Deux ans sans gueule de bois !

Le 13 juin 2019, après une soirée débauche (je vous passe les détails), je me suis réveillée avec un mal de crâne infernal et j’ai pris une décision : plus jamais je n’aurai une seule gueule de bois, stop, la fête est finie. Au-delà de 30 ans, la gueule de bois n’est tout simplement pas gérable, et c’est pire à 40 (et sans doute encore pire à 50 mais je ne le saurais jamais). J’avais commencé le sport quatre ans auparavant lorsque j’avais arrêté de fumer, il était temps d’être cohérente. Quel est l’intérêt de faire du sport si tu bois comme un trou tous les week-ends ?

Bien sûr, on ne devrait jamais commencer à boire mais d’une part la société nous y pousse dès le plus jeune âge, les industriels de l’alcool dépensent des sommes astronomiques pour rendre les jeunes accro (en Suisse c’est l’équivalent de 38 millions d’euros chaque année), d’autre part quand on est introvertie comme moi, l’alcool est une aubaine, il permet de supporter les autres, d’avoir une vie sociale, d’être acceptée par le groupe, de se sentir « normale ». Je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, j’aimais pouvoir parler sans rougir, j’aimais pouvoir être drôle, avoir de la répartie, oser aller vers les garçons, je crois que j’aimais être quelqu’un d’autre. Comme beaucoup de personnes sobres, j’ai craint les rencontres, je me sentais incapable d’avoir un rendez-vous avec un homme et en même temps j’avais envie de me faire peur. Au début ça a été catastrophique, je n’osais pas trop m’affirmer, je prenais un panaché ou deux, prétextant que je ne buvais pas trop, je voulais sans doute m’épargner des réflexions. Je me souviens qu’en septembre 2020 j’ai bu des verres de cidre face à la mer avec un charmant garçon, je suis rentrée à moitié ivre mais sans la gueule de bois le lendemain. Je n’ai pas été sobre à 100% pendant deux ans mais je n’ai jamais eu de gueule de bois, j’ai rempli le contrat que j’avais signé avec moi-même.

Je dirai qu’en deux ans, j’ai bu quelques panachés, quelques cidres, quelques bières légères, deux margaritas quand j’étais à New York, mais le 26 mars j’ai passé une journée difficile et j’ai eu envie de boire et je me suis dit « Assume mais fais les choses bien ». Il fallait limiter les dégâts, j’ai acheté une flask de vodka bas-de-gamme (je n’avais pas le choix) et du jus de cranberry (et une glace pour me réconforter après). Avant, je faisais beaucoup ça le vendredi soir mais avec une bouteille de 70cl et quand je n’avais plus de soft je pressais des oranges à 2h du mat’ pour finir la vodka, c’était pathétique… Je n’ai pas bu les 20cl de la flask puisque j’ai jeté mon dernier verre plein dans l’évier, j’ai dansé comme une folle et chanté trop fort (mais les voisins n’ont rien dit, je ne chante pas si faux semble t-il), j’ai appelé mon frère pour lui dire que ça n’allait pas, je me suis réveillée le lendemain sans gueule de bois mais pas en grande forme non plus.

J’ai compris un truc que j’aurais dû comprendre des années auparavant : quand je suis triste, il faut que je bouge pour évacuer. Et faire du fitness ne sert à rien, il faut que je danse et que je chante en même temps, c’est ça mon exutoire, faire la choré de Oops I did it again en m’imaginant dans une combi rouge en latex ! Mon remède à la tristesse c’est me prendre pour Britney Spears dans à peu près n’importe laquelle de ces vidéos (mais je ne connais pas toutes les chorés). Je crois qu’à force d’avoir été bercée aux comédies romantiques où l’héroïne finit toujours par être triste en buvant trop d’alcool et en mangeant n’importe quoi, j’ai fini par être endoctrinée. Si toutes ces scènes de femmes qui boivent à cause d’un homme n’existaient pas, aurais-je l’idée de picoler seule dans mon lit ? Je ne pense pas. C’est bien de l’endoctrinement. Les comédies romantiques nous font aussi croire que le Prince Charmant et la fidélité ça existe alors que statistiquement… c’est très rare, surtout en France (lire l’étude édifiante à ce sujet, la femme Sagittaire trompe plus que les autres, sachez-le).

