Sobriété et célibat

Aujourd’hui je suis passée devant la couverture de Paris Match et j’ai halluciné. « L’énigme Brad Pitt. L’homme fort de Hollywood a vaincu l’alcool mais reste célibataire ». Je vous laisse apprécier le paysage. Et je précise que lorsque j’ai enregistré cette image dans mon ordinateur, elle s’appelait « brad-pitt-sexy-mais-seul ».

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Cette couv’ est agaçante. Déjà, ça sous-entend que c’est incroyable d’être célibataire quand on est considéré comme beau. Il est apparemment impensable de choisir le célibat quand on est sexy comme Brad Pitt. Comme si la beauté et le succès permettaient forcément de trouver l’amour. Mais le pire ce n’est pas ça. Le pire, c’est que personne n’a pensé à Paris Match que peut-être que justement quand on devient sobre, on n’a pas envie de s’acoquiner avec n’importe qui. Peut-être qu’on a envie de rencontrer une personne qui partage notre sobriété ou qui consomme modérément de l’alcool. Or, à Hollywood, il n’y a que ça, des gens qui boivent et qui font la fête, Brad Pitt a sans doute raison d’être seul, de se concentrer sur sa santé plutôt que de se mettre en couple avec n’importe qui juste pour ne pas être seul…

Quand on choisit la sobriété totale ou la modération, tout change dans les rapports de séduction. Lors d’un premier rencard, on boit souvent un verre de vin ou autre, pour se détendre, pour partager un moment convivial, pour se rapprocher, aussi. Quand on ne boit pas, c’est assez désagréable de sentir l’autre être grisé par le vin alors que toi tu es sobre, avec les idées claires (et le trac, parfois!). Sans alcool, on est soi-même et on voit les autres tels qu’ils sont. C’est un bon baromètre je trouve, quand un homme me dit « Tu ne bois pas ? T’es vegan et tu ne bois pas, d’accord, je vois le genre… » (le genre qui tient à sa santé et à la santé de la planète, connard!), je sais que je n’ai plus qu’à fuir au premier prétexte. Je vois tout de suite les hommes qui sont intéressés par la sobriété, ceux qui questionnent leur rapport à l’alcool, ceux qui sont admiratifs, parce que oui, c’est admirable d’être sobre dans une société qui nous encourage à consommer chaque jour davantage (pas que de l’alcool, par ailleurs).

Je suis célibataire et j’aimerais rencontrer quelqu’un qui consomme modérément de l’alcool comme moi. Ou quelqu’un de sobre à 100%. Je n’envisage pas du tout de me mettre en couple avec un mec qui a besoin d’évacuer le stress de la semaine en picolant comme un connard tous les week-ends, ou quelqu’un qui prend un verre à chaque repas, ça non plus, ça ne m’intéresserait pas du tout. Globalement, je dirais que j’aimerais rencontrer quelqu’un de sain d’esprit et de corps. Parce que je fais du sport alors un mec avec un bide de bière, bof. Ce n’est pas si facile de trouver une personne qui partage ton mode de vie et tes valeurs. Et je ne suis qu’une femme lambda, alors imaginez Brad Pitt qui est sous le feu des projecteurs…Je ne sais même pas pourquoi je me plains !

LA mauvaise idée

Vous vous souvenez quand je vous ai dit que je voulais devenir Miss Margarita ? J’étais déterminée à apprendre à fabriquer mon cocktail préféré, j’avais tout ce qu’il faut : de la tequila silver, du triple sec, du citron vert, du sel, un shaker, un robot trop bien pour faire de la glace pilée, la totale ! Un soir de décembre entre le 25 et le 31, je me suis lancée un peu par ennui et par défi, je n’avais pas spécialement envie de boire un verre, je pensais pouvoir réussir ce cocktail et immortaliser le moment pour Instagram (ambitieuse, j’étais).

Dans la réalité, que s’est-il passé ? Eh bien, déjà, j’ai trouvé des dizaines de recettes différentes, j’ai été incapable de choisir et quand j’ai jeté mon dévolu tant bien que mal sur l’une d’elle, je me suis rendue à l’évidence : je n’ai aucune idée de ce que signifie « 3cl ». Il s’avère que j’ai des élements de mesure mais américains parce que je cuisine quasi exclusivement des recettes trouvées sur des sites outre-Atlantique (qui dit « outre-Atlantique » en 2020 à part ton grand-père et moi?). Le shaker n’était d’aucune aide non plus, il n’y avait rien dessus, que dalle. Heureusement j’ai trouvé une recette qui parlait de proportions, si je me souviens bien c’était 7 parts de tequila contre 3 parts de triple sec. Persuadée d’être sortie d’affaire, j’ai sorti une cuillère à soupe pour calculer tout ça mais je me suis retrouvée avec un micro cocktail : il n’y avait rien à boire… Lasse et désormais excitée à l’idée de boire cette hypothétique margarita, j’ai fini par utiliser un verre à shooters mémorable acheté en Pologne (je vous passe les détails du voyage) pour terminer ma besogne. J’ai ajouté le glace pilée dans le shaker, parce que mon ambition était carrément de faire une frozen margarita, oui, oui ! J’étais seule dans la cuisine mais je me la suis racontée de ouf quand j’ai secoué le shaker, comme si j’avais une horde de fans devant moi. Et…je me suis retrouvée avec l’équivalent de deux margaritas et… j’étais seule. J’ai donc appelé voisin A qui boit tous les deux jours au minimum et qui est toujours partant pour passer un moment en charmante compagnie (ce ne sont pas mes mots mais les siens, il ne le sait pas mais avec voisin B on l’appelle « l’apprenti lover »).

