Le retour des terrasses

Dans une semaine jour pour jour, on nous promet un semblant de retour à ce qu’on appelle désormais « la vie d’avant ». Les restaurants vont rouvrir et avec eux les terrasses. Je me sens un peu seule quand je dis autour de moi que le 19 mai c’est au musée que je vais m’empresser de retourner. Pour la plupart de ceux à qui je pose la question, ce sont les restaurants qui manquent, et boire des verres en terrasse (on m’a aussi dit « me bourrer la gueule !!! »). Depuis le premier confinement l’année dernière, la consommation d’alcool a augmenté de 11% et ce serait encore pire pour le tabac. J’avais pour habitude de boire toute seule à la maison, pourtant je n’ai pas pensé à boire, sans doute parce que j’ai compris pourquoi je buvais. Cela dit, j’ai eu un peu plus de difficultés à gérer mon rapport à la nourriture et au début j’ai détesté faire du sport chez moi, le tapis de course à la salle me manquait tellement ! Aujourd’hui je trouverais idiot de dépenser autant d’argent pour un abonnement en salle de sport, et en même temps, c’est aussi un lieu qui permet de faire des rencontres, à méditer !

Même si ma préférence va aux musées, je dois dire que j’ai moi aussi envie de boire un bon mocktail (cocktail sans alcool) avec le retour des beaux jours, comme beaucoup d’entre nous, j’ai passé une année 2020 épouvantable, je ressens un grand besoin de communiquer et de voir de nouvelles têtes ! A Paris, on a la chance de pouvoir bénéficier d’une offre sans alcool un peu plus étendue qu’en province où le virgin mojito se révèle souvent comme seule option. Mais je n’ai pas envie d’être accompagnée d’amis buveurs parce que je n’ai pas envie de tenter le diable non plus. Il y a un dicton que j’aime beaucoup dans les cercles « sobres », c’est « Tu veux savoir qui sont tes amis ? Deviens sobre ! ». En effet, on se retrouve souvent confronté.e.s à un mur, on se sent seul.e.s, au début. Aujourd’hui, grâce à Sober Grid, l’application qui permet aux personnes sobres de créer du lien, je me sens moins seule, mais à Paris je ne connais personne avec qui boire un verre sans alcool. Sober Grid c’est super mais la plupart des personnes avec qui je communique vivent aux Etats-Unis… D’où l’intérêt de ce post : si toi aussi tu as envie de boire un verre avec quelqu’un qui ne boit plus, contacte-moi sur Insta @adieugueuledebois ou écris un commentaire, j’ai pour projet de réunir des personnes sobres à Paris, parce que l’union fait la force !

Pandora 🎈

L’une des plus belles terrasses de Paris : l’Apicius dans le 8ème

Mon avis sur la bière sans alcool Peroni Libera 0.0%

Alors que je me promenais dans les allées du Monop la bière Peroni sans alcool m’a fait de l’oeil pour plusieurs raisons : j’ai bien aimé la sobriété du packaging, plutôt élégant pour une bière, je ne connaissais pas du tout cette marque et je dirais même que je me suis fait la réflexion suivante « Mais… ils font de la bière en Italie ? ». Il faut croire que je suis inculte parce que la bière (avec alcool) Peroni Nastro Azzurro est la bière italienne la plus vendue dans le monde, depuis 2016 elle appartient au groupe Asahi qui se classe tout de même 7ème au rang mondial en termes de ventes en volume avec une part de marché de 3%.

La Peroni Libera n’est pas censée être sa version sans alcool, son goût est très différent du best seller d’après les puristes. Si elle ne sent pas super bon, j’ai été agréablement surprise à la dégustation de cette Libera qui a une jolie couleur dorée pâle et dont la saveur citron se fait sentir tout de suite, ce sera un breuvage parfait pour les beaux jours. D’après un ami venu la déguster chez moi, « Elle a le goût d’une vraie bière » (une lager, en l’occurrence). C’est vrai qu’on peut apprécier l’effervescence caractéristique d’une bière et son goût peu sucré, c’est un argument marketing puisque écrit sur le pack « 70 calories la bouteille de 330ml ». C’est un autre élément appréciable. Globalement je dirais que c’est une bière sans alcool qui peut plaire à ceux qui n’aiment pas la bière parce qu’elle n’est pas forte en goût, elle n’est pas trop amère, ce qui peut en décourager certains, elle est « passe-partout » si j’ose dire.