Je n’ai jamais été dépendante physiquement de l’alcool, je n’ai jamais été en manque par exemple. Je ne suis pas malade. Pour autant, je n’allais pas bien et mon but était clairement de m’anesthésier pour éviter de penser à des sujets fâcheux comme le harcèlement sexuel que j’ai subi au travail, je n’arrivais pas à en parler. Alors je buvais jusqu’à m’endormir comme une masse. Au lieu de boire comme un trou, j’ai changé de vie, j’ai quitté mon taf, mon mec, et même Paris pour aller vivre à la mer (j’ai retrouvé la raison depuis et je suis rentrée à Paris^^), j’ai pris le temps de réaliser un rêve de gosse, j’ai voyagé, et surtout j’ai vu des psys puis j’ai arrêté une fois que j’ai compris ce qui n’allait pas. Au lieu de me prendre pour Wonder woman à faire la psy gratuite avec tout mon entourage, il fallait que je m’occupe de moi et que je n’hésite pas à demander de l’aide. C’était simple, finalement !

En revanche, j’ai été addict aux Xanax et aux somnifères pendant un an et je me suis sevrée en « oubliant » mes comprimés avant de partir au Népal, ce fut horrible, cauchemars, délires, hurlements, sueurs froides puis chaudes… mais efficace (ne faites pas comme moi, on peut en crever, j’ai eu de la chance). Aujourd’hui je ne prends jamais de médicaments, même pas de l’aspirine, je préfère souffrir, parce que je me connais et je sais que c’est un danger, pour moi le Xanax c’est des Smarties… L’été dernier j’ai été opérée de l’appendicite, on m’a mise sous Tramadol, j’étais aux anges (soupirs). De retour chez moi j’ai eu mal mais j’ai pris un seul comprimé d’aspirine par jour pendant trois jours et j’ai donné les autres à une asso. Pour l’alcool, je sais que je pourrais consommer avec modération mais ce n’est pas ce que je souhaite non plus. Puisque je n’aime pas le goût de l’alcool, quel est l’intérêt de la modération ? Il n’y en a pas. Je préfère m’abstenir, mon choix est de ne pas boire une seule goutte, pour ma santé, pour être en cohérence avec mes autres choix de vie. Peut-être serais-je tentée de boire un Bellini à Venise avec ma mère (c’était notre truc avant le Covid), je ne sais pas si je le ferais, j’essaierai toujours de demander une version sans alcool. D’autant que pour prendre l’exemple du Bellini, ce que j’aime c’est le nectar de pêches blanches, et je peux remplacer le champagne par sa version sans alcool, ça ne m’enlève rien, au contraire, j’y gagne ! Mais si je buvais un verre, je ne considérerais pas ça comme un échec non plus, je peux me permettre d’être souple, j’ai cette chance.

L’ivresse me manque parfois, je le confesse, mais il y a tant d’autres façons d’être ivre, un très beau film peut me faire le même effet, une chanson émouvante, le regard rempli d’amour de mes chats, un magnifique coucher de soleil, une partie de jambes en l’air exaltante, un succès professionnel, une bonne nouvelle. Tout est là, à notre portée, je crois que plus que l’abstinence, ce qu’il faut changer quand on arrête de boire de l’alcool, c’est le regard qu’on a sur le monde. Ne plus boire c’est avoir le courage de vivre sans artifices, sans excuses quand on fait des erreurs, ne plus boire d’alcool c’est avoir l’audace d’être pleinement soi. C’est prendre la responsabilité de sa vie, ne plus se cacher, c’est peut-être l’un des plus beaux cadeaux qu’on peut se faire. Par ailleurs, j’ai remarqué que s’il y a deux ans on me demandait pourquoi je ne buvais pas, aujourd’hui on me dit « Je suis impressionné, j’aimerais pouvoir faire comme toi ». Les mentalités changent doucement, je reste persuadée que dans dix ans boire de l’alcool sera considéré comme un truc de gros beauf !