C’était la margarita la pire de ma vie. Imbuvable, et il a fallu la finir pour ne pas gâcher. Bon, c’est pas vraiment vrai, j’ai fini parce qu’à chaque gorgée je me disais « Non mais c’est incroyable, ça ne ressemble en rien à ce que j’ai bu dans ce super resto mexican dans l’East Village… ». J’étais sidérée d’être aussi nulle en cocktails. On ne peut pas être bons partout mais tout de même… C’était limite vexant, j’avais le sentiment de boire de l’alcool à 90°, je n’avais pourtant aucune plaie à cicatriser, si ce n’est celle de mon ego mortifié. Je ne sais pas faire de margarita, ouiiiiiiiiiiin. Puis je me suis souvenue que 1 /Je n’ai jamais su faire aucun cocktail, je me suis toujours arrangée pour qu’un charmant jeune homme s’en charge 2 / être barmaid, c’est un métier, en fait. Je peux donc ajouter « barmaid » à la liste des métiers pour lesquels je n’aurais aucun talent…

Conclusion : voisin A a récupéré (décidément) mes bouteilles, et je vais boire une margarita dans un bar spécialisé dans les cocktails mardi soir. Je vous raconterai (ou pas, on verra).

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Parce que la modération est possible

J’ai publié un petit blabla en anglais sur mon Insta pour parler de ces six derniers mois de sobriété. Certes, j’ai bu un peu d’alcool, je n’ai pas été 100% sobre. Mais comme je l’ai expliqué ici et là-bas, j’ai changé en six mois. Je pense que c’est assez naturel de voir l’alcool comme un poison quand on a énormément de mauvais souvenirs, quand la dernière beuverie est floue et qu’on n’est vraiment pas fière de soi. Je ne pensais pas pouvoir boire modérément, j’avais peur de retomber dans ce truc de boire au moins trois verres et de finir en gueule de bois. Rappelons le titre de ce blog ! Je ne veux plus jamais de gueule de bois ! Alors j’avais peur, je n’avais aucune confiance en moi, j’imaginais qu’il m’était impossible de changer d’état d’esprit par rapport à l’alcool. Comme beaucoup de personnes qui arrêtent l’alcool, je voyais la modération comme impensable et même dangereuse. Et puis, il faut l’avouer, à force de lire que la modération n’était pas une option, j’ai fini par le croire. J’ai succombé à la pensée la plus populaire…

Pourtant, je fume modérément, je sais que la modération, c’est quelque chose que je peux et que je sais faire. Je ne sais même pas pourquoi je doutais de moi comme ça ! Pendant des années, dix-sept ans, si je me souviens bien, j’ai fumé un paquet de Camel par jour, parfois deux (quand j’étais ivre héhé). Je fume en vacances ou quand je vois quelqu’un qui fume et que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je dirais que je fume tous les deux ou trois mois environ. Puis j’arrête facilement parce que je n’y pense pas, je ne sais pas comment l’expliquer autrement.

Quand j’ai publié ce blabla sur Insta, une personne sobre est venue me parler en DM, elle m’a dit « Vraiment Pandora, tu crois à la modération ? Tu es sûre de toi ? Parce que moi je ne pourrais pas, impossible ! ». Je sais que ce commentaire se voulait bienveillant mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser « Aïe, elle parle d’elle, pas de moi ! ». Le fait que j’écrive que je suis capable d’être sobre déclenche chez elle une réaction de protection parce que POUR ELLE, la modération, ce n’est pas possible (du moins, c’est ce qu’elle croit). Ce questionnement était un reflet de ses propres limitations, pas des miennes. C’est assez classique, faites le test autour de vous, les autres expriment toujours leurs propres peurs quand il s’insurgent.

Nos croyances nous limitent. Si tu crois que l’alcool est un poison, il est probable que jamais tu ne tenteras de boire un seul verre de vin en bonne compagnie… parce que tu es persuadé.e que l’alcool, c’est le diable incarné et que succomber à un seul verre fera de toi un loser. Nos croyances forment notre réalité. Tout est question de perception !  Quand j’ai compris que j’étais en train de m’enfermer dans un raisonnement binaire avec cette idée que seule l’absence totale d’alcool dans ma vie pourrait me correspondre, j’ai vécu cette expérience comme quelque chose de très fort, de spirituel. Depuis quand, moi, Pandora, je ne peux pas faire exactement tout ce que je veux ? Je suis forte, je suis unique, je sais ce que je fais, évidemment que je peux boire un seul verre par plaisir !

