage, c’est de loin la politique commerciale de Heineken en Afrique Ils embauchent des « ambassadrices » pour inciter les hommes à boire dans les bars, mais pas seulement. Si le client veut coucher avec elles, pas de problème. Jusqu’où iront les marques pour vendre leur alcool ?  Ces jeunes femmes sont incitées à se prostituer et même formées (!!), souvent victimes de violences sexuelles, et personne ne semble s’en émouvoir puisque c’est en Afrique. Pour en apprendre davantage, lire l’article « Quand Heineken ne tient pas ses promesses de vertu en Afrique ». Plus jamais je ne donnerai un centime à Heineken, et je n’hésiterai pas à relayer ces informations à l’oral auprès de tout ceux que je connais. Ce sera peut-être une goutte d’eau mais ce sera toujours mieux que rien !

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J’ai appris que la consommation excessive d’alcool pouvait causer des œdèmes osseux, c’est fou, même les os ! Il y a le témoignage d’une alcoolique en rémission qui explique la perversité de l’alcool « festif » et un ancien gérant de bar qui pense à tous ceux qu’il a incité à boire parce que c’était son travail. Un journaliste à la retraite explique à juste titre que la dépression et la consommation d’alcool sont liés, arrêter de boire ne rend pas forcément la vie plus belle, il faut traiter la dépression ensuite, c’est un long chemin… Aujourd’hui les experts sont incapables d’expliquer pourquoi certaines personnes peuvent boire deux verres et s’arrêter et d’autres boire jusqu’à frôler le coma éthylique. Contrairement aux idées reçues, cela n’aurait rien à voir avec la personnalité de chacun mais à nos neurones…

Chaque année 3 millions de personnes dans le monde meurent des suites de la consommation d’alcool, c’est une personne toutes les dix secondes. Cela représente plus que le nombre de morts causés par la criminalité, les accidents de la route et la consommation de drogue illégale réunis. La prochaine fois qu’on me dit « Allez… juste un gin tonic, ça vaaaa », j’attendrais un peu pour répondre et je dirai « Pendant mon silence une personne est morte à cause d’un seul verre donc non merci ».