Chez Monoprix les 6 bouteilles de 330ml sont vendues 5,90€ ce que je trouve correct, on est à mon sens sur de la bière sans alcool qui fait illusion, on n’aura aucun mal à la faire goûter à nos amis qui seront surpris, on est sur autre chose que ces bières sans alcool certes moins chères et très populaires (comme la Tourtel Twist par exemple) qui sont très sucrées et peu appréciées des véritables amateurs de bières. De plus, le packaging ressemble vraiment à celui d’une bière, on ne dirait pas du Champomy version bière (attention j’adore le Champomy mais vous voyez ce que je veux dire, ça fait « adulte » et « sérieux », on n’aura pas « honte » de mettre cette bière sur la table!).

Si vous l’avez goûtée, dites-moi ce que vous en pensez 🙂

Un an après…

Je suis si sereine plus d’un an après avoir pris cette belle décision. Arrêter de boire de l’alcool dans une société qui fait tout pour qu’on consomme jour après jour sans jamais se poser de questions. L’alcool, ce fléau pour la santé mentale des femmes, aujourd’hui on le sait, pourtant on n’en parle pas trop… C’est l’image populaire de la mère de famille épuisée qui, après avoir couché les gosses, se sert un petit verre de vin. J’ai une copine qui faisait ça tous les soirs sans se considérer comme alcoolique pour autant, jusqu’au jour où il n’y a plus eu de vin et elle a commencé à paniquer, tout était fermé, comment allait-elle faire ?

Je crois qu’il y a définitivement plusieurs alcoolismes, pas une seule définition, et que tous sont néfastes pour les femmes qui sont déjà les proies des hommes dans l’espace public. L’autre jour je me faisais la réflexion que si je n’avais pas commencé l’alcool, j’aurais subi moins de sifflements, moins d’attouchements dans les bars, que j’aurais subi moins d’emmerdes ! Ivres on ne se rend compte de rien, on laisse faire… Et puis on pense que c’est de notre faute, c’est ce que tout le monde pense de la fille ivre qui a subi un viol, elle n’avait pas à boire ! Comme si boire signifiait qu’on consent à un rapport, c’est absurde mais les clichés sont tenaces… L’alcool nous rend vulnérables alors que nous sommes déjà vulnérables.

Depuis que je ne bois plus, moi qui suis introvertie et hypersensible (la double peine, diront certains), j’ose m’affirmer. Maintenant je dis que je ne bois pas d’alcool, lors d’un date je prends une bière sans alcool, je ne bois plus de panaché, je ne veux plus « faire plaisir », pardonnez ma vulgarité mais j’en ai rien à foutre de ce que pensent les autres, je suis ma ligne de conduite, je ne m’excuse pas d’avoir arrêté de boire, je ne m’excuse plus de rien. J’ai remarqué qu’avec mon attitude super badass, personne ne me demande pourquoi je ne bois plus. Et si on me le demandait, je dirais tout simplement qu’avant je buvais puis j’ai arrêté parce que je suis trop vieille pour les gueules de bois, ce qui n’est pas faux. Je compte être une belle petite vieille en bonne santé !

L’autre jour, j’étais à Etretat, il faisait beau, j’étais en charmante compagnie, j’ai bu une excellente bière sans alcool, la Jupiler 0,0% qui a été élue meilleure bière sans alcool en 2018 (je ne retrouve plus le lien !). J’étais heureuse, bêtement heureuse, un large sourire sur le visage, je savourais chaque gorgée de ce doux breuvage. Avant, je faisais tout vite, maintenant je prends mon temps. C’est ça que l’arrêt de l’alcool a provoqué en moi. J’ai bu lentement, j’ai regardé les mouettes voler, j’ai regardé le ciel bleu et les rayons du soleil qui le traversaient et en silence j’ai pensé que j’étais fière de moi, fière d’être capable d’apprécier la lenteur de ces moments, moi qui dans une ancienne vie était une « femme pressée » (référence à Noir Désir, oui). Quand j’ai des moments down, je me rappelle que j’ai mille raisons d’être fière de moi, la première c’est ma sobriété. Sur Instagram, j’ai lu « I was lost, I found alcohol. I lost alcohol, I found myself ». Je crois que cette phrase résume bien mon parcours. Et sans doute celui de beaucoup de femmes. J’en profite pour remercier celles qui m’écrivent, qui me font part de leur témoignage, qui se livrent à moi comme je le fais ici sur mon blog. Vos messages me prouvent que j’ai bien fait, il y a un peu plus d’un an, d’entamer la conversation sur le sujet. Merci à toutes !

