Putain de hippie

Ce matin, j’ai opté pour une smiling meditation. Le simple fait de l’écrire me fait rire parce que j’imagine mon moi d’il y a cinq ans en train de hurler « Haha mais n’importe quoi ! Méditer déjà c’est complètement fucked up mais méditer avec le sourire putain mais ces enfoirés de hippies ne savent plus quoi inventer ! ». Je ne suis pas devenue hippie mais je prends tout ce qui me permet de mettre de la paix et de la joie dans mon quotidien. C’est vrai que je suis un cliché, j’en ai conscience, je ne bois plus, je ne fume plus, je ne crois plus à la monogamie, je médite, je fais du fitness/yoga/pilates. Hippie des temps modernes. Il ne manquerait plus que je me mette au tantrisme et on est bon haha (mais ça n’arrivera pas). Je vous rassure, il y a encore des jours où je suis en colère et même des jours où j’ai envie de foutre des pains dans la gueule. Être en paix avec soi, ça ne veut pas dire ne plus rien ressentir de négatif, ça veut surtout dire « mieux gérer le négatif ». L’accepter puis le foutre à la porte. Ciao !

Ce mois-ci, quatre personnes du passé ont tenté un coming back dans ma vie. Vous avez remarqué que c’est toujours à la même saison (l’automne) que les fuckboys d’antan se rappellent à ton bon souvenir ? J’ai ignoré les trois specimen masculins en pensant « Nice try » mais j’ai répondu à la quatrième personne, une amie du lycée. Nous nous sommes parlées pendant cinq heures. Comme quand on est ado et qu’on passe sa vie au téléphone. Je ne sais pas comment j’ai fait pour vivre sans elle toutes ces années. Nos vies n’ont pas du tout pris le même chemin, elle vit à la campagne dans le Sud (ma définition de l’enfer), elle a deux enfants (idem), elle vit dans une grande maison qu’elle a retapée et qui n’est pas terminée (donnez-moi une corde). Pourtant, on se comprend. On se respecte. On s’écoute. On cherche la même chose, la bienveillance envers soi et les autres, se cultiver inlassablement, apprendre, sortir de notre zone de confort. Elle s’est mise à la boxe et j’ai trouvé ça badass !

Elle m’a envoyé des photos de nous quand on avait 19 ou 20 ans et sur quasiment toutes les photos on est hilares. Tout était prétexte à la rigolade ces années-là. On faisait un crumble aux pommes, on se trompait dans les mesures, c’était immangeable, fou rire. On n’avait plus rien à fumer alors on récupérait le tabac des cigarettes écrasées dans le cendrier pour en faire une roulée et c’était dégueulasse, fou rire. On utilisait l’argent que nos parents nous donnaient pour le déjeuner pour acheter un paquet de clopes si bien qu’on se retrouvait à manger une demi baguette et c’est tout, fou rire. Même les peines de cœur étaient prétextes à des fous rires, tout était léger, on expérimentait, on essayait d’être adultes (le sommes-nous aujourd’hui ? Pas sûr…). En grandissant on a arrêté de rire, on a perdu cette insouciance. 28% des personnes âgées de 18 à 24 ans déclarent rire plus de 10 fois par jour. Les plus de 65 ans c’est moins d’une fois par jour ! Plus on vieillit, moins on rit, c’est l’affreuse réalité. Alors on a décidé que j’allais descendre dans le Sud, on va faire une soirée pyjama en écoutant Deftones et en mangeant des poires au chocolat. Comme avant. En attendant, je n’ai pas honte de vous annoncer que je pratique la méditation du sourire intérieur. (Fuck, je suis une putain de hippie).

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