Amour sans alcool

Les Alcooliques Anonymes préconisent de ne pas avoir de relations (ni sexuelle, ni sentimentale) la première année de sobriété. Si le conseil peut sembler un peu difficile à avaler, je crois qu’il n’est pas anodin. Il est rare d’avoir une seule addiction… L’abus d’alcool va souvent de pair avec un mauvais choix dans le reste de sa vie et les relations en font bien souvent partie, combien de personnes alcooliques sont aussi dépendantes affectives et/ou sexuelles ? Je n’ai pas les chiffres mais je sais que les deux sont liés. Il est conseillé d’attendre d’être vraiment guéri pour commencer à « relationner », l’abstinence peut permettre de faire un état des lieux de sa vie sentimentale/sexuelle. Ces dernières années j’ai pratiqué l’abstinence au moins la moitié de l’année et j’en ai toujours retiré beaucoup de bénéfices (rétrospectivement).

Quand j’ai décidé de ne plus jamais avoir de gueule de bois, je voulais aussi ne plus jamais avoir de plan cul. Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog maintes et maintes fois, ivre j’étais cette fille libérée convaincue que le sexe sans lendemain était un choix, une façon de s’empower ou je ne sais quelle connerie alors qu’en fait j’étais juste en manque d’affection. J’ai tenu quelques mois sans sexe puis j’ai choisi un mec sur Tinder en lui expliquant en toute transparence ma situation, j’en ai parlé ici. Puis j’ai eu des amants à qui j’expliquais que je ne buvais plus, j’ai été tentée par l’un deux qui avait apporté une bouteille de champagne, j’avais bu deux verres, trouvé ça dégueulasse, ça m’a rappelé pourquoi je ne buvais plus en quelque sorte. Sobre, j’ai découvert que je pouvais avoir une sexualité encore plus intense puisque je savais ce que je faisais (ça paraît bête haha). Je ne sais pas trop comment je faisais pour boire autant et avoir une vie sexuelle, j’ai envie de prendre dans mes bras cette fille que j’ai été et lui dire que ça va s’arranger. Je ne comprends pas pourquoi c’est normalisé à ce point de boire de l’alcool à un premier rendez-vous, comme si on ne pouvait pas faire quelque chose de plus intéressant ? Je ne sais pas moi, se promener dans un bois, aller voir une expo, se faire un tea time avec des scones, participer à un cours de cuisine ? C’est sans doute parce que le dating game s’est américanisé, il y a dix ans lorsque tu rencontrais un homme sur un site de rencontre, ça voulait dire que tu essayais d’avoir une histoire, aujourd’hui, tant que tu n’as pas eu la « conversation », personne n’est vraiment en couple, chacun est libre.

J’ai rencontré quelqu’un il y a peu de temps et je ne suis pas tentée du tout lorsqu’il boit un verre de vin pendant le repas (bon, il faut dire que moi j’étais plus « gin tonic » que « vin rouge »), il respecte le fait que je refuse de boire, il m’admire pour ça ! Évidemment je préférerais être avec quelqu’un qui ne boit pas d’alcool, qui est vegan aussi etc mais tant qu’il est bienveillant et respectueux, le reste je crois que ce n’est pas si grave. Et puis je dois dire que je m’interroge sur celles et ceux qui décident d’arrêter l’alcool alors qu’ils sont déjà en couple, ça ne doit pas être facile non plus à gérer. Un ami me disait qu’il s’était rendu compte que son divorce lui avait permis d’être sobre alors qu’avant il replongeait tout le temps, notamment parce que sa femme lui disait « Si tu m’aimais, tu ne boirais pas », il se sentait coupable, bref c’était un cercle vicieux. En rompant ce cercle vicieux il est arrivé à deux ans d’abstinence pour la première fois de sa vie, après avoir bu de ses 12 ans à ses 40 ans. Je crois que l’arrêt de l’alcool peut finalement être la chance de quitter quelqu’un qui n’est pas bon pour soi, le « méchant » n’est pas toujours celui qu’on croit ! Finalement, ne plus boire c’est se recentrer sur soi, sur ses besoins, sur ces rêves qu’on avait et qui ont été enfouis à cause de l’alcool. Et si le but n’est pas l’abstinence totale pour tout le monde, je crois que se poser les bonnes questions sur sa consommation ne peut faire de mal à personne, surtout en cette période de réouverture des terrasses…

