Avant, je buvais dans l’avion…

Alors que j’étais en train de comparer le prix des billets d’avion pour un voyage cet automne, je me suis souvenue d’un énième moment peu glorieux lié à l’alcool. Ces souvenirs que tu pensais à jamais enfouis, dont tu n’avais évidemment parlé à personne, BAM ! ils te reviennent sans crier gare et tu facepalm toute seule dans ton lit…

Je n’ai jamais été particulièrement anxieuse en avion, je dirais même que c’est le moyen de transport que je préfère, je suis une grande amoureuse des aéroports, dans l’avion je m’émerveille quand on est au-dessus des nuages ; quand il y a des turbulences je n’ai pas peur, je suis fataliste… comme le disait si bien feue ma grand-mère « Va où tu veux, meurs où tu dois » ❤

J’ai tendance à aimer boire dans l’avion, déjà parce que je trouve les mignonnettes mignonnes, comment ne pas avoir envie de céder devant de si petites bouteilles ? C’est presque comme si j’avais six ans et que je jouais à la dînette ! Quand j’étais petite, je demandais à ma mère de prendre les mignonnettes dans l’avion (elle ne boit pas d’alcool fort) et je les gardais ensuite parce que j’aimais l’idée d’en faire collection. Aucune idée de ce qu’elles sont devenues, j’ai dû les boire à dix-sept ans avec mes potes chevelus de l’époque.

Habituellement, je bois un ou deux verres de vodka pomme ou gin tonic, la personne qui se trouve à côté de moi fait la même chose, on trinque, on discute, le temps passe vite, je suis contente et basta. La dernière fois que j’ai bu dans l’avion, je suis tombée sur une personne très angoissée par les douze heures de vol alors bien sûr je lui ai conseillé de picoler. Ce qu’elle a fait en prenant un Xanax, résultat au bout de quelques minutes, elle est tombée dans les bras de Morphée et je me suis retrouvée seule alors que j’avais envie de communiquer (pourtant à l’état naturel, je cherche à éviter les êtres humains).

Je ne sais pas combien de mignonnettes j’ai bu mais je me suis retrouvée au niveau de l’endroit où le personnel navigant range les chariots à discuter avec deux personnes sobres qui fronçaient les sourcils de minute en minute… Je parlais si fort que l’hôtesse m’a gentiment demandé de baisser le volume. Lorsque je me suis résolue à me diriger vers mon siège pour regarder un film que j’avais raté au cinéma (je les rate tous, je ne vais jamais au cinéma, ça m’ennuie de payer pour dormir), j’ai demandé une autre mignonnette d’Absolut à l’hôtesse qui m’a annoncé qu’il n’y en avait plus. J’ai tout de suite pensé que c’était un mensonge et en même temps je l’ai remerciée intérieurement. Si j’avais bu ce verre de trop, j’aurais sans doute vomi quelque part au-dessus de l’Atlantique.

Peu de temps avant que l’avion n’atterrisse, l’hôtesse m’a réveillée. Je remarque rétrospectivement que ce sont toujours les personnes qui ont trop picolé qui se font réveiller… Ma voisine était dans le même état que moi, nous formions un joli petit duo. J’avais la gueule de bois, elle avait la gueule dans le cul. Avant de quitter l’avion, c’est avec un sourire sincère que j’ai dit « Merci, bonne journée à vous » à l’hôtesse qui m’a regardée avec un air de pitié. J’ai souri encore plus largement. Toujours garder une attitude positive, en toutes circonstances.

mignonetteavion

Quand la bouteille de gin te fait de l’œil…

Paris. La bouteille de gin dans le placard et les Grim dans le frigo, c’est ce que j’ai laissé la dernière fois. Le gin est de loin mon alcool préféré, pas n’importe quel gin, ma préférence va au Bombay Sapphire. J’aimais aussi boire du Tanqueray (pour faire comme Amy Winehouse, oui : je sais). J’ouvre la bouteille de Bombay et je suis surprise : ça sent divinement bon, une odeur raffinée, faite de plantes et d’épices, on en mangerait ! Moi qui espérais que ça pue, dommage. Je la referme aussitôt, le Bombay et moi c’est de l’histoire ancienne. C’est vrai que cette bouteille bleue turquoise (et non saphir) est très élégante, pour autant je n’oublie pas notre dernière rencontre qui s’est soldée par du vomi dans le lavabo parce que je n’avais pas réussi à atteindre les toilettes. Puis, vaseuse, j’avais peiné à nettoyer le dit lavabo avec de la javel sous le regard accusateur des chats. La Grim, je la laisse végéter dans le frigo, c’est très bien comme ça, de toute façon je n’ai jamais vraiment aimé la bière. Avant j’aurais bu seule, tranquille, un petit verre pour me féliciter d’avoir survécu à la foule de la gare, puis deux, sans doute trois avant de m’endormir encore habillée dans le canapé… Maintenant ? Je suis allée m’acheter un pot de glace au chocolat et j’ai tout mangé, calmement mais sûrement:)

J’annonce à tout le monde que je ne bois plus, à chaque fois la même stupéfaction, « Mais-enfin-Pandora-t’as-jamais-été-alcoolique ! ». Non, je sais bien, j’ai quand même le droit d’arrêter parce que les gueules de bois j’aime pas ou …. ? Quand tu parles de gueule de bois, tout le monde comprend soudainement. Peu importe ton rapport à l’alcool, la gueule de bois, on sait ce que ça veut dire, on sait à quel point c’est douloureux ; et répétitif, parce qu’on dit « Plus jamais ! » et le week-end suivant on se retrouve dans le même état comateux.

Toujours cette incompréhension, comment j’ai pu quitter Paris, moi la « pure parisienne » ? Heureusement M. me comprend, elle est Normande, elle vit et travaille à Paris parce qu’il y a tout à Paris, pas le choix, elle me dit « Maintenant que je suis célibataire, je me demande pourquoi je reste encore là… ». Comme moi, elle aime la mer, les rues désertes et les gens qui se foutent éperdument de tes fringues et de ton CV. Je remarque que seuls ceux qui ne sont pas nés à Paris comprennent pourquoi je suis partie, les « purs parisiens » comme moi, rien à faire, ils me prennent pour une hérétique.

J’adore être une hérétique. Je ne compte pas arrêter. J’ai hâte de voir la gueule de mon entourage quand je vais sortir le Champomy pour mon anniversaire. Adieu, veuve Clicquot ! Tu coûtais trop cher et ton étiquette orange était moche en plus. Je n’ai même plus de flûtes parce que, l’une de mes passions dans la vie c’est de casser les verres, je passe ma vie à en racheter. La dernière fois, ivre, j’avais renversé les flûtes KONUNGSLIG sur la table, elles avaient poursuivi leur chute inexorable et j’avais bien difficilement balayé les bris de verre sur le sol. Le lendemain j’avais marché sur du verre oublié, il y avait du sang partout, c’était charmant. Et on ose encore me demander pourquoi j’ai arrêté l’alcool…