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Mon avis sur la bière Desperados sans alcool Virgin 0,0%

C’est la bonne nouvelle de ce déconfinement : la Despé sans alcool, ça y est, ça existe ! J’ai toujours apprécié cette bière aromatisée parce que c’était un bon compromis entre une bière et un cocktail avec de l’alcool fort. En plus j’aimais beaucoup la tequila même si elle me le rendait très très mal. Comme le dirait Ted Mosby « Kids, don’t drink tequila ».

Je me réjouis de la commercialisation de cette version sans alcool pour plusieurs raisons. Niveau packaging, on retrouve exactement les mêmes codes couleurs que la Despé classique, ce qui est toujours un bon point lorsqu’on boit en société. Si la bouteille sans alcool ressemble à celle avec alcool, disons-le clairement : on se noiera plus facilement dans la foule, on ne nous fera donc aucune réflexion et on passera une bonne soirée ! J’espère qu’elle incitera les plus jeunes à tenter la sobriété…Si la Despé classique est une bière qui contient de la téquila, cette version sans alcool est une bière aromatisée aux agrumes et aux zestes de citron, le goût est vraiment là, rien à dire, c’est bluffant. C’est rafraichissant comme une Despé, sans l’ivresse.

En terme d’ingrédients, sans surprise, il y a pas mal de sucre, comme la Despé classique. Si vous êtes au régime, buvez autre chose. Si vous aimez vous faire plaisir de temps en temps, cette version sans alcool est pour vous, elle affiche environ 100 calories pour la bouteille de 33cl (comptez tout de même un peu plus de 13 grammes de sucre). Même sans alcool, l’idée c’est de consommer cette « bière plaisir » avec modération (je parle surtout pour moi, vous faites bien ce que vous voulez, mais vous serez prévenus!).

Pour le tarif, sachez qu’elle est vendue également par bouteilles de 3 pour un peu plus de 3 euros, je crois que j’ai payé 3,20€ chez Auchan. C’est 1 euro de moins que la Despé avec alcool, ou comment faire des économies en étant sobre héhé Il y a tout de même une nouvelle un peu amère, c’est Heineken qui commercialise la Despé, je ne le savais pas, le groupe possède pas mal de marques comme Amstel (j’adore leur version sans alcool goûtée à Amsterdam). La politique commerciale de Heineken en Afrique étant abjecte, je m’abstiendrais pour ma part de racheter cette Despé et me dirigerai vers des produits plus artisanaux dont je parlerai bientôt sur le blog:)

Nom : Desperados Virgin 0,0% alcool

Tarif : 3,29€ les 3 bouteilles de 33 cl chez Monoprix

Calories : environ 106 calories par bouteille de 33 cl

« Alcool, l’intoxication globale »

Pendant le confinement, j’ai beaucoup pensé aux alcooliques et plus généralement aux personnes dépendantes. Sur Instagram, j’ai constaté que plusieurs des personnes que je suivais avaient cédé à une bière puis deux puis trois, des mois de sobriété effacées, le compteur remis à zéro, à cause d’un foutu virus mondial. De mon côté, j’ai bu deux bières début avril, je suis allée les acheter et je les ai bu des jours plus tard, pas les deux en même temps. Avant, si j’achetais de l’alcool, c’était pour le boire juste après et jusqu’à ce qu’il n’y en ai plus. Je suis fière d’avoir changé mon état d’esprit mais surtout d’avoir un rapport sain à l’alcool. Je ne suis plus du tout intéressée par me bourrer la gueule, je ne comprends même pas ce qui m’attirait là-dedans. J’ai parlé avec une copine (^^) qui elle aussi s’est autorisée une bière pendant le confinement et nous en sommes arrivées à la même conclusion : en fait, boire, même une bière, ça n’a pas grand intérêt. De temps en temps je tente une bière presque comme si j’espérais aimer ça comme avant mais tout me prouve que je peux rester sobre tout le temps. Je m’intéresse à nouveau aux bières sans alcool, d’autant qu’il y en a pas mal de nouvelles, un bon moyen de refaire vivre ce blog par ailleurs !