p.s : le témoignage (en anglais) d’un homme qui a respecté la règle du 1 an sans relations ici

Un an après…

Je suis si sereine plus d’un an après avoir pris cette belle décision. Arrêter de boire de l’alcool dans une société qui fait tout pour qu’on consomme jour après jour sans jamais se poser de questions. L’alcool, ce fléau pour la santé mentale des femmes, aujourd’hui on le sait, pourtant on n’en parle pas trop… C’est l’image populaire de la mère de famille épuisée qui, après avoir couché les gosses, se sert un petit verre de vin. J’ai une copine qui faisait ça tous les soirs sans se considérer comme alcoolique pour autant, jusqu’au jour où il n’y a plus eu de vin et elle a commencé à paniquer, tout était fermé, comment allait-elle faire ?

Je crois qu’il y a définitivement plusieurs alcoolismes, pas une seule définition, et que tous sont néfastes pour les femmes qui sont déjà les proies des hommes dans l’espace public. L’autre jour je me faisais la réflexion que si je n’avais pas commencé l’alcool, j’aurais subi moins de sifflements, moins d’attouchements dans les bars, que j’aurais subi moins d’emmerdes ! Ivres on ne se rend compte de rien, on laisse faire… Et puis on pense que c’est de notre faute, c’est ce que tout le monde pense de la fille ivre qui a subi un viol, elle n’avait pas à boire ! Comme si boire signifiait qu’on consent à un rapport, c’est absurde mais les clichés sont tenaces… L’alcool nous rend vulnérables alors que nous sommes déjà vulnérables.

Depuis que je ne bois plus, moi qui suis introvertie et hypersensible (la double peine, diront certains), j’ose m’affirmer. Maintenant je dis que je ne bois pas d’alcool, lors d’un date je prends une bière sans alcool, je ne bois plus de panaché, je ne veux plus « faire plaisir », pardonnez ma vulgarité mais j’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres, je suis ma ligne de conduite, je ne m’excuse pas d’avoir arrêté de boire, je ne m’excuse plus de rien. J’ai remarqué qu’avec mon attitude super badass, personne ne me demande pourquoi je ne bois plus. Et si on me le demandait, je dirais tout simplement qu’avant je buvais puis j’ai arrêté parce que je suis trop vieille pour les gueules de bois, ce qui n’est pas faux. Je compte être une belle petite vieille en bonne santé !

L’autre jour, j’étais à Etretat, il faisait beau, j’étais en charmante compagnie, j’ai bu une excellente bière sans alcool, la Jupiler 0,0% qui a été élue meilleure bière sans alcool en 2018 (je ne retrouve plus le lien !). J’étais heureuse, bêtement heureuse, un large sourire sur le visage, je savourais chaque gorgée de ce doux breuvage. Avant, je faisais tout vite, maintenant je prends mon temps. C’est ça que l’arrêt de l’alcool a provoqué en moi. J’ai bu lentement, j’ai regardé les mouettes voler, j’ai regardé le ciel bleu et les rayons du soleil qui le traversaient et en silence j’ai pensé que j’étais fière de moi, fière d’être capable d’apprécier la lenteur de ces moments, moi qui dans une ancienne vie était une « femme pressée » (référence à Noir Désir, oui). Quand j’ai des moments down, je me rappelle que j’ai mille raisons d’être fière de moi, la première c’est ma sobriété. Sur Instagram, j’ai lu « I was lost, I found alcohol. I lost alcohol, I found myself ». Je crois que cette phrase résume bien mon parcours. Et sans doute celui de beaucoup de femmes. J’en profite pour remercier celles qui m’écrivent, qui me font part de leur témoignage, qui se livrent à moi comme je le fais ici sur mon blog. Vos messages me prouvent que j’ai bien fait, il y a un peu plus d’un an, d’entamer la conversation sur le sujet. Merci à toutes !