Ai-je envie de me transformer en cette personne qui dit « ça c’est bien » ou « ça c’est mal ! » ? Non, chacun est libre de croire en ce qu’il veut ! Mais je ne vais pas me limiter à ce que j’entends dans les cercles sobres. Si toi tu penses que l’alcool est le diable, fais comme tu veux. Mais moi je boirai un verre de temps en temps, quand j’en ai vraiment envie parce que POUR MOI, je crois à la modération. Par rapport à ma personnalité, mon histoire, mon chemin de vie, je sais que c’est ce qui est bon POUR MOI. J’ai acheté de la tequila et du triple sec dans le but de me faire ma propre margarita et les bouteilles sont là, dans la cuisine. Je les ouvrirai quand j’aurais retrouvé mon shaker et quand j’aurais fait de la glace pilée avec mon super robot. Pour le moment, je n’en ressens aucune envie. Je ne règle plus mes problèmes avec l’alcool, voilà pourquoi. Je ne cache plus mes émotions derrière un cocktail, j’affronte ma vie. Je sais bien que ça parait simple dis comme ça et… ça l’est ! 😉

 

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Miss Margarita

Je n’avais pas bu d’alcool fort depuis presque six mois quand j’ai commandé une margarita (pas la pizza, le cocktail huhu) au bar du Public Hotel à New York. J’étais avec ma meilleure amie que je n’avais pas vu depuis sept mois, nous étions heureuses d’aller pour la première fois ensemble tout en haut d’un building pour profiter d’une vue aussi exceptionnelle. Je n’étais pas obligée de commander un cocktail mais j’en avais envie, tout simplement. Ce serait un seul cocktail, pas deux. Pas n’importe quel cocktail, celui que je préfère ! Et puis honnêtement quand on a une telle vue, comment ne pas célébrer ça ?

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On a trinqué et j’ai eu peur d’avoir la tête qui tourne tout de suite. Ce n’est pas ce qui s’est passé parce que j’ai bu lentement. J’ai apprécié chaque goutte de ce doux breuvage, il n’y a qu’aux Etats-Unis que je bois de bonnes margaritas, en France, personne ne sait les faire !! Avant, je buvais vite, je cherchais l’ivresse à tout prix. Ce soir-là, j’ai pris du plaisir à boire. C’était délicieux, j’étais à New York, c’était une occasion en or !

Le lendemain, ma meilleure amie est repartie chez elle, je me suis retrouvée seule et j’ai eu envie de boire une autre margarita, pour voir si seule, j’étais capable d’être aussi raisonnable. Je suis allée dans un resto mexicain et j’ai pris une margarita et des nachos au bar. Une inconnue est venue s’installer à côté de moi et m’a demandé si le cocktail était bon, j’ai répondu oui et elle a commandé la même chose. Nous avons trinqué. Parlé un peu. C’était la meilleure margarita de ma vie, servie par un beau jeune homme qui me faisait penser à Johnny Depp dans 21 jump street, avec cette espèce de mèche qui tombe sur le visage, de beaux cheveux bruns. Parfois, le bonheur c’est ça : prendre un verre seule dans un autre pays, un bon repas, un serveur joli à regarder, un moment suspendu, assez banal finalement mais qui restera gravé. Je n’ai même pas pensé à prendre un deuxième verre. Je suis rentrée à pied, émerveillée d’avoir encore une fois la chance de me promener dans cette ville que j’aime tant, qui fait tant partie de ma vie, pour laquelle j’ai un amour infini. J’ai super bien dormi cette nuit-là !

Depuis que je suis de retour en France, je n’ai pas envie de boire de l’alcool, pourtant en période de fêtes, c’est un sujet récurrent, les Français ne vont faire que ça, boire, tout le mois de décembre… Je l’ai écrit plein de fois ici, je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, je buvais de la bière pour minimiser les dégâts, parce que boire du gin ou de la vodka tous les week-ends, ça coûte cher et c’est pire encore pour le foie. Mais j’ai toujours aimé boire une margarita, c’est peut-être con mais je trouve que c’est un cocktail viril, ce n’est pas ces cocktails sucrés faits pour les femmes, il y a du sel sur le rebord du verre ! Il y a quelque chose de sexy dans une margarita, je ne sais pas trop comment l’expliquer. Le mélange de tequila et de triple sec, c’est vraiment une réussite, ils sont intelligents les Mexicains ! J’aimerais bien, de temps en temps, boire mon cocktail préféré. Alors j’ai acheté de la tequila et du triple sec, du citron vert et un jour, quand j’en aurais envie, je prendrai mon shaker et je tenterai l’aventure ! La dernière étape de l’année, c’est de savoir si je peux boire un verre, un seul, chez moi. Je pense que je vais boire une margarita le 31 parce que je ne vais évidemment pas sortir. Je veux être la fille qui ne boit pas, sauf une bonne margarita trois ou quatre fois par an. Appelez-moi « Miss Margarita » 🙂

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From dawn to dusk

Ce matin, je me suis levée à 7h, surexcitée, impossible de me rendormir. Alors, je me suis levée et je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de me faire un vrai chocolat chaud avec du pain et du beurre (végétal of course). Petit-déjeuner très français. Mais je n’avais pas de chocolat ni de lait de noisette (le meilleur pour faire un chocolat chaud intense). Le supermarché à côté de chez moi ouvre à 8h30, je me suis surprise à attendre l’ouverture comme un enfant le matin de Noël et… je n’étais pas seule. Autour de moi, uniquement des hommes. Ils n’avaient pas tous le même âge, le premier devait avoir la cinquantaine mais rien n’est moins sûr, l’alcoolisme, ça abîme tellement que si ça se trouve il n’avait que quarante ans, peut-être moins. Ils étaient quatre à attendre comme moi, l’un regardait le sol en faisant les cent pas, l’autre essayait de communiquer avec le troisième et le quatrième tremblait littéralement. Ils étaient tous en manque et moi j’étais là, un grand sourire sur les lèvres avec mon manteau en fausse fourrure et mes petites bottines chic, la scène avait quelque chose de cocasse.

