Un an après…

Je suis si sereine plus d’un an après avoir pris cette belle décision. Arrêter de boire de l’alcool dans une société qui fait tout pour qu’on consomme jour après jour sans jamais se poser de questions. L’alcool, ce fléau pour la santé mentale des femmes, aujourd’hui on le sait, pourtant on n’en parle pas trop… C’est l’image populaire de la mère de famille épuisée qui, après avoir couché les gosses, se sert un petit verre de vin. J’ai une copine qui faisait ça tous les soirs sans se considérer comme alcoolique pour autant, jusqu’au jour où il n’y a plus eu de vin et elle a commencé à paniquer, tout était fermé, comment allait-elle faire ?

Je crois qu’il y a définitivement plusieurs alcoolismes, pas une seule définition, et que tous sont néfastes pour les femmes qui sont déjà les proies des hommes dans l’espace public. L’autre jour je me faisais la réflexion que si je n’avais pas commencé l’alcool, j’aurais subi moins de sifflements, moins d’attouchements dans les bars, que j’aurais subi moins d’emmerdes ! Ivres on ne se rend compte de rien, on laisse faire… Et puis on pense que c’est de notre faute, c’est ce que tout le monde pense de la fille ivre qui a subi un viol, elle n’avait pas à boire ! Comme si boire signifiait qu’on consent à un rapport, c’est absurde mais les clichés sont tenaces… L’alcool nous rend vulnérables alors que nous sommes déjà vulnérables.

Depuis que je ne bois plus, moi qui suis introvertie et hypersensible (la double peine, diront certains), j’ose m’affirmer. Maintenant je dis que je ne bois pas d’alcool, lors d’un date je prends une bière sans alcool, je ne bois plus de panaché, je ne veux plus « faire plaisir », pardonnez ma vulgarité mais j’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres, je suis ma ligne de conduite, je ne m’excuse pas d’avoir arrêté de boire, je ne m’excuse plus de rien. J’ai remarqué qu’avec mon attitude super badass, personne ne me demande pourquoi je ne bois plus. Et si on me le demandait, je dirais tout simplement qu’avant je buvais puis j’ai arrêté parce que je suis trop vieille pour les gueules de bois, ce qui n’est pas faux. Je compte être une belle petite vieille en bonne santé !

L’autre jour, j’étais à Etretat, il faisait beau, j’étais en charmante compagnie, j’ai bu une excellente bière sans alcool, la Jupiler 0,0% qui a été élue meilleure bière sans alcool en 2018 (je ne retrouve plus le lien !). J’étais heureuse, bêtement heureuse, un large sourire sur le visage, je savourais chaque gorgée de ce doux breuvage. Avant, je faisais tout vite, maintenant je prends mon temps. C’est ça que l’arrêt de l’alcool a provoqué en moi. J’ai bu lentement, j’ai regardé les mouettes voler, j’ai regardé le ciel bleu et les rayons du soleil qui le traversaient et en silence j’ai pensé que j’étais fière de moi, fière d’être capable d’apprécier la lenteur de ces moments, moi qui dans une ancienne vie était une « femme pressée » (référence à Noir Désir, oui). Quand j’ai des moments down, je me rappelle que j’ai mille raisons d’être fière de moi, la première c’est ma sobriété. Sur Instagram, j’ai lu « I was lost, I found alcohol. I lost alcohol, I found myself ». Je crois que cette phrase résume bien mon parcours. Et sans doute celui de beaucoup de femmes. J’en profite pour remercier celles qui m’écrivent, qui me font part de leur témoignage, qui se livrent à moi comme je le fais ici sur mon blog. Vos messages me prouvent que j’ai bien fait, il y a un peu plus d’un an, d’entamer la conversation sur le sujet. Merci à toutes !

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« Alcool, l’intoxication globale »

Pendant le confinement, j’ai beaucoup pensé aux alcooliques et plus généralement aux personnes dépendantes. Sur Instagram, j’ai constaté que plusieurs des personnes que je suivais avaient cédé à une bière puis deux puis trois, des mois de sobriété effacées, le compteur remis à zéro, à cause d’un foutu virus mondial. De mon côté, j’ai bu deux bières début avril, je suis allée les acheter et je les ai bu des jours plus tard, pas les deux en même temps. Avant, si j’achetais de l’alcool, c’était pour le boire juste après et jusqu’à ce qu’il n’y en ai plus. Je suis fière d’avoir changé mon état d’esprit mais surtout d’avoir un rapport sain à l’alcool. Je ne suis plus du tout intéressée par me bourrer la gueule, je ne comprends même pas ce qui m’attirait là-dedans. J’ai parlé avec une copine (^^) qui elle aussi s’est autorisée une bière pendant le confinement et nous en sommes arrivées à la même conclusion : en fait, boire, même une bière, ça n’a pas grand intérêt. De temps en temps je tente une bière presque comme si j’espérais aimer ça comme avant mais tout me prouve que je peux rester sobre tout le temps. Je m’intéresse à nouveau aux bières sans alcool, d’autant qu’il y en a pas mal de nouvelles, un bon moyen de refaire vivre ce blog par ailleurs !