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Comment vaincre les idées reçues sur le mode de vie sans alcool ?

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Lorsqu’on décide d’arrêter de boire de l’alcool, l’entourage n’est pas toujours très bienveillant. Ils ne nous prennent pas toujours au sérieux non plus. L’idée de sobriété est encore liée à l’alcoolisme (une maladie, donc)… En France, peu de gens savent qu’on peut décider de se passer d’alcool pour sa santé (qu’elle soit physique ou mentale, voire les deux).

Bientôt, ce mouvement sera entendu, pour le moment, il faut le défendre, expliquer que c’est un acte courageux dans une société qui prône l’usage de l’alcool, que oui ça vaut le coup pour sa santé, que c’est souvent le début d’une réflexion plus profonde sur sa vie et ce qu’on souhaite atteindre comme objectifs, et surtout, surtout, que non, ce n’est pas chiant, c’est tout l’inverse ! Reprendre le contrôle sur soi, retrouver l’amour propre, la joie de vivre, c’est inspirant, c’est nouveau, c’est excitant:)

Voici ce qu’on entend le plus souvent quand on fait son sober coming out et mes idées pour y répondre (c’est donc personnel, en aucun cas une réponse universelle) :

« Ça va, t’es pas alcoolique non plus ! » : pour commencer, ce n’est pas à autrui de décider si on est alcoolique ou pas… C’est à nous de nous poser la question. Comme je ne cesse de le répéter sur ce blog, le simple fait de se poser la question montre qu’il y a bien un problème…

Pour y répondre, il suffit d’expliquer qu’il existe un mouvement répandu dans les pays anglo-saxons qui propose d’arrêter l’alcool pour avoir une meilleure santé. On peut expliquer qu’on est dans une démarche healthy mais finalement à quoi ça sert de boire des smoothies et faire du yoga si on se boit deux verres de rosé tous les soirs ? Les informations passent toujours mieux avec de l’humour, si on s’adapte à la personne qui nous parle, aucun problème de compréhension. On ne va pas emmerder les gens avec des statistiques, tout le monde sait que boire = problèmes cardio-vasculaires. L’humour c’est quand même plus sympa que les statistiques…

On peut aussi expliquer qu’on n’est pas obligé d’être alcoolique pour choisir de se passer d’alcool, que les gueules de bois, on n’en peut plus, qu’il y a un temps pour tout et qu’on a bien envie d’essayer pour voir si on peut le faire. On peut entraîner nos amis avec nous et les mettre au défi du 1000 hours dry, soit 42 jours sans alcool;)

La réponse que je donne c’est « Je mets trois jours à me remettre d’une gueule de bois, j’ai plus envie de ça, la peau tirée le lendemain, la léthargie, les idées noires, tu vois les vieilles ridées qui fument et picolent ? Bah j’ai pas envie de ressembler à ça, j’ai envie d’être une fabuleuse vieille. Et d’arriver jusqu’à la vieillesse, en fait ».