Hier soir, j’ai regardé une grande enquête intitulée « Alcool : l’intoxication globale »sur Arte (en replay jusqu’au 9 août 2020). Je me suis souvenue que je buvais le vendredi soir comme une récompense au stress de la semaine, c’est vrai que très peu de gens boivent par plaisir. C’est souvent pour se calmer, et c’est effectivement ce que je faisais, je déposais mon manteau dans l’entrée, je me dirigeais vers la cuisine pour prendre de l’alcool (plutôt du gin ou de la vodka dans mon cas), j’enlevais mes chaussures et je m’allongeais dans le canapé, enfin chez moi, loin des problèmes de travail. A chaque fois que mon téléphone professionnel recevait une notification, je buvais un verre de plus, pour oublier (je recevais des mails jusqu’à 4h du matin parce que je travaillais pour une entreprise américaine). L’alcool est une drogue, une drogue légale. Le reportage montre comment les gouvernements et le marketing nous poussent à penser que « boire, c’est cool » pour nous faire consommer toujours plus d’alcool. On y voit des personnes dire face caméra que « Les gens créatifs ne boivent pas de l’eau », que «Le vin, c’est la joie de vivre, c’est aimer faire l’amour », on apprend qu’en Afrique, la bière brune est censée augmenter les performances sexuelles, d’où le succès de la Guinness là-bas.

Le pire dans ce reportage, c’est de loin la politique commerciale de Heineken en Afrique Ils embauchent des « ambassadrices » pour inciter les hommes à boire dans les bars, mais pas seulement. Si le client veut coucher avec elles, pas de problème. Jusqu’où iront les marques pour vendre leur alcool ?  Ces jeunes femmes sont incitées à se prostituer et même formées (!!), souvent victimes de violences sexuelles, et personne ne semble s’en émouvoir puisque c’est en Afrique. Pour en apprendre davantage, lire l’article « Quand Heineken ne tient pas ses promesses de vertu en Afrique ». Plus jamais je ne donnerai un centime à Heineken, et je n’hésiterai pas à relayer ces informations à l’oral auprès de tout ceux que je connais. Ce sera peut-être une goutte d’eau mais ce sera toujours mieux que rien !

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J’ai appris que la consommation excessive d’alcool pouvait causer des œdèmes osseux, c’est fou, même les os ! Il y a le témoignage d’une alcoolique en rémission qui explique la perversité de l’alcool « festif » et un ancien gérant de bar qui pense à tous ceux qu’il a incité à boire parce que c’était son travail. Un journaliste à la retraite explique à juste titre que la dépression et la consommation d’alcool sont liés, arrêter de boire ne rend pas forcément la vie plus belle, il faut traiter la dépression ensuite, c’est un long chemin… Aujourd’hui les experts sont incapables d’expliquer pourquoi certaines personnes peuvent boire deux verres et s’arrêter et d’autres boire jusqu’à frôler le coma éthylique. Contrairement aux idées reçues, cela n’aurait rien à voir avec la personnalité de chacun mais à nos neurones…

Chaque année 3 millions de personnes dans le monde meurent des suites de la consommation d’alcool, c’est une personne toutes les dix secondes. Cela représente plus que le nombre de morts causés par la criminalité, les accidents de la route et la consommation de drogue illégale réunis. La prochaine fois qu’on me dit « Allez… juste un gin tonic, ça vaaaa », j’attendrais un peu pour répondre et je dirai « Pendant mon silence une personne est morte à cause d’un seul verre donc non merci ».

 

Sobriété et célibat

Aujourd’hui je suis passée devant la couverture de Paris Match et j’ai halluciné. « L’énigme Brad Pitt. L’homme fort de Hollywood a vaincu l’alcool mais reste célibataire ». Je vous laisse apprécier le paysage. Et je précise que lorsque j’ai enregistré cette image dans mon ordinateur, elle s’appelait « brad-pitt-sexy-mais-seul ».