Une fois à l’intérieur, j’ai pris les produits que je cherchais et arrivée à la caisse, j’ai complimenté la caissière qui avait un rouge à lèvres rouge vermillon qui convenait parfaitement à son teint de porcelaine (il faut toujours se complimenter entre femmes, on en a besoin!), elle s’est mise à rougir alors pour casser l’ambiance je lui ai dit à voix basse, en parlant de l’un des hommes qui passait à une caisse plus loin avec deux cannettes de 8.6 « Ils viennent tous les matins ?… ». Elle m’a expliqué que les mêmes hommes venaient tous les matins, elle a ajouté « parfois il y a des femmes aussi ». Elle disait que c’étaient toujours les mêmes, les habitués, ceux qui faisaient tourner le supermarché. J’ai demandé si elle n’exagérait pas un peu, tout de même. Elle a conclu par « Si nous ne vendions pas d’alcool, nous ferions faillite ! ». Elle était très sérieuse !

De retour à la maison, alors que les carrés de chocolat noir fondaient au fond de la casserole, je me suis demandée comment on pouvait en arriver à boire dès le matin. J’ai ajouté le lait de noisette et une pincée de cannelle parce que la cannelle c’est la vie et je me suis félicité de n’avoir jamais bu à ce point, puis en versant mon chocolat chaud dans une tasse à mon prénom, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour ces gens. Puis j’ai pensé « On ne peut pas sauver tout le monde, seulement soi-même ! ». J’ai trempé ma tartine de pain grillé dans ma tasse de chocolat et j’ai dit à voix haute « Le chocolat, c’est quand même une drogue moins dangereuse ! » (facile à dire quand on n’a pas de problème d’obésité, tu me diras…).

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Mon avis sur les boissons gazéifiées Freez Mix

J’avais vu ces boissons coloréés au design fun et raffiné passer sur mon fil Insta et j’avais hâte de goûter une boisson Freez Mix mais… impossible d’en trouver vers chez moi (en Normandie). Puis un soir, je trouve par hasard ces jolies bouteilles en verre colorées … au kébab ! Le pauvre vendeur n’a pas compris, j’ai juste pris une bouteille de Blue Hawaï et j’ai fui ! Difficile de choisir, entre les saveurs « Ananas-coco », « citron-gingembre », « mojito-fraise », « kiwi-lime », il y avait au moins dix saveurs qui m’attendaient et j’avais envie de tout goûter mais j’ai jeté mon dévolu sur la Blue Hawaï parce que… regardez-moi cette couleur !

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Qu’est-ce-que c’est que ce truc, Blue Hawaï ? Bonne question. Il s’agit d’un goût fruits exotiques, c’est ce qui est indiqué sur la bouteille. Personnellement, j’ai adoré le goût qui m’a rappelé le Kola Champane et le Royal Soda qu’on boit aux Antilles. Quelques gorgées et le soleil entre dans ton corps anesthésié par le froid, c’est magique ! J’ai envie de goûter toutes les saveurs désormais et c’est prévu. Niveau calories, on est sur 80 pour la bouteille de 275ml, c’est tout à fait correct, moins qu’une bière. C’est sucré, mais justement une seule bouteille suffit, c’est l’avantage. On ne va pas boire trois bouteilles d’affilée, c’est plus une boisson plaisir et régressive, ces parfums très fruités c’est un peu un retour en enfance, c’est un peu un bonbon liquide en fait ! Et c’est sans colorant et sans édulcorant ! (ne me demandez pas comment ils font ce bleu, aucune idée).

D’après ce que j’ai compris, Freez Mix existe depuis 2009 mais la boisson a été repensée et renommée il y a deux ans environ. Aujourd’hui, Freez Mix c’est avant tout une étiquette stylée qu’on reconnaît tout de suite, une belle bouteille en verre, des parfums diversifiés qu’on ne trouve nulle part ailleurs (litchi, pomme-raisin, fruits des bois, la liste est longue!), la cible principale c’est les jeunes, évidemment. Mais pour les grands enfants sobres qui aiment les fruits et le sucre, c’est très bien aussi ! En terme de prix, c’est aussi très accessible, je crois que j’ai payé mon Blue Litchi 1,50€ (je ne me souviens plus mais pas plus de 2€).  Si j’ai trouvé Freez Mix dans un kébab, j’imagine que vous en trouverez au même endroit ? Apparemment, les bouteilles sont disponibles dans certains Cora et dans les Auchan d’île-de-France. Pour trouver les points de vente, je vous invite à vous rendre sur leur site. Ils ont aussi un compte Insta @freez-mix !