Hier soir, j’ai regardé une grande enquête intitulée « Alcool : l’intoxication globale »sur Arte (en replay jusqu’au 9 août 2020). Je me suis souvenue que je buvais le vendredi soir comme une récompense au stress de la semaine, c’est vrai que très peu de gens boivent par plaisir. C’est souvent pour se calmer, et c’est effectivement ce que je faisais, je déposais mon manteau dans l’entrée, je me dirigeais vers la cuisine pour prendre de l’alcool (plutôt du gin ou de la vodka dans mon cas), j’enlevais mes chaussures et je m’allongeais dans le canapé, enfin chez moi, loin des problèmes de travail. A chaque fois que mon téléphone professionnel recevait une notification, je buvais un verre de plus, pour oublier (je recevais des mails jusqu’à 4h du matin parce que je travaillais pour une entreprise américaine). L’alcool est une drogue, une drogue légale. Le reportage montre comment les gouvernements et le marketing nous poussent à penser que « boire, c’est cool » pour nous faire consommer toujours plus d’alcool. On y voit des personnes dire face caméra que « Les gens créatifs ne boivent pas de l’eau », que «Le vin, c’est la joie de vivre, c’est aimer faire l’amour », on apprend qu’en Afrique, la bière brune est censée augmenter les performances sexuelles, d’où le succès de la Guinness là-bas.

Le pire dans ce reportage, c’est de loin la politique commerciale de Heineken en Afrique Ils embauchent des « ambassadrices » pour inciter les hommes à boire dans les bars, mais pas seulement. Si le client veut coucher avec elles, pas de problème. Jusqu’où iront les marques pour vendre leur alcool ?  Ces jeunes femmes sont incitées à se prostituer et même formées (!!), souvent victimes de violences sexuelles, et personne ne semble s’en émouvoir puisque c’est en Afrique. Pour en apprendre davantage, lire l’article « Quand Heineken ne tient pas ses promesses de vertu en Afrique ». Plus jamais je ne donnerai un centime à Heineken, et je n’hésiterai pas à relayer ces informations à l’oral auprès de tout ceux que je connais. Ce sera peut-être une goutte d’eau mais ce sera toujours mieux que rien !

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J’ai appris que la consommation excessive d’alcool pouvait causer des œdèmes osseux, c’est fou, même les os ! Il y a le témoignage d’une alcoolique en rémission qui explique la perversité de l’alcool « festif » et un ancien gérant de bar qui pense à tous ceux qu’il a incité à boire parce que c’était son travail. Un journaliste à la retraite explique à juste titre que la dépression et la consommation d’alcool sont liés, arrêter de boire ne rend pas forcément la vie plus belle, il faut traiter la dépression ensuite, c’est un long chemin… Aujourd’hui les experts sont incapables d’expliquer pourquoi certaines personnes peuvent boire deux verres et s’arrêter et d’autres boire jusqu’à frôler le coma éthylique. Contrairement aux idées reçues, cela n’aurait rien à voir avec la personnalité de chacun mais à nos neurones…

Chaque année 3 millions de personnes dans le monde meurent des suites de la consommation d’alcool, c’est une personne toutes les dix secondes. Cela représente plus que le nombre de morts causés par la criminalité, les accidents de la route et la consommation de drogue illégale réunis. La prochaine fois qu’on me dit « Allez… juste un gin tonic, ça vaaaa », j’attendrais un peu pour répondre et je dirai « Pendant mon silence une personne est morte à cause d’un seul verre donc non merci ».

 

Sobriété et célibat

Aujourd’hui je suis passée devant la couverture de Paris Match et j’ai halluciné. « L’énigme Brad Pitt. L’homme fort de Hollywood a vaincu l’alcool mais reste célibataire ». Je vous laisse apprécier le paysage. Et je précise que lorsque j’ai enregistré cette image dans mon ordinateur, elle s’appelait « brad-pitt-sexy-mais-seul ».