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Cette couv’ est agaçante. Déjà, ça sous-entend que c’est incroyable d’être célibataire quand on est considéré comme beau. Il est apparemment impensable de choisir le célibat quand on est sexy comme Brad Pitt. Comme si la beauté et le succès permettaient forcément de trouver l’amour. Mais le pire ce n’est pas ça. Le pire, c’est que personne n’a pensé à Paris Match que peut-être que justement quand on devient sobre, on n’a pas envie de s’acoquiner avec n’importe qui. Peut-être qu’on a envie de rencontrer une personne qui partage notre sobriété ou qui consomme modérément de l’alcool. Or, à Hollywood, il n’y a que ça, des gens qui boivent et qui font la fête, Brad Pitt a sans doute raison d’être seul, de se concentrer sur sa santé plutôt que de se mettre en couple avec n’importe qui juste pour ne pas être seul…

Quand on choisit la sobriété totale ou la modération, tout change dans les rapports de séduction. Lors d’un premier rencard, on boit souvent un verre de vin ou autre, pour se détendre, pour partager un moment convivial, pour se rapprocher, aussi. Quand on ne boit pas, c’est assez désagréable de sentir l’autre être grisé par le vin alors que toi tu es sobre, avec les idées claires (et le trac, parfois!). Sans alcool, on est soi-même et on voit les autres tels qu’ils sont. C’est un bon baromètre je trouve, quand un homme me dit « Tu ne bois pas ? T’es vegan et tu ne bois pas, d’accord, je vois le genre… » (le genre qui tient à sa santé et à la santé de la planète, connard!), je sais que je n’ai plus qu’à fuir au premier prétexte. Je vois tout de suite les hommes qui sont intéressés par la sobriété, ceux qui questionnent leur rapport à l’alcool, ceux qui sont admiratifs, parce que oui, c’est admirable d’être sobre dans une société qui nous encourage à consommer chaque jour davantage (pas que de l’alcool, par ailleurs).

Je suis célibataire et j’aimerais rencontrer quelqu’un qui consomme modérément de l’alcool comme moi. Ou quelqu’un de sobre à 100%. Je n’envisage pas du tout de me mettre en couple avec un mec qui a besoin d’évacuer le stress de la semaine en picolant comme un connard tous les week-ends, ou quelqu’un qui prend un verre à chaque repas, ça non plus, ça ne m’intéresserait pas du tout. Globalement, je dirais que j’aimerais rencontrer quelqu’un de sain d’esprit et de corps. Parce que je fais du sport alors un mec avec un bide de bière, bof. Ce n’est pas si facile de trouver une personne qui partage ton mode de vie et tes valeurs. Et je ne suis qu’une femme lambda, alors imaginez Brad Pitt qui est sous le feu des projecteurs…Je ne sais même pas pourquoi je me plains !

LA mauvaise idée

Vous vous souvenez quand je vous ai dit que je voulais devenir Miss Margarita ? J’étais déterminée à apprendre à fabriquer mon cocktail préféré, j’avais tout ce qu’il faut : de la tequila silver, du triple sec, du citron vert, du sel, un shaker, un robot trop bien pour faire de la glace pilée, la totale ! Un soir de décembre entre le 25 et le 31, je me suis lancée un peu par ennui et par défi, je n’avais pas spécialement envie de boire un verre, je pensais pouvoir réussir ce cocktail et immortaliser le moment pour Instagram (ambitieuse, j’étais).

Dans la réalité, que s’est-il passé ? Eh bien, déjà, j’ai trouvé des dizaines de recettes différentes, j’ai été incapable de choisir et quand j’ai jeté mon dévolu tant bien que mal sur l’une d’elle, je me suis rendue à l’évidence : je n’ai aucune idée de ce que signifie « 3cl ». Il s’avère que j’ai des élements de mesure mais américains parce que je cuisine quasi exclusivement des recettes trouvées sur des sites outre-Atlantique (qui dit « outre-Atlantique » en 2020 à part ton grand-père et moi?). Le shaker n’était d’aucune aide non plus, il n’y avait rien dessus, que dalle. Heureusement j’ai trouvé une recette qui parlait de proportions, si je me souviens bien c’était 7 parts de tequila contre 3 parts de triple sec. Persuadée d’être sortie d’affaire, j’ai sorti une cuillère à soupe pour calculer tout ça mais je me suis retrouvée avec un micro cocktail : il n’y avait rien à boire… Lasse et désormais excitée à l’idée de boire cette hypothétique margarita, j’ai fini par utiliser un verre à shooters mémorable acheté en Pologne (je vous passe les détails du voyage) pour terminer ma besogne. J’ai ajouté le glace pilée dans le shaker, parce que mon ambition était carrément de faire une frozen margarita, oui, oui ! J’étais seule dans la cuisine mais je me la suis racontée de ouf quand j’ai secoué le shaker, comme si j’avais une horde de fans devant moi. Et…je me suis retrouvée avec l’équivalent de deux margaritas et… j’étais seule. J’ai donc appelé voisin A qui boit tous les deux jours au minimum et qui est toujours partant pour passer un moment en charmante compagnie (ce ne sont pas mes mots mais les siens, il ne le sait pas mais avec voisin B on l’appelle « l’apprenti lover »).