Vous l’aurez compris, j’adore ! Gros coup de coeur ❤

Comment choisir ? Bonne question !
Comment choisir ? Bonne question !

J’ai bu une Despé (tu as bien lu)

Je suis entrée l’été dernier dans le merveilleux monde de la sobriété très enthousiaste, et il y a de quoi ! C’est libérateur de se poser les bonnes questions, pourquoi je bois alors que je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool? Je cherche à fuir quoi ? Suis-je dépendante psychologiquement de la bouteille de gin ? Chaque dimanche sans gueule de bois est une victoire, je ne me suis jamais trouvée aussi belle que depuis que je ne bois plus, adieu les cernes, le teint brouillé, les yeux secs. Sans alcool, le dimanche c’est pancakes maison et smoothie et non pas hamburger et frites industriels, j’imagine que ça participe aussi à avoir meilleure mine 🙂 Une nouvelle vie.

Au départ, j’avais vraiment dans l’idée de ne plus jamais boire. Je suis assez radicale comme fille. La demi-mesure, très peu pour moi. Puis, j’ai commencé à être agacée par les blogueuses sobres qui expliquaient qu’il ne fallait plus jamais boire une goutte d’alcool, parce que l’alcool c’est le diable, l’une d’elles disait même que les challenges un mois sans alcool de type 1000 hours dry ou Dry january ne servaient à rien. Je trouvais ce discours vraiment intolérant, comme ces vegans (je suis moi-même vegan, rappelons-le) qui refusent de s’attabler avec des mangeurs de viande… Je comprends qu’on refuse l’alcool à tout jamais mais c’est personnel comme démarche, ce n’est pas parce que toi tu ne bois plus que tout le monde doit t’imiter. Je sais bien que certains alcooliques ne peuvent et ne doivent surtout pas reboire une goutte d’alcool, j’ai déjà parlé de mon copain virtuel anglais qui est en cure, actuellement sous médicaments et suivi par un thérapeute, dans son cas, il est évident que reboire une goutte d’alcool c’est signer pour un retour au n’importe quoi, aux excès, aux gueules de bois hebdomadaires. Mais je savais que moi, Pandora, je pouvais reboire un verre de temps en temps. Je cherchais juste l’occasion de le faire. J’étais curieuse de voir l’effet que produirait l’alcool sur mon organisme, je voulais aussi me rassurer : étais-je bien capable de boire un seul verre ? Ou … était-ce possible que je sois dans le déni ?

J’en ai parlé à mon pote K. qui m’a dit « C’est peut-être mieux si tu bois une bière, non ? ». Moi je voulais boire un cocktail stylé genre Manhattan ou Sex on the beach. Mais il avait raison ce petit con. Il s’avère que le mec que je vois en ce moment a apporté une canette de Despé chez moi, c’était le bon moment. La première gorgée ne m’a rien fait, aucune émotion, aucune sensation, j’étais presque déçue. J’aime bien le goût de la Despé mais rapidement j’ai eu mal au ventre, je ne bois jamais de bulles… Je n’ai jamais bu aussi lentement de ma vie, moi qui buvais deux gin tonic à la demi heure… J’ai mis deux heures à finir cette bière. J’ai eu du mal à la finir, je l’ai fait par automatisme. Et j’ai compris les blogueuses sobres qui me fatiguent. Je savais déjà que je n’avais plus besoin de boire. Ce que je ne savais pas, c’est que je n’avais plus envie de boire non plus. Pourquoi se forcer à boire un verre pour faire comme tout le monde alors qu’on pourrait rester à l’eau minérale ? Je vois bien pourquoi je voulais absolument me prouver que je pouvais boire avec modération mais… je n’ai plus envie d’alcool. Je n’ai pas aimé avoir la tête qui tourne avec la Despé, je n’ai pas aimé avoir mal au ventre, les premières gorgées ça allait mais au bout d’un moment ça m’a dégoûtée. L’alcool et moi, je crois que c’est vraiment fini (mais je n’ai jamais de certitudes).

Contrairement aux blogueuses sobres anglo saxonnes, je pense que c’est très utile de participer à des challenges sans alcool. Parce qu’après un mois sans alcool, tu te rends compte que tu n’as plus besoin de ça dans ta vie. La première gorgée après un mois sobre te fait tourner la tête, rapidement tu constates que ce n’est pas bon pour ton corps, tout simplement. C’est l’effet que m’a fait cette Despé : ça n’apporte rien de positif à mon corps. Il faut croire que je suis moins atteinte psychologiquement que ce que je pensais. Je sais que l’alcool m’a apporté de bons souvenirs mais c’est du passé. Je suis grande, maintenant, je peux et je sais m’amuser autrement. Enchaîner les verres comme je le faisais me paraît absurde aujourd’hui. Je ne suis plus la même personne. La vie sans gueule de bois est une vie paisible. On peut avoir une vie paisible sans se faire chier, c’est ce que je découvre. Mais je n’oublie pas que c’est mon chemin à moi, c’est personnel, et je ne force personne à me suivre. Je partage mon expérience, voilà tout. Un peu de tolérance dans ce monde de putes. Nous en avons cruellement besoin !