« Toi alors t’es toujours extrême ! » : un grand classique. Arrêter de boire peut paraître extrême dans une société où boire est encouragé au quotidien et synonyme d’une personne qui profite de la vie. On peut faire de l’humour et dire que ce qui est extrême c’est continuer à se taper des gueules de bois parce qu’on est incapable de s’en tenir à deux verres. Expliquer qu’on a essayé de boire modérément mais nous on n’y arrive pas alors cette fois on tente de se passer totalement d’alcool et on va voir. Ce n’est peut-être pas définitif, mais on se met au défi d’arrêter pour voir si on en est capables. En général quand on dit ça les gens sont compréhensifs…

La réponse que je donne c’est « Tu me connais, je suis déjà vegan alors je me suis dit et si je continuais à casser les couilles en arrêtant de boire ? »:)

« Tu peux même pas boire un tout petit verre avec nous ? » : autre grand classique. Il faut être ferme sur ce point. On a besoin du soutien de notre entourage, pas d’être encouragé dans un comportement qu’on n’a plus envie d’adopter. On n’a plus envie de boire de l’alcool mais ça ne change rien pour eux, nous on prendra un Perrier, un jus de fruit, par chance un mocktail si le bar en propose (cocktail sans alcool qu’il suffira de demander au barman s’il n’y en a pas sur la carte). On veut continuer à avoir une vie sociale, ce qu’on refuse c’est l’alcool, pas le fun des soirées entre potes, il faut bien les rassurer sur ce point (incroyable de penser qu’il faut rassurer son entourage quand on sait toutes les maladies provoquées par l’excès d’alcool, ils devraient se réjouir de cette nouvelle mais bon…je m’égare sans doute!).

La réponse que je donne : « Si je savais que je pouvais boire un seul verre, je le ferais. Mais tu sais comme moi que si j’en bois un j’en bois deux puis trois et je vais finir par avoir une gueule de bois le lendemain. Donc non, je ne vais pas boire un tout petit verre d’alcool mais un gros virgin mojito ! ».

« Ah merde, je suis vraiment désolé pour toi… » : heu…mais ne sois pas désolé, sois heureux pour moi, ce que je t’annonce c’est une bonne nouvelle, pas un faire-part de décès ! Ce qui était désolant c’est toutes les fois où j’ai vomi et où tu m’as tenu les cheveux pour pas qu’ils tombent dans la cuvette, ça oui, c’était désolant (rigolo à 17 ans, moins à 30). Je ne perds rien à arrêter l’alcool, je gagne une meilleure santé, une plus belle peau, un sommeil plus profond, un sentiment de bien être lié au fait que je suis en accord avec moi-même.

La réponse que je donne c’est : « Je ne suis pas alcoolique si ça peut te rassurer, j’arrête avant de le devenir… Et toi, t’en es où avec l’alcool ? gnark gnark gnaaaaaark »

« Mais on va plus se voir alors si tu bois pas ! » : ne riez pas (jaune), celle-là on l’entend souvent. Pourquoi ? Parce que les gens sont égoïstes, voilà pourquoi (insérer emoji triste). Encore une fois, il faudra rassurer l’entourage, on n’arrête l’alcool, pas les amis, pas les anniversaires, pas Noël, tout va bien, détendez-vous un peu ! Quand je suis invitée j’apporte toujours un pack de bières sans alcool, comme ça je sais que je ne suis pas tentée et en plus je peux faire goûter aux autres (qui diront que c’est dégueulasse, ce à quoi il faudra répondre que dans ce cas ils auraient pu se charger des boissons sans alcool eux-mêmes!). Même si on est tenté de ne plus sortir de chez soi quand on décide d’arrêter, je conseille au contraire de sortir comme avant pour bien montrer aux autres qu’on n’a pas changé, tout va bien. C’est aussi un bon test, les amis qui ne se font pas à l’idée qu’on ne boit pas… ne sont peut-être pas de vrais amis ? Si notre « amitié » dépend de l’alcool, peut-être faut-il commencer à se poser des questions ?

La réponse que je donne « On se verra toujours, j’aurai toujours une bouteille de bière à la main, simplement il n’y aura pas d’alcool dedans, ça change rien pour toi ».