C’était la margarita la pire de ma vie. Imbuvable, et il a fallu la finir pour ne pas gâcher. Bon, c’est pas vraiment vrai, j’ai fini parce qu’à chaque gorgée je me disais « Non mais c’est incroyable, ça ne ressemble en rien à ce que j’ai bu dans ce super resto mexican dans l’East Village… ». J’étais sidérée d’être aussi nulle en cocktails. On ne peut pas être bons partout mais tout de même… C’était limite vexant, j’avais le sentiment de boire de l’alcool à 90°, je n’avais pourtant aucune plaie à cicatriser, si ce n’est celle de mon ego mortifié. Je ne sais pas faire de margarita, ouiiiiiiiiiiin. Puis je me suis souvenue que 1 /Je n’ai jamais su faire aucun cocktail, je me suis toujours arrangée pour qu’un charmant jeune homme s’en charge 2 / être barmaid, c’est un métier, en fait. Je peux donc ajouter « barmaid » à la liste des métiers pour lesquels je n’aurais aucun talent…

Conclusion : voisin A a récupéré (décidément) mes bouteilles, et je vais boire une margarita dans un bar spécialisé dans les cocktails mardi soir. Je vous raconterai (ou pas, on verra).

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Parce que la modération est possible

J’ai publié un petit blabla en anglais sur mon Insta pour parler de ces six derniers mois de sobriété. Certes, j’ai bu un peu d’alcool, je n’ai pas été 100% sobre. Mais comme je l’ai expliqué ici et là-bas, j’ai changé en six mois. Je pense que c’est assez naturel de voir l’alcool comme un poison quand on a énormément de mauvais souvenirs, quand la dernière beuverie est floue et qu’on n’est vraiment pas fière de soi. Je ne pensais pas pouvoir boire modérément, j’avais peur de retomber dans ce truc de boire au moins trois verres et de finir en gueule de bois. Rappelons le titre de ce blog ! Je ne veux plus jamais de gueule de bois ! Alors j’avais peur, je n’avais aucune confiance en moi, j’imaginais qu’il m’était impossible de changer d’état d’esprit par rapport à l’alcool. Comme beaucoup de personnes qui arrêtent l’alcool, je voyais la modération comme impensable et même dangereuse. Et puis, il faut l’avouer, à force de lire que la modération n’était pas une option, j’ai fini par le croire. J’ai succombé à la pensée la plus populaire…

Pourtant, je fume modérément, je sais que la modération, c’est quelque chose que je peux et que je sais faire. Je ne sais même pas pourquoi je doutais de moi comme ça ! Pendant des années, dix-sept ans, si je me souviens bien, j’ai fumé un paquet de Camel par jour, parfois deux (quand j’étais ivre héhé). Je fume en vacances ou quand je vois quelqu’un qui fume et que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je dirais que je fume tous les deux ou trois mois environ. Puis j’arrête facilement parce que je n’y pense pas, je ne sais pas comment l’expliquer autrement.

Quand j’ai publié ce blabla sur Insta, une personne sobre est venue me parler en DM, elle m’a dit « Vraiment Pandora, tu crois à la modération ? Tu es sûre de toi ? Parce que moi je ne pourrais pas, impossible ! ». Je sais que ce commentaire se voulait bienveillant mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser « Aïe, elle parle d’elle, pas de moi ! ». Le fait que j’écrive que je suis capable d’être sobre déclenche chez elle une réaction de protection parce que POUR ELLE, la modération, ce n’est pas possible (du moins, c’est ce qu’elle croit). Ce questionnement était un reflet de ses propres limitations, pas des miennes. C’est assez classique, faites le test autour de vous, les autres expriment toujours leurs propres peurs quand il s’insurgent.

Nos