Éloge de la procrastination un peu (juste un peu, promis)

Je n’ai rien foutu de la journée. Je suis obligée de le dire aussi brutalement. Rien ! Il y a des jours comme ça où on a besoin de « faire le point ». C’est ce que j’ai fait, seule, entrecoupée de moments câlins avec mes chats que vous connaissez si vous me suivez sur Instagram. Il y a quelques années, je me serais sentie coupable de ne rien faire, de ne pas avancer sur mes projets. Aujourd’hui je vis ces moments avec une grande sérénité. C’est mon état d’esprit qui a changé. Je ne laisse plus les pensées négatives envahir mon cerveau, quand l’une d’elles se présente (c’est de plus en plus rare), j’interviens direct, je suis sans pitié ! Et ça marche. Je ne manque de rien dans ma vie, je ne me plains de rien, je n’envie personne. Je pars du principe que si tu veux quelque chose, à toi de l’obtenir. Je ne peux pas envier quelqu’un que je pourrais imiter (si j’en avais envie). Avant je possédais des tas de trucs et certains m’encombrent encore. Justement aujourd’hui je pensais à tout l’espace que je pourrais libérer dans mon couloir si je donnais les vêtements que je ne porte plus. Je vais encore faire du tri, donner, faire circuler. J’aime l’idée que mes vêtements rendent le sourire à d’autres femmes.

Ma chaudière est en panne depuis quinze jours. Avant j’aurais hurlé sur tout le monde parce que ça n’avance pas. Aujourd’hui je prends mon mal en patience, je me lave dans une bassine avec une bouilloire, j’ai encore de l’eau chaude, j’ai cette chance. Demain matin j’aurai une chaudière toute neuve. Tout est question de temps. Je dis ça alors que justement je ne vois plus le temps comme avant. C’est aussi cette conception-là qui a changée pour moi. Il n’y a plus d’hier et plus de demain, uniquement ce que je vis maintenant. Là il est 20h08 par exemple. Je vis ce moment à fond. Où j’écris. Je ne me rends plus malade avec le passé, avec ces questions stériles « Et pourquoi ça n’a pas marché avec mon ex ? Et pourquoi gna gna gna ? ». Inutile. C’est comme ça, point. Rien n’est jamais acquis. On va tous mourir, ça oui, c’est certain. On a une seule vie terrestre, ça aussi. Pourquoi utiliser son énergie à ressasser ? Je ne sais pas pourquoi je faisais ça mais je sais que c’est fini. J’avais peur de l’avenir aussi. Peur de manquer, peur de ne pas réussir. Depuis que je me fous totalement de l’opinion des autres, je n’ai plus peur de réussir ou pas. J’ai déjà réussi ! « You have nothing to prove, you ARE the proof ».

Je crois que le seul moyen de ne plus avoir peur de son avenir c’est de faire ce qu’on aime et uniquement ce qu’on aime dans le présent. Quand je travaillais pour des abrutis et que j’encaissais mon chèque à la fin du mois, je n’étais pas fière de moi, je savais que je participais à un truc qui me faisait horreur. Je savais que je ne méritais pas ce chèque. Alors je consommais pour compenser. Je voyageais beaucoup non pas par plaisir mais pour fuir mon quotidien. Sur Instagram je jubilais quand je voyais plein de likes, on m’enviait « Mais tu pars encore en voyage ? ». S’ils savaient que je buvais dans l’avion parce que je me détestais et que je passais mes vacances à Instagrammer tous mes faits et gestes parce que j’étais seule… J’étais entourée et j’étais atrocement seule. Aujourd’hui, c’est l’inverse, je suis seule mais je suis en paix avec moi-même. Je sais qui je suis, je sais ce que je veux, j’ai fait des choix. Choisir, c’est renoncer. J’ai renoncé à mon confort, j’ai gagné ma liberté.

Arrêter de boire était la dernière pièce du puzzle. La boucle est bouclée. Tous les matins je me lève avec le sourire. TOUS. LES. MATINS. C’est possible. Quand ça va moins bien, je sais quoi faire. Mais ça ne dure jamais longtemps. Avant, je pouvais déprimer pendant des semaines entières, je me souviens avoir pleuré à la fenêtre de mon hôtel à Venice Beach parce qu’il pleuvait (!!). Je pleurais parce que tu comprends je suis en vacances à Los Angeles et il pleut, j’ai pas de chance. J’aimerais me foutre des baffes quand j’y repense. L’indécence dont on peut faire preuve quand on est endormi… Heureusement, je suis réveillée !

P.S : j’ai appris que les Québecois disent « egoportrait » pour « selfie ». J’adore. Tellement plus juste en français, ça exprime le ridicule de la chose. Je ne condamne pas le selfie mais oui il y a une dimension ridicule au truc, on ne peut pas le nier 🙂

2 commentaires sur “Éloge de la procrastination un peu (juste un peu, promis)

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