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Putain de hippie

Ce matin, j’ai opté pour une smiling meditation. Le simple fait de l’écrire me fait rire parce que j’imagine mon moi d’il y a cinq ans en train de hurler « Haha mais n’importe quoi ! Méditer déjà c’est complètement fucked up mais méditer avec le sourire putain mais ces enfoirés de hippies ne savent plus quoi inventer ! ». Je ne suis pas devenue hippie mais je prends tout ce qui me permet de mettre de la paix et de la joie dans mon quotidien. C’est vrai que je suis un cliché, j’en ai conscience, je ne bois plus, je ne fume plus, je ne crois plus à la monogamie, je médite, je fais du fitness/yoga/pilates. Hippie des temps modernes. Il ne manquerait plus que je me mette au tantrisme et on est bon haha (mais ça n’arrivera pas). Je vous rassure, il y a encore des jours où je suis en colère et même des jours où j’ai envie de foutre des pains dans la gueule. Être en paix avec soi, ça ne veut pas dire ne plus rien ressentir de négatif, ça veut surtout dire « mieux gérer le négatif ». L’accepter puis le foutre à la porte. Ciao !

Ce mois-ci, quatre personnes du passé ont tenté un coming back dans ma vie. Vous avez remarqué que c’est toujours à la même saison (l’automne) que les fuckboys d’antan se rappellent à ton bon souvenir ? J’ai ignoré les trois specimen masculins en pensant « Nice try » mais j’ai répondu à la quatrième personne, une amie du lycée. Nous nous sommes parlées pendant cinq heures. Comme quand on est ado et qu’on passe sa vie au téléphone. Je ne sais pas comment j’ai fait pour vivre sans elle toutes ces années. Nos vies n’ont pas du tout pris le même chemin, elle vit à la campagne dans le Sud (ma définition de l’enfer), elle a deux enfants (idem), elle vit dans une grande maison qu’elle a retapée et qui n’est pas terminée (donnez-moi une corde). Pourtant, on se comprend. On se respecte. On s’écoute. On cherche la même chose, la bienveillance envers soi et les autres, se cultiver inlassablement, apprendre, sortir de notre zone de confort. Elle s’est mise à la boxe et j’ai trouvé ça badass !

Elle m’a envoyé des photos de nous quand on avait 19 ou 20 ans et sur quasiment toutes les photos on est hilares. Tout était prétexte à la rigolade ces années-là. On faisait un crumble aux pommes, on se trompait dans les mesures, c’était immangeable, fou rire. On n’avait plus rien à fumer alors on récupérait le tabac des cigarettes écrasées dans le cendrier pour en faire une roulée et c’était dégueulasse, fou rire. On utilisait l’argent que nos parents nous donnaient pour le déjeuner pour acheter un paquet de clopes si bien qu’on se retrouvait à manger une demi baguette et c’est tout, fou rire. Même les peines de cœur étaient prétextes à des fous rires, tout était léger, on expérimentait, on essayait d’être adultes (le sommes-nous aujourd’hui ? Pas sûr…). En grandissant on a arrêté de rire, on a perdu cette insouciance. 28% des personnes âgées de 18 à 24 ans déclarent rire plus de 10 fois par jour. Les plus de 65 ans c’est moins d’une fois par jour ! Plus on vieillit, moins on rit, c’est l’affreuse réalité. Alors on a décidé que j’allais descendre dans le Sud, on va faire une soirée pyjama en écoutant Deftones et en mangeant des poires au chocolat. Comme avant. En attendant, je n’ai pas honte de vous annoncer que je pratique la méditation du sourire intérieur. (Fuck, je suis une putain de hippie).

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Une autre époque

En novembre 2015, juste après les attentats du Bataclan, j’ai eu besoin de fuir la capitale… Cette fameuse nuit, je l’ai passée à prier pour A. et S. qui étaient au concert des Eagles of Death Metal. Heure après heure on a suivi leur progression pour échapper aux terroristes, attendus leurs SMS un verre de whisky à la main pour supporter notre impuissance, d’abord les toilettes puis cachés chez un habitant puis sains et saufs sur le toit. Le soulagement immense de les savoir vivants tous les deux. La joie mêlée aux larmes. D’autres couples n’ont pas eu cette chance…Si j’ai quitté Paris, c’est aussi parce que j’ai été (moi aussi) traumatisée par la vague d’attentats qui a sévi pas seulement dans ma ville, mais au cœur de mon quartier.

J’ai fui Paris, donc. Pour aller dans ma deuxième ville préférée au monde, j’ai nommée New York. C’était très étrange, il faisait 15 degrés en moyenne, j’étais en robe et manteau léger, il y avait du soleil, ça contrastait avec Paris, comme si j’étais vraiment ailleurs, sur une autre planète…

Un soir, après avoir marché encore quinze kilomètres dans la journée, j’ai décidé d’aller au Campbell Apartment, un speakeasy caché dans la gare de Grand Central. Il y avait un dress code alors j’ai enfilé une jolie robe chic et j’ai mis des talons (avec lesquels j’ai marché pendant trois ou quatre blocks au retour, ivre et sous la pluie, grrrrrr).