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Cette couv’ est agaçante. Déjà, ça sous-entend que c’est incroyable d’être célibataire quand on est considéré comme beau. Il est apparemment impensable de choisir le célibat quand on est sexy comme Brad Pitt. Comme si la beauté et le succès permettaient forcément de trouver l’amour. Mais le pire ce n’est pas ça. Le pire, c’est que personne n’a pensé à Paris Match que peut-être que justement quand on devient sobre, on n’a pas envie de s’acoquiner avec n’importe qui. Peut-être qu’on a envie de rencontrer une personne qui partage notre sobriété ou qui consomme modérément de l’alcool. Or, à Hollywood, il n’y a que ça, des gens qui boivent et qui font la fête, Brad Pitt a sans doute raison d’être seul, de se concentrer sur sa santé plutôt que de se mettre en couple avec n’importe qui juste pour ne pas être seul…

Quand on choisit la sobriété totale ou la modération, tout change dans les rapports de séduction. Lors d’un premier rencard, on boit souvent un verre de vin ou autre, pour se détendre, pour partager un moment convivial, pour se rapprocher, aussi. Quand on ne boit pas, c’est assez désagréable de sentir l’autre être grisé par le vin alors que toi tu es sobre, avec les idées claires (et le trac, parfois!). Sans alcool, on est soi-même et on voit les autres tels qu’ils sont. C’est un bon baromètre je trouve, quand un homme me dit « Tu ne bois pas ? T’es vegan et tu ne bois pas, d’accord, je vois le genre… » (le genre qui tient à sa santé et à la santé de la planète, connard!), je sais que je n’ai plus qu’à fuir au premier prétexte. Je vois tout de suite les hommes qui sont intéressés par la sobriété, ceux qui questionnent leur rapport à l’alcool, ceux qui sont admiratifs, parce que oui, c’est admirable d’être sobre dans une société qui nous encourage à consommer chaque jour davantage (pas que de l’alcool, par ailleurs).

Je suis célibataire et j’aimerais rencontrer quelqu’un qui consomme modérément de l’alcool comme moi. Ou quelqu’un de sobre à 100%. Je n’envisage pas du tout de me mettre en couple avec un mec qui a besoin d’évacuer le stress de la semaine en picolant comme un connard tous les week-ends, ou quelqu’un qui prend un verre à chaque repas, ça non plus, ça ne m’intéresserait pas du tout. Globalement, je dirais que j’aimerais rencontrer quelqu’un de sain d’esprit et de corps. Parce que je fais du sport alors un mec avec un bide de bière, bof. Ce n’est pas si facile de trouver une personne qui partage ton mode de vie et tes valeurs. Et je ne suis qu’une femme lambda, alors imaginez Brad Pitt qui est sous le feu des projecteurs…Je ne sais même pas pourquoi je me plains !

Parce que la modération est possible

J’ai publié un petit blabla en anglais sur mon Insta pour parler de ces six derniers mois de sobriété. Certes, j’ai bu un peu d’alcool, je n’ai pas été 100% sobre. Mais comme je l’ai expliqué ici et là-bas, j’ai changé en six mois. Je pense que c’est assez naturel de voir l’alcool comme un poison quand on a énormément de mauvais souvenirs, quand la dernière beuverie est floue et qu’on n’est vraiment pas fière de soi. Je ne pensais pas pouvoir boire modérément, j’avais peur de retomber dans ce truc de boire au moins trois verres et de finir en gueule de bois. Rappelons le titre de ce blog ! Je ne veux plus jamais de gueule de bois ! Alors j’avais peur, je n’avais aucune confiance en moi, j’imaginais qu’il m’était impossible de changer d’état d’esprit par rapport à l’alcool. Comme beaucoup de personnes qui arrêtent l’alcool, je voyais la modération comme impensable et même dangereuse. Et puis, il faut l’avouer, à force de lire que la modération n’était pas une option, j’ai fini par le croire. J’ai succombé à la pensée la plus populaire…

Pourtant, je fume modérément, je sais que la modération, c’est quelque chose que je peux et que je sais faire. Je ne sais même pas pourquoi je doutais de moi comme ça ! Pendant des années, dix-sept ans, si je me souviens bien, j’ai fumé un paquet de Camel par jour, parfois deux (quand j’étais ivre héhé). Je fume en vacances ou quand je vois quelqu’un qui fume et que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je dirais que je fume tous les deux ou trois mois environ. Puis j’arrête facilement parce que je n’y pense pas, je ne sais pas comment l’expliquer autrement.

