Être sober curious, ça veut dire quoi ?

Le sober movement ou mouvement de la sobriété n’en est qu’à ses balbutiements en France. De quoi s’agit-il ? Se déclarer sober curious, ça veut dire quoi ?

L’alcool fait partie de la culture française, nous sommes tout de même le pays du vin, ne pas boire questionne. Faites l’essai, prenez une San Pellegrino à l’apéro et vous verrez des regards inquiets. Tu es enceinte ? Pourquoi tu ne bois pas ? Tu es alcoolique ? On entend un peu de tout…

L’alcool est convivial, fédérateur, refuser de boire de l’alcool est beaucoup plus compliqué qu’on ne peut l’imaginer. Refuser de boire est un acte rebelle ! Encore plus lorsqu’on n’est pas alcoolique (c’est-à-dire : malade). L’entourage ne comprend pas pourquoi on s’impose l’abstinence. Pour l’alcoolique, c’est souvent une question de vie ou de mort. Alors pourquoi s’imposer ça ?

On ne s’impose pas une vie sans alcool. Ce n’est pas vécu comme une contrainte mais comme un choix qui survient souvent après une profonde réflexion sur son rapport à l ‘alcool. Pourquoi je bois ? Est-ce-que je bois trop ? Suis-je capable de ne boire que deux verres ? Pourquoi c’est de plus en plus difficile de se remettre d’une gueule de bois ? Ne plus boire d’alcool est vécu comme un privilège, pas comme une punition. Ne plus boire d’alcool ça veut dire une meilleure santé physique et mentale, plus de gueules de bois, une vie plus sobre aussi dans le sens où la vie devient plus simple. On n’a plus à gérer les conséquences de nos excès. Adieu les textos envoyés ivre à un ex à quatre heure du mat’, adieu les rapports non protégés, adieu le sexe avec un inconnu à côté duquel on se réveillera le lendemain plein de honte, adieu les clefs perdues, les bagarres dans les bars, adieu le vomi dans les cheveux, tituber comme une âme en peine en pleine nuit, les tickets de carte bleue retrouvés les lendemains de fête où on découvre qu’on a dépensé des centaines d’euros… Pour résumer, dire sayonara à l’alcool c’est éviter les comportements à risque.

Le sober movement c’est un regroupement de personnes qui revendiquent un mode de vie sans alcool. Non seulement ils le revendiquent mais ils en font une fierté ! On peut même afficher son mode de vie en t-shirt 🙂 Jusqu’à maintenant les seules personnes sobres représentées étaient soit d’anciens alcooliques soit des personnes qui s’abstiennent de boire pour des raisons religieuses. Comme l’union fait la force, ce mouvement propose de se réunir pour montrer au monde qu’un mode de vie qui refuse l’alcool est plus sain. Comme le dit si justement Ruby Harrington qui a écrit le livre « Sober curious », pourquoi méditer, aller au yoga, boire des smoothies aux épinards et au fenouil si c’est pour boire un verre de vin en fin de journée comme si c’était la récompense à nos efforts pour avoir un mode de vie healthy ? Je précise que ce mouvement n’est pas du tout prosélyte, boire ou ne pas boire est un choix personnel, il se propose juste de se regrouper et d’aider ceux qui souhaitent arrêter de boire.

Une personne sober curious est une personne attirée par la sobriété pour les bienfaits qu’elle peut lui procurer, certains boiront quand même un verre de temps en temps quand d’autres choisiront de ne plus boire du tout. Ces derniers sont appelés des teetotalers, ils choisissent de se passer totalement d’alcool, soit parce qu’ils ne sont pas capables de boire raisonnablement (c’est mon cas, j’y reviendrai sur le blog), soit parce que l’abstinence totale est leur mode de vie. L’idée de ce mouvement c’est aussi de parler de tous ceux qui ont un problème avec l’alcool sans pour autant être considérés comme alcooliques. A partir du moment où on se questionne sur son rapport à l’alcool, cela signifie qu’il y a effectivement un problème. Autant arrêter de boire avant d’être dépendant, avant qu’un médecin nous impose l’abstinence, avant que ce soit une question de vie ou de mort…

IMG-5038

Les résultats tant attendus

Le médecin m’a demandé mon numéro, c’était 544 (un numéro que je trouvais moche par ailleurs) et c’est le moment qu’a choisi le système informatique pour planter. Ah… l’hôpital public ! J’avais déjà attendu trente minutes dans une salle aux murs blancs sans aucune distraction (mon téléphone n’avait plus de batterie), il fallait maintenant que leur ordinateur merdique plante pile au moment où je tremblais en attendant mes résultats…

La dernière fois que j’ai eu un rapport non protégé, c’était il y a plus de six semaines comme le veut le protocole. Inutile de préciser que j’étais chargée à la vodka redbull (un mélange terrifiant pour n’importe quel estomac), et que c’est précisément sous les effluves de ce cocktail détonnant que j’ai dit à mon amant qui ne bandait plus à cause du préservatif : « C’est bon, enlève-le, on s’en fout ».

Certes, je connais cet amant. Enfin, disons plutôt que ce n’est pas un inconnu, je le côtoie depuis plus d’un an. Mais je sais qu’il a d’autres partenaires (moi aussi). Je sais aussi que comme 70% des hommes, il débande à cause du préservatif (que celui qui ne débande jamais mette un petit commentaire pour expliquer aux autres hommes sa technique, par pitié, l’humanité a besoin de ton témoignage!). J’estime à 70% mais certaines diraient 80%, le pourcentage dépend des femmes, mais c’est un véritable fléau…

Si je n’avais pas bu, jamais je n’aurais accepté un rapport non protégé. Encore une fois, l’alcool m’a fait faire n’importe quoi. Aujourd’hui le sida fait moins peur, en 2016 on estime à 6000 le nombre de personnes contaminées par le VIH (source : VIH.org), les traitements permettent aux malades de vivre pendant de nombreuses années, nous sommes loin des années 80… Mais à titre personnel, je n’ai aucune envie de faire partie des 6000 qui apprendront la mauvaise nouvelle. Je n’ai pas non plus envie de me réveiller avec des symptômes de syphilis, une chlamydiose ou n’importe quelle IST (Infection Sexuellement Transmissible).

Depuis que j’ai arrêté de boire, je n’ai pas eu de rapport sexuel. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, suis-je encore capable d’affronter la terreur que suscite un date chez moi, sans alcool pour me « rassurer » ? Pour le moment, je n’ai pas été confrontée à ce problème puisque personne ne me plaît dans mon entourage, c’est le désert (ça m’arrange!).

Après de longues minutes et un silence assourdissant, le médecin m’annonce que je peux être rassurée, je n’ai pas le VIH, pas l’hépatite C, pas de syphilis non plus. Pas de chlamydia, pas de gonorrhée, je peux respirer. Je n’avais pas trop peur, à vrai dire. Mais c’est tout de même rassurant de savoir qu’on est clean. Le médecin n’a pas aimé que je demande une copie des résultats, eh oui ça fait quand même deux feuilles blanches, ah… l’hôpital public !

Si toi aussi tu as pris des risques parce que tu as trop bu, tu peux appeler Sida Info Service au 0800 840 800 (appel gratuit), on te dirigera vers un Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) près de chez toi:)

Il est mignon, non ? 🙂

Condom_prevent_STIs