Le Campbell Apartment c’était cet établissement confidentiel dont tout le monde avait entendu parlé mais peu avaient eu la chance d’y mettre les pieds, c’est vrai qu’il n’était pas facile à trouver ! J’avais suivi les indications d’un New Yorkais pour être certaine de ne pas passer à côté. Je n’aime pas aller dans des bars seule mais là, c’était différent. L’atmosphère s’y prêtait. Les lumières étaient tamisées, le décor intimiste et chaleureux avec ses tabourets rouges et ses larges banquettes sombres ; à peine entrée, je savais que je n’aurais pas envie de repartir avant des heures… Je me suis installée au bar toute seule, un grand sourire sur les lèvres, ça ressemblait à ça.

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Inutile de m’attarder sur le fait que j’ai bu deux cocktails et que c’était beaucoup trop pour mon petit corps. Cocktails délicieux (bon en même temps ils coûtaient le PIB de la Somalie donc heureusement j’ai envie de dire). A l’époque j’avais Facebook et en rentrant à l’hôtel je m’étais fait plein de nouveaux « amis », j’avais refait le monde avec une fille canon dont j’ai oublié le nom, refusé les avances d’un certain John, après deux heures à lui parler j’ai fini par révéler, hilare, que j’avais un copain ! Tout ça, on s’en fout un peu.

Ce bar était une merveille, le Monsieur qui avait préparé mes cocktails était un véritable personnage de roman, c’était agréable d’être entourée par des hommes en costume et jolis souliers, ça change des baskets que tout le monde porte partout, en permanence. Ce soir-là j’avais goûté à des cocktails d’une autre époque (c’était leur slogan) dans un lieu unique, hors du temps.

Quelques mois plus tard, le bar avait fermé dans l’incompréhension générale, une histoire de bail qui arrive à sa fin, puis une bataille juridique entre l’ancien propriétaire et le nouveau, un millionnaire qui possède déjà des bars dans New York qui se ressemblent tous par ailleurs…

Le bar a rouvert en 2017 sous le nom de The Campbell, aujourd’hui, plus de lumières tamisées, plus de dress code, « Nous ne voulons plus que cette adresse soit secrète, nous voulons que ce soit un lieu plus inclusif ». Bon, en gros il veulent faire plus de tunes quoi, on a compris, c’est ce que le mot « inclusif » veut dire de nos jours, ne pas y voir de la tolérance là où il n’y a que des gros sous en jeu. Aujourd’hui, il y a plein de touristes en short et casquette au Campbell, avant il y avait surtout des New Yorkais élégants. C’est comme ça, les temps changent, les millionnaires rachètent des villes entières et y construisent des lieux qui se ressemblent tous, comment David peut-il lutter contre Goliath ? Heureusement, il reste les souvenirs qui valent mieux qu’un « c’était mieux avant ».

Puisqu’il faut terminer sur une note positive, le nouveau Campbell propose une bière sans alcool à la carte. Mais… c’est la Heineken. Plus rien de luxueux dans ce nouvel établissement… Ils auraient pu faire un effort, merde ! Bon, l’endroit reste beau même si je préférais la version plus cosy…

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The Campbell 15 Vanderbilt Avenue New York (maintenant le bar est tellement bien indiqué de la rue que vous ne pourrez le rater, snif)

Déjà quatre mois sans alcool !

Quand j’avais la petite vingtaine, je sortais avec un musicien qui était assez taiseux. Je savais qu’il y avait quelque chose qui l’avait traumatisé pendant son enfance et j’imaginais des tas de trucs sordides jusqu’au jour où il m’a dit que son père était alcoolique. Qu’il avait passé des week-ends entiers à « baby-sitter » son père parce que sa mère était infirmière et donc souvent absente. Ce n’est pas quelque chose que j’étais capable d’imaginer. Je ne comprenais pas à quel point son enfance avait été brisée par ce père qui racontait n’importe quoi et vomissait à même le sol…L’ironie c’est que j’ai dû le porter et le mettre au lit un nombre important de fois parce qu’il avait bu de manière plus qu’excessive…Comme son père.

Dans ma famille, l’alcool est un non-sujet, ma mère est du genre à garder le contrôle en toutes circonstances et à en être fière (et à juger ceux qui ne sont pas capables de faire comme elle!), elle boit une coupette à Noël et c’est tout, mon père est le genre à se restreindre parce qu’il sait qu’il aime bien le rhum mais que ce n’est pas une bonne idée d’en boire, une bouteille lui dure des mois…Je suis leur digne fille, si je ne serai jamais aussi raisonnable que ma mère, je sais que je peux arriver à la modération comme mon père. J’ai arrêté de fumer il y a trois ans et il m’arrive de temps à autre de fumer une ou deux cigarettes quand je suis en joie (pas un paquet comme avant, juste une ou deux). Je me considère comme fumeuse abstinente, pas comme non-fumeuse. Je ne serai jamais non-fumeuse, il aurait fallu que je ne commence pas !