Quand j’ai publié ce blabla sur Insta, une personne sobre est venue me parler en DM, elle m’a dit « Vraiment Pandora, tu crois à la modération ? Tu es sûre de toi ? Parce que moi je ne pourrais pas, impossible ! ». Je sais que ce commentaire se voulait bienveillant mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser « Aïe, elle parle d’elle, pas de moi ! ». Le fait que j’écrive que je suis capable d’être sobre déclenche chez elle une réaction de protection parce que POUR ELLE, la modération, ce n’est pas possible (du moins, c’est ce qu’elle croit). Ce questionnement était un reflet de ses propres limitations, pas des miennes. C’est assez classique, faites le test autour de vous, les autres expriment toujours leurs propres peurs quand il s’insurgent.

Nos croyances nous limitent. Si tu crois que l’alcool est un poison, il est probable que jamais tu ne tenteras de boire un seul verre de vin en bonne compagnie… parce que tu es persuadé.e que l’alcool, c’est le diable incarné et que succomber à un seul verre fera de toi un loser. Nos croyances forment notre réalité. Tout est question de perception !  Quand j’ai compris que j’étais en train de m’enfermer dans un raisonnement binaire avec cette idée que seule l’absence totale d’alcool dans ma vie pourrait me correspondre, j’ai vécu cette expérience comme quelque chose de très fort, de spirituel. Depuis quand, moi, Pandora, je ne peux pas faire exactement tout ce que je veux ? Je suis forte, je suis unique, je sais ce que je fais, évidemment que je peux boire un seul verre par plaisir !

Ai-je envie de me transformer en cette personne qui dit « ça c’est bien » ou « ça c’est mal ! » ? Non, chacun est libre de croire en ce qu’il veut ! Mais je ne vais pas me limiter à ce que j’entends dans les cercles sobres. Si toi tu penses que l’alcool est le diable, fais comme tu veux. Mais moi je boirai un verre de temps en temps, quand j’en ai vraiment envie parce que POUR MOI, je crois à la modération. Par rapport à ma personnalité, mon histoire, mon chemin de vie, je sais que c’est ce qui est bon POUR MOI. J’ai acheté de la tequila et du triple sec dans le but de me faire ma propre margarita et les bouteilles sont là, dans la cuisine. Je les ouvrirai quand j’aurais retrouvé mon shaker et quand j’aurais fait de la glace pilée avec mon super robot. Pour le moment, je n’en ressens aucune envie. Je ne règle plus mes problèmes avec l’alcool, voilà pourquoi. Je ne cache plus mes émotions derrière un cocktail, j’affronte ma vie. Je sais bien que ça parait simple dis comme ça et… ça l’est ! 😉

 

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From dawn to dusk

Ce matin, je me suis levée à 7h, surexcitée, impossible de me rendormir. Alors, je me suis levée et je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de me faire un vrai chocolat chaud avec du pain et du beurre (végétal of course). Petit-déjeuner très français. Mais je n’avais pas de chocolat ni de lait de noisette (le meilleur pour faire un chocolat chaud intense). Le supermarché à côté de chez moi ouvre à 8h30, je me suis surprise à attendre l’ouverture comme un enfant le matin de Noël et… je n’étais pas seule. Autour de moi, uniquement des hommes. Ils n’avaient pas tous le même âge, le premier devait avoir la cinquantaine mais rien n’est moins sûr, l’alcoolisme, ça abîme tellement que si ça se trouve il n’avait que quarante ans, peut-être moins. Ils étaient quatre à attendre comme moi, l’un regardait le sol en faisant les cent pas, l’autre essayait de communiquer avec le troisième et le quatrième tremblait littéralement. Ils étaient tous en manque et moi j’étais là, un grand sourire sur les lèvres avec mon manteau en fausse fourrure et mes petites bottines chic, la scène avait quelque chose de cocasse.

Une fois à l’intérieur, j’ai pris les produits que je cherchais et arrivée à la caisse, j’ai complimenté la caissière qui avait un rouge à lèvres rouge vermillon qui convenait parfaitement à son teint de porcelaine (il faut toujours se complimenter entre femmes, on en a besoin!), elle s’est mise à rougir alors pour casser l’ambiance je lui ai dit à voix basse, en parlant de l’un des hommes qui passait à une caisse plus loin avec deux cannettes de 8.6 « Ils viennent tous les matins ?… ». Elle m’a expliqué que les mêmes hommes venaient tous les matins, elle a ajouté « parfois il y a des femmes aussi ». Elle disait que c’étaient toujours les mêmes, les habitués, ceux qui faisaient tourner le supermarché. J’ai demandé si elle n’exagérait pas un peu, tout de même. Elle a conclu par « Si nous ne vendions pas d’alcool, nous ferions faillite ! ». Elle était très sérieuse !

