The Virtues : la brillante série anglaise dont le héros est malade alcoolique

« Joseph, alcoolique et dépressif, décide de renouer avec sa sœur qu’il n’a pas revue depuis trente ans. S’inspirant de sa propre histoire, Shane Meadows (« This is England ») explore avec gravité les thèmes de la vengeance et du pardon. Une formidable odyssée intime doublement primée à Série Mania – Grand Prix et Prix d’interprétation masculine (Stephen Graham) »

Il est des séries qu’on aime tellement qu’il nous est presque impossible d’en parler, c’est ce qui s’est passé avec The Virtues dont j’ai évoqué la découverte à mon frère, je lui ai juste dit « Je t’en prie, regarde-là et reviens vers moi après pour qu’on en parle ». Mon frère ne suit absolument jamais mes conseils, pourtant un jour il m’a appelé et il m’a dit « J’ai adoré cette série, les anglais sont vraiment forts pour nous faire rire et nous mettre la larme à l’œil en même temps, et la musique… ! ».

Je pourrais m’arrêter là mais je vais essayer de vous convaincre aussi parce que c’est tout de même le but de ce petit billet. Ce que j’ai aimé dans cette série au-delà de l’écriture, des acteurs qui sont tous exceptionnels et qui nous ressemblent (contrairement aux séries américaines où ils sont tous beaux comme des mannequins), de la bande-son dont parlait mon frère (PJ Harvey, Lisa Hannigan, Laura Gibson..), c’est son personnage principal, Joseph qui est malade, perdu, et à qui on a envie d’ouvrir nos bras. Il y a très peu de représentations de malades alcooliques réalistes dans les productions cinématographiques, c’est souvent un jeune qui fait trop la teuf ou un vieux type violent qui hurle… Joseph est, comme beaucoup de malades, hanté par un trauma dont il n’a pas encore conscience, il sait que quelque chose ne « tourne pas rond », il a mal à sa vie sans savoir ce qu’il faut faire pour se remettre sur le droit chemin, et c’est sa quête de vérité dont nous sommes les spectateurs. On ne boit jamais sans raison, derrière la terrible maladie qu’est l’alcoolisme, il y a l’anxiété, la dépression, les secrets de famille, l’isolement, le désespoir…

Durant les quatre épisodes de cette mini-série, nous suivons Joseph vers ce qui va le libérer, c’est à la fois beau, brut, intime, intense, émouvant, et la fin est exceptionnelle, ce qui ne gâche rien. Je ne veux pas trop en dire parce qu’il vaut mieux découvrir la série que d’en lire un résumé qui en dévoilerait trop. Il découle plein de pistes de réflexion sur des sujets tels que la famille, l’enfance, les addictions, la quête de l’identité, la vengeance et le pardon. Si vous pensez que ce sont des sujets trop lourds, sachez que je suis très sensible et je suis obligée de me préserver (genre je ne pourrais jamais regarder Irréversible de Gaspard Noé à cause de la scène de viol dans un parking), ici c’est filmé sans voyeurisme et surtout je tiens à le dire : ça se termine bien, il y a un propos. On n’est pas sur une série qui va vous donner envie d’ouvrir la bouteille de vodka, au contraire ! On est sur une série qui vous redonnera foi en l’humanité. Et qui vous rappellera si vous l’aviez oublié que l’amour est un peu la réponse à toutes les questions. Et que l’Irlande, c’est vachement beau.

C’est en ligne du 14 mai au 11 août 2021 sur Arte, cliquez sur le lien:)

P.S : je ne vous mets pas le lien du trailer parce qu’il montre trop de l’intrigue !

From dawn to dusk

Ce matin, je me suis levée à 7h, surexcitée, impossible de me rendormir. Alors, je me suis levée et je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de me faire un vrai chocolat chaud avec du pain et du beurre (végétal of course). Petit-déjeuner très français. Mais je n’avais pas de chocolat ni de lait de noisette (le meilleur pour faire un chocolat chaud intense). Le supermarché à côté de chez moi ouvre à 8h30, je me suis surprise à attendre l’ouverture comme un enfant le matin de Noël et… je n’étais pas seule. Autour de moi, uniquement des hommes. Ils n’avaient pas tous le même âge, le premier devait avoir la cinquantaine mais rien n’est moins sûr, l’alcoolisme, ça abîme tellement que si ça se trouve il n’avait que quarante ans, peut-être moins. Ils étaient quatre à attendre comme moi, l’un regardait le sol en faisant les cent pas, l’autre essayait de communiquer avec le troisième et le quatrième tremblait littéralement. Ils étaient tous en manque et moi j’étais là, un grand sourire sur les lèvres avec mon manteau en fausse fourrure et mes petites bottines chic, la scène avait quelque chose de cocasse.

Une fois à l’intérieur, j’ai pris les produits que je cherchais et arrivée à la caisse, j’ai complimenté la caissière qui avait un rouge à lèvres rouge vermillon qui convenait parfaitement à son teint de porcelaine (il faut toujours se complimenter entre femmes, on en a besoin!), elle s’est mise à rougir alors pour casser l’ambiance je lui ai dit à voix basse, en parlant de l’un des hommes qui passait à une caisse plus loin avec deux cannettes de 8.6 « Ils viennent tous les matins ?… ». Elle m’a expliqué que les mêmes hommes venaient tous les matins, elle a ajouté « parfois il y a des femmes aussi ». Elle disait que c’étaient toujours les mêmes, les habitués, ceux qui faisaient tourner le supermarché. J’ai demandé si elle n’exagérait pas un peu, tout de même. Elle a conclu par « Si nous ne vendions pas d’alcool, nous ferions faillite ! ». Elle était très sérieuse !