Nous ne sommes pas tous égaux face à l’alcool, je le comprends de plus en plus en parlant avec des alcooliques qui sont sous médicaments pour supporter le manque et pouvoir faire face aux idées noires. J’ai la chance de ne pas être en manque, mais surtout j’ai la chance de ne pas avoir des moments de déprime, de découragement ou de penser à l’alcool en permanence. Je parle toutes les semaines à un anglais qui est obsédé par l’alcool du matin au soir depuis deux mois. Il va bientôt partir en cure trois semaines pour être encadré par des psys et autres thérapeutes. Sa propre mère était alcoolique. Quand il me demande comment moi je vais, j’ai l’impression de ne pas livrer la même bataille. Je ne livre aucune bataille tout court. Je ne suis pas en conflit avec moi-même face à l’alcool, juste … je ne bois plus, en fait. Je n’y pense pas parce que c’est devenu ma réalité. Il me fallait juste prendre cette décision je crois. Je ne me sens pas non plus illégitime face à lui, moi aussi je buvais trop ! Mais il n’y a pas un seul alcoolisme, il y en a plein, c’est ça que je veux dire. J’étais dépendante psychologiquement, pas physiquement (ce qui n’est pas mieux). Une fois que j’ai compris pourquoi je buvais, arrêter m’a semblé facile. Je ne m’étais jamais penchée sur les raisons qui me poussaient à boire…

J’ai aussi la chance de ne pas avoir commencé à trop boire pour éviter de régler un traumatisme. Je n’ai pas eu une enfance difficile, à l’âge adulte, on ne peut pas dire non plus que ma vie a été difficile, certes j’ai été importunée sur mon lieu de travail à deux reprises mais j’ai pris la bonne décision : j’ai à chaque fois quitté mon poste et surtout j’ai parlé à mon entourage et même à des professionnels. Comme beaucoup, je buvais après une semaine difficile, pour me défouler (j’adorais boire seule le vendredi soir et faire un karaoke… avec moi-même). Je buvais pas mal par ennui, par habitude, le fameux effet « c’est le week-end, je me bourre la gueule » ! Je buvais quand j’étais triste, je buvais quand j’avais une promotion, toute excuse était bonne pour être ivre parce que oui l’ivresse est séduisante. La gueule de bois pas du tout, nous sommes bien d’accord. Et puis, au risque de me répéter, j’aimais faire l’amour ivre, c’est ivre que j’ai osé explorer ma sexualité, je suis toujours étonnée de constater à quel point c’est tabou d’en parler par ailleurs… Je ne parle pas des baises tu t’endors tellement tu n’es plus capable de tenir debout mais des autres, celles qui sont passionnées, puissantes et … orgasmiques ! Mes premiers orgasmes ont été vécus sous l’emprise de l’alcool pour une raison très simple : l’alcool désinhibe. Pendant des années j’ai pensé que sans alcool je serais incapable d’avoir une sexualité épanouie ou en tout cas aussi intéressante. Il m’arrivait de faire l’amour sobre bien sûr mais j’avais l’idée tenace que sous alcool la fête est plus folle (Pandora… out !). Quelle erreur… Heureusement on peut aussi avoir une sexualité de qualité sans alcool, imaginez un monde seuls les alcooliques jouissent ! (Humour). La sexualité sobre est une affirmation de soi, c’est se mettre à nu.e dans tous les sens du terme, c’est pour moi une révélation : je n’ai pas non plus besoin d’alcool pour vivre ma sexualité, encore une idée de merde, un « programme » que je m’étais foutu dans la tête. Il y a des moments de honte terribles quand on ne sait pas boire, c’est vrai. Mais il y a aussi des moments fabuleux, des souvenirs liés à l’alcool qui sont des souvenirs heureux. C’est comme tout, ce n’est jamais ni noir ou blanc.

Je ne pense pas aux années où je buvais trop le week-end (plus rarement en semaine) en dehors des fois où j’écris pour le blog. Je ne suis donc pas nostalgique mais spectatrice : ces années font partie de ma vie mais c’est à peu près tout. Elles ne définissent pas la personne que je suis (qui par ailleurs est en perpétuelle évolution). Pour me défouler, je fais du sport, je n’ai pas besoin de boire. Pour me détendre, je mets de la musique et je ferme les yeux allongée sur mon canapé ou je médite. Quand je suis triste, j’accepte cette tristesse et j’attends qu’elle passe (et elle passe toujours parce que j’ai appris à être pleine de gratitude). Je ne fais plus l’amour ivre, je fais l’amour en pleine conscience. L’arrêt de l’alcool a des répercussions sur tous les domaines de ma vie, je n’aurais jamais pensé que ce changement serait aussi drastique. Aujourd’hui je fête mes quatre mois sans alcool. Déjà 120 jours, un tiers de l’année. Je n’ai jamais eu besoin de l’alcool dans ma vie. Je traîne quelques casseroles dont je n’ai plus honte aujourd’hui, je me suis pardonnée mes excès. Je les accepte. Je reste quelqu’un d’excessif, je ne pourrais pas changer ma personnalité. J’accepte d’avoir beaucoup d’énergie et plein d’émotions et d’idées mais je n’essaie plus de me canaliser avec l’alcool, je suis comme je suis, point. Je n’aimais pas boire, j’aimais être une personne sûre d’elle. Je ne le savais pas mais je suis sûre de moi sans alcool aussi ! Ne plus boire m’aura appris à être moi-même. Et je continue d’apprendre, jour après jour…

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