De retour à la maison, alors que les carrés de chocolat noir fondaient au fond de la casserole, je me suis demandée comment on pouvait en arriver à boire dès le matin. J’ai ajouté le lait de noisette et une pincée de cannelle parce que la cannelle c’est la vie et je me suis félicité de n’avoir jamais bu à ce point, puis en versant mon chocolat chaud dans une tasse à mon prénom, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour ces gens. Puis j’ai pensé « On ne peut pas sauver tout le monde, seulement soi-même ! ». J’ai trempé ma tartine de pain grillé dans ma tasse de chocolat et j’ai dit à voix haute « Le chocolat, c’est quand même une drogue moins dangereuse ! » (facile à dire quand on n’a pas de problème d’obésité, tu me diras…).

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J’ai bu une Despé (tu as bien lu)

Je suis entrée l’été dernier dans le merveilleux monde de la sobriété très enthousiaste, et il y a de quoi ! C’est libérateur de se poser les bonnes questions, pourquoi je bois alors que je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool? Je cherche à fuir quoi ? Suis-je dépendante psychologiquement de la bouteille de gin ? Chaque dimanche sans gueule de bois est une victoire, je ne me suis jamais trouvée aussi belle que depuis que je ne bois plus, adieu les cernes, le teint brouillé, les yeux secs. Sans alcool, le dimanche c’est pancakes maison et smoothie et non pas hamburger et frites industriels, j’imagine que ça participe aussi à avoir meilleure mine 🙂 Une nouvelle vie.

Au départ, j’avais vraiment dans l’idée de ne plus jamais boire. Je suis assez radicale comme fille. La demi-mesure, très peu pour moi. Puis, j’ai commencé à être agacée par les blogueuses sobres qui expliquaient qu’il ne fallait plus jamais boire une goutte d’alcool, parce que l’alcool c’est le diable, l’une d’elles disait même que les challenges un mois sans alcool de type 1000 hours dry ou Dry january ne servaient à rien. Je trouvais ce discours vraiment intolérant, comme ces vegans (je suis moi-même vegan, rappelons-le) qui refusent de s’attabler avec des mangeurs de viande… Je comprends qu’on refuse l’alcool à tout jamais mais c’est personnel comme démarche, ce n’est pas parce que toi tu ne bois plus que tout le monde doit t’imiter. Je sais bien que certains alcooliques ne peuvent et ne doivent surtout pas reboire une goutte d’alcool, j’ai déjà parlé de mon copain virtuel anglais qui est en cure, actuellement sous médicaments et suivi par un thérapeute, dans son cas, il est évident que reboire une goutte d’alcool c’est signer pour un retour au n’importe quoi, aux excès, aux gueules de bois hebdomadaires. Mais je savais que moi, Pandora, je pouvais reboire un verre de temps en temps. Je cherchais juste l’occasion de le faire. J’étais curieuse de voir l’effet que produirait l’alcool sur mon organisme, je voulais aussi me rassurer : étais-je bien capable de boire un seul verre ? Ou … était-ce possible que je sois dans le déni ?

J’en ai parlé à mon pote K. qui m’a dit « C’est peut-être mieux si tu bois une bière, non ? ». Moi je voulais boire un cocktail stylé genre Manhattan ou Sex on the beach. Mais il avait raison ce petit con. Il s’avère que le mec que je vois en ce moment a apporté une canette de Despé chez moi, c’était le bon moment. La première gorgée ne m’a rien fait, aucune émotion, aucune sensation, j’étais presque déçue. J’aime bien le goût de la Despé mais rapidement j’ai eu mal au ventre, je ne bois jamais de bulles… Je n’ai jamais bu aussi lentement de ma vie, moi qui buvais deux gin tonic à la demi heure… J’ai mis deux heures à finir cette bière. J’ai eu du mal à la finir, je l’ai fait par automatisme. Et j’ai compris les blogueuses sobres qui me fatiguent. Je savais déjà que je n’avais plus besoin de boire. Ce que je ne savais pas, c’est que je n’avais plus envie de boire non plus. Pourquoi se forcer à boire un verre pour faire comme tout le monde alors qu’on pourrait rester à l’eau minérale ? Je vois bien pourquoi je voulais absolument me prouver que je pouvais boire avec modération mais… je n’ai plus envie d’alcool. Je n’ai pas aimé avoir la tête qui tourne avec la Despé, je n’ai pas aimé avoir mal au ventre, les premières gorgées ça allait mais au bout d’un moment ça m’a dégoûtée. L’alcool et moi, je crois que c’est vraiment fini (mais je n’ai jamais de certitudes).

Contrairement aux blogueuses sobres anglo saxonnes, je pense que c’est très utile de participer à des challenges sans alcool. Parce qu’après un mois sans alcool, tu te rends compte que tu n’as plus besoin de ça dans ta vie. La première gorgée après un mois sobre te fait tourner la tête, rapidement tu constates que ce n’est pas bon pour ton corps, tout simplement. C’est l’effet que m’a fait cette Despé : ça n’apporte rien de positif à mon corps. Il faut croire que je suis moins atteinte psychologiquement que ce que je pensais. Je sais que l’alcool m’a apporté de bons souvenirs mais c’est du passé. Je suis grande, maintenant, je peux et je sais m’amuser autrement. Enchaîner les verres comme je le faisais me paraît absurde aujourd’hui. Je ne suis plus la même personne. La vie sans gueule de bois est une vie paisible. On peut avoir une vie paisible sans se faire chier, c’est ce que je découvre. Mais je n’oublie pas que c’est mon chemin à moi, c’est personnel, et je ne force personne à me suivre. Je partage mon expérience, voilà tout. Un peu de tolérance dans ce monde de putes. Nous en avons cruellement besoin !

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Au secours, j’ai envie de boire un verre, je fais comment ?

L’autre jour, une lectrice me demandait des conseils quand elle se retrouve dans la fâcheuse situation où elle a envie de boire. Quand on se sert de l’alcool comme « tampon émotionnel », il est difficile d’être confronté aux premières fois où on ressent les choses pour de vrai, sans pouvoir les masquer…

Toutes les occasions étaient bonnes pour se servir un petit verre : après une journée difficile au travail, quand on vient d’apprendre une mauvaise nouvelle, quand on s’ennuie, quand on est dans l’attente, la liste est très longue. Il faut pouvoir remédier à ça sans alcool et c’est bien le plus dur !

J’ai lu ici et là des conseils pour éradiquer une crise, boire un thé au citron, prendre un bain chaud ou sortir faire un tour. Cela ne fonctionne pas avec moi. Quand j’ai envie de boire, je n’ai pas du tout envie d’un thé, encore moins au citron, ce que je veux c’est un gin tonic, et tout de suite ! Le bain chaud, le temps de le faire couler, j’ai le temps de réfléchir au fait que j’ai envie d’un gin tonic, mauvais plan. Quant à sortir faire un tour… un Carrefour City est à deux pas de chez moi, c’est là encore une idée pourrie, je pourrais malencontreusement acheter une bouteille de vodka, juste pour voir…

Les conseils que je vais vous donner ne fonctionneront peut-être pas pour vous, ou peut-être que si. En ce qui me concerne, quand je suis en état de crise, il faut que j’agisse très vite, il faut que je n’ai même pas le temps de réfléchir au fait que j’aimerais boire un verre que le problème n’existe déjà plus. C’est une urgence. Ni plus ni moins. Même si je ne suis pas alcoolique ou malade, mon cerveau est très puissant et l’idée c’est de lui dire de fermer sa grande gueule, merci bien. Il faut pouvoir le faire n’importe où, n’importe quand…

Premier conseil : respirez ! Quand on est en état de crise émotionnelle, on a le cœur qui bat la chamade, on est anxieux, stressé. Il faut vite reprendre le contrôle de notre souffle. Pour ça, c’est très simple, on s’isole où on peut (perso si je suis chez moi, je fais ça allongée dans mon lit en fermant les yeux), on inspire fort par le nez, on bloque sa respiration deux ou trois secondes, puis on expire par la bouche très fort. Il faut que ce soit exagéré. On fait ça deux ou trois fois, en général ça suffit pour reprendre le contrôle, relâcher la tension, être dans le moment présent, se sentir vivant et apaisé.

Si cette technique marche sur vous, je vous conseille vivement la méditation au quotidien, et si vous ne savez pas comment faire, il y a des apps pour ça. Petit Bambou est très bien pour commencer, je suis très fan de Aura aussi (en anglais). Même si la méditation vous paraît une activité lente ou inutile ou impossible pour vous, je vous jure que vous n’en retirerez que des bénéfices. Le premier étant d’être ancré dans l’instant présent. Méditer c’est entrer en soi maintenant sans penser au passé ou au futur, c’est sentir son corps vivant, lui accorder un moment de repos, le remercier. C’est lâcher prise ! Tout le monde peut le faire et c’est gratuit 🙂