De retour à la maison, alors que les carrés de chocolat noir fondaient au fond de la casserole, je me suis demandée comment on pouvait en arriver à boire dès le matin. J’ai ajouté le lait de noisette et une pincée de cannelle parce que la cannelle c’est la vie et je me suis félicité de n’avoir jamais bu à ce point, puis en versant mon chocolat chaud dans une tasse à mon prénom, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour ces gens. Puis j’ai pensé « On ne peut pas sauver tout le monde, seulement soi-même ! ». J’ai trempé ma tartine de pain grillé dans ma tasse de chocolat et j’ai dit à voix haute « Le chocolat, c’est quand même une drogue moins dangereuse ! » (facile à dire quand on n’a pas de problème d’obésité, tu me diras…).

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J’ai bu une Despé (tu as bien lu)

Je suis entrée l’été dernier dans le merveilleux monde de la sobriété très enthousiaste, et il y a de quoi ! C’est libérateur de se poser les bonnes questions, pourquoi je bois alors que je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool? Je cherche à fuir quoi ? Suis-je dépendante psychologiquement de la bouteille de gin ? Chaque dimanche sans gueule de bois est une victoire, je ne me suis jamais trouvée aussi belle que depuis que je ne bois plus, adieu les cernes, le teint brouillé, les yeux secs. Sans alcool, le dimanche c’est pancakes maison et smoothie et non pas hamburger et frites industriels, j’imagine que ça participe aussi à avoir meilleure mine 🙂 Une nouvelle vie.

Au départ, j’avais vraiment dans l’idée de ne plus jamais boire. Je suis assez radicale comme fille. La demi-mesure, très peu pour moi. Puis, j’ai commencé à être agacée par les blogueuses sobres qui expliquaient qu’il ne fallait plus jamais boire une goutte d’alcool, parce que l’alcool c’est le diable, l’une d’elles disait même que les challenges un mois sans alcool de type 1000 hours dry ou Dry january ne servaient à rien. Je trouvais ce discours vraiment intolérant, comme ces vegans (je suis moi-même vegan, rappelons-le) qui refusent de s’attabler avec des mangeurs de viande… Je comprends qu’on refuse l’alcool à tout jamais mais c’est personnel comme démarche, ce n’est pas parce que toi tu ne bois plus que tout le monde doit t’imiter. Je sais bien que certains alcooliques ne peuvent et ne doivent surtout pas reboire une goutte d’alcool, j’ai déjà parlé de mon copain virtuel anglais qui est en cure, actuellement sous médicaments et suivi par un thérapeute, dans son cas, il est évident que reboire une goutte d’alcool c’est signer pour un retour au n’importe quoi, aux excès, aux gueules de bois hebdomadaires. Mais je savais que moi, Pandora, je pouvais reboire un verre de temps en temps. Je cherchais juste l’occasion de le faire. J’étais curieuse de voir l’effet que produirait l’alcool sur mon organisme, je voulais aussi me rassurer : étais-je bien capable de boire un seul verre ? Ou … était-ce possible que je sois dans le déni ?

J’en ai parlé à mon pote K. qui m’a dit « C’est peut-être mieux si tu bois une bière, non ? ». Moi je voulais boire un cocktail stylé genre Manhattan ou Sex on the beach. Mais il avait raison ce petit con. Il s’avère que le mec que je vois en ce moment a apporté une canette de Despé chez moi, c’était le bon moment. La première gorgée ne m’a rien fait, aucune émotion, aucune sensation, j’étais presque déçue. J’aime bien le goût de la Despé mais rapidement j’ai eu mal au ventre, je ne bois jamais de bulles… Je n’ai jamais bu aussi lentement de ma vie, moi qui buvais deux gin tonic à la demi heure… J’ai mis deux heures à finir cette bière. J’ai eu du mal à la finir, je l’ai fait par automatisme. Et j’ai compris les blogueuses sobres qui me fatiguent. Je savais déjà que je n’avais plus besoin de boire. Ce que je ne savais pas, c’est que je n’avais plus envie de boire non plus. Pourquoi se forcer à boire un verre pour faire comme tout le monde alors qu’on pourrait rester à l’eau minérale ? Je vois bien pourquoi je voulais absolument me prouver que je pouvais boire avec modération mais… je n’ai plus envie d’alcool. Je n’ai pas aimé avoir la tête qui tourne avec la Despé, je n’ai pas aimé avoir mal au ventre, les premières gorgées ça allait mais au bout d’un moment ça m’a dégoûtée. L’alcool et moi, je crois que c’est vraiment fini (mais je n’ai jamais de certitudes).

Contrairement aux blogueuses sobres anglo saxonnes, je pense que c’est très utile de participer à des challenges sans alcool. Parce qu’après un mois sans alcool, tu te rends compte que tu n’as plus besoin de ça dans ta vie. La première gorgée après un mois sobre te fait tourner la tête, rapidement tu constates que ce n’est pas bon pour ton corps, tout simplement. C’est l’effet que m’a fait cette Despé : ça n’apporte rien de positif à mon corps. Il faut croire que je suis moins atteinte psychologiquement que ce que je pensais. Je sais que l’alcool m’a apporté de bons souvenirs mais c’est du passé. Je suis grande, maintenant, je peux et je sais m’amuser autrement. Enchaîner les verres comme je le faisais me paraît absurde aujourd’hui. Je ne suis plus la même personne. La vie sans gueule de bois est une vie paisible. On peut avoir une vie paisible sans se faire chier, c’est ce que je découvre. Mais je n’oublie pas que c’est mon chemin à moi, c’est personnel, et je ne force personne à me suivre. Je partage mon expérience, voilà tout. Un peu de tolérance dans ce monde de putes. Nous en avons cruellement besoin !

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