Deuxième conseil : avoir toujours sur soi un flacon d’huile d’essentielle de Camomille Romaine. C’est petit, ça ne prend pas de place, on peut l’emporter partout avec soi, il suffit d’inhaler trois ou quatre fois à fond au-dessus du flacon et voilà, magique ! Pourquoi la Camomille Romaine ? Vous vous souvenez des tisanes à la camomille chez mamie ? C’est pareil mais en beaucoup plus concentré ! Cette HE vous permettra de calmer vos angoisses et même de trouver le sommeil (je l’utilise comme somnifère naturel, c’est génial!). On peut même en donner aux enfants qui font des crises de nerf, en cas de crise d’urticaire ou de choc émotionnel, c’est une HE un peu onéreuse mais elle vous sauvera la vie (je recommande fortement la Compagnie des Sens qui font des HE de qualité et bio de surcroît, dont l’éthique n’est plus à prouver, je ne suis pas sponsorisée du tout, quand j’aime, je le crie haut et fort, voilà tout!). Pour acheter le flacon de 2,5 ml à 14,90€, cliquez ici 🙂

Troisième conseil : faire une liste de gratitude. Pas par écrit. En période de crise, on n’a pas le temps de se poser pour écrire. On remercie à voix haute toutes les choses positives dans notre vie pour focaliser son attention sur autre chose que ce foutu gin tonic. Chez moi, cette liste donne ( par exemple) « Je suis heureuse d’être en bonne santé, je remercie le toît au-dessus de ma tête pour la sécurité qu’il m’apporte, je remercie les pâtes al dente de ce midi, la caissière pour son sourire chez Leclerc, le coucher de soleil d’être si beau, la mer qui apaise mes angoisses, mon lit de me permettre de me reposer, mes chats d’exister, merci à mes pieds de me porter tous les jours, merci à la glace Magnum vegan aux amandes, à mes amis qui m’acceptent telle que je suis, merci à la vie, ma vie, parce que la chance que j’avais d’exister telle que je suis, moi, Pandora, était d’une sur quatre milliards, je suis un miracle, merci d’être un miracle».

J’espère vous avoir aidé avec ces trois conseils (cumulables, évidemment!). N ‘hésitez pas à mettre un petit commentaire si ça vous a aidé (ou si vous avez d’autres astuces ^^)

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Avant, je buvais dans l’avion…

Alors que j’étais en train de comparer le prix des billets d’avion pour un voyage cet automne, je me suis souvenue d’un énième moment peu glorieux lié à l’alcool. Ces souvenirs que tu pensais à jamais enfouis, dont tu n’avais évidemment parlé à personne, BAM ! ils te reviennent sans crier gare et tu facepalm toute seule dans ton lit…

Je n’ai jamais été particulièrement anxieuse en avion, je dirais même que c’est le moyen de transport que je préfère, je suis une grande amoureuse des aéroports, dans l’avion je m’émerveille quand on est au-dessus des nuages ; quand il y a des turbulences je n’ai pas peur, je suis fataliste… comme le disait si bien feue ma grand-mère « Va où tu veux, meurs où tu dois » ❤

J’ai tendance à aimer boire dans l’avion, déjà parce que je trouve les mignonnettes mignonnes, comment ne pas avoir envie de céder devant de si petites bouteilles ? C’est presque comme si j’avais six ans et que je jouais à la dînette ! Quand j’étais petite, je demandais à ma mère de prendre les mignonnettes dans l’avion (elle ne boit pas d’alcool fort) et je les gardais ensuite parce que j’aimais l’idée d’en faire collection. Aucune idée de ce qu’elles sont devenues, j’ai dû les boire à dix-sept ans avec mes potes chevelus de l’époque.

Habituellement, je bois un ou deux verres de vodka pomme ou gin tonic, la personne qui se trouve à côté de moi fait la même chose, on trinque, on discute, le temps passe vite, je suis contente et basta. La dernière fois que j’ai bu dans l’avion, je suis tombée sur une personne très angoissée par les douze heures de vol alors bien sûr je lui ai conseillé de picoler. Ce qu’elle a fait en prenant un Xanax, résultat au bout de quelques minutes, elle est tombée dans les bras de Morphée et je me suis retrouvée seule alors que j’avais envie de communiquer (pourtant à l’état naturel, je cherche à éviter les êtres humains).

Je ne sais pas combien de mignonnettes j’ai bu mais je me suis retrouvée au niveau de l’endroit où le personnel navigant range les chariots à discuter avec deux personnes sobres qui fronçaient les sourcils de minute en minute… Je parlais si fort que l’hôtesse m’a gentiment demandé de baisser le volume. Lorsque je me suis résolue à me diriger vers mon siège pour regarder un film que j’avais raté au cinéma (je les rate tous, je ne vais jamais au cinéma, ça m’ennuie de payer pour dormir), j’ai demandé une autre mignonnette d’Absolut à l’hôtesse qui m’a annoncé qu’il n’y en avait plus. J’ai tout de suite pensé que c’était un mensonge et en même temps je l’ai remerciée intérieurement. Si j’avais bu ce verre de trop, j’aurais sans doute vomi quelque part au-dessus de l’Atlantique.

Peu de temps avant que l’avion n’atterrisse, l’hôtesse m’a réveillée. Je remarque rétrospectivement que ce sont toujours les personnes qui ont trop picolé qui se font réveiller… Ma voisine était dans le même état que moi, nous formions un joli petit duo. J’avais la gueule de bois, elle avait la gueule dans le cul. Avant de quitter l’avion, c’est avec un sourire sincère que j’ai dit « Merci, bonne journée à vous » à l’hôtesse qui m’a regardée avec un air de pitié. J’ai souri encore plus largement. Toujours garder une attitude positive, en toutes circonstances.

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Boire ou fumer (ou arrêter les deux)

Pendant longtemps j’ai fumé des cigarettes, pas n’importe lesquelles, c’étaient des Camel. Le simple fait de sentir une cigarette de cette marque me replonge dans mes années enfumées… ahhh comme j’aimais ce geste, ce rituel, cet objet de plaisir ! Lorsque j’ai arrêté il y a trois ans, tout le monde m’a félicitée. On vantait mon courage et ma volonté, ma persévérance (c’était genre la sixième fois que je tentais d’arrêter…) ; je faisais l’unanimité.

Quand j’ai décidé d’arrêter de boire de l’alcool, personne ne m’a félicitée. On m’a posé plein de questions :

Ma mère « Mais je ne comprends, tu es alcoolique ? »

Mon (enfoiré de) frère : « Mais lol t’avais déjà dit ça l’année dernière, non ? »

Une pote « Attends Pandora faut pas exagérer t’as rien d’une alcoolique, tu bois même pas toutes les semaines ! »

Un plan cul « T’es en train de me dire qu’on se fera plus de soirée Poliakov-sexe ? Sérieux ? »

Une inconnue « T’as pas peur de te faire chier sans alcool ? »

Pardon, mon père m’a félicitée sans me poser de questions. C’est bien le seul…

Pourquoi tant de haine envers celles et ceux qui ne souhaitent plus boire ? Parce que l’alcool est synonyme de moments festifs, de célébrations en tous genres, mariage, enterrement de vie de jeune fille, anniversaires, promotions, Noël et j’en passe. L’alcool c’est sympa, l’alcool c’est convivial, ça rapproche les gens, ça rend moins coincé, plus ouvert, plus fun. Pourtant nous sommes nombreux à avoir un vrai problème avec l’alcool, je sais que je ne suis pas la seule, je l’ai vu, je le vois. J’ai un pote qui a arrêté de boire il y a un an et moi aussi je lui ai dit alors qu’on prenait un verre à la Butte aux Cailles « Tu peux quand même boire une bière avec moi, juste une ! Qui boit du jus de tomate à 17h ? ». Le fait qu’il refuse de boire et qu’il s’y tienne c’était un miroir tendu, or je ne voulais surtout pas voir la réalité en face. Comme moi il buvait « mal », c’est-à-dire avec excès, comme moi ses pires souvenirs honteux sont liés à l’alcool… Je ne lui ai pas encore dit que j’avais arrêté aussi…

Le tabac et l’alcool sont les drogues légales qui tuent le plus en France. Le tabac c’est 78000 décès par an contre 49000 pour l’alcool.

Dans mon cas, la cigarette était une addiction, je fumais tous les jours, parfois deux paquets. Je fumais quand j’étais malade, je fumais tout le temps, persuadée que la chose me permettait d’affronter mes journées sans stress (alors que c’est prouvé que fumer augmente le stress mais là n’est pas le sujet…). Concernant l’alcool, c’est différent. Même si je ne suis pas alcoolique, le simple fait de me demander si je l’étais prouve qu’il y avait un problème. Pour arrêter de consommer de l’alcool alors qu’on n’est pas malade, faut-il être fou ? Je pense qu’au contraire il faut être clairvoyant, il vaut mieux arrêter AVANT de sombrer dans l’alcoolisme. Pour arrêter de boire en société, il faut impérativement se foutre de l’opinion des autres. Je dirais même qu’il faut aimer dire « non, merci », chez moi il y a une espèce de forme de rébellion adolescente, le fait d’être à contre-courant me plaît pas mal, je revendique haut et fort mon choix de ne pas boire. Je respecte ceux qui boivent bien entendu mais je ne me cache pas, voilà. Qui sait ? Peut-être qu’en France aussi ce sera trendy de boire des virgin mojitos dans les bars ? Rien ne me ferait plus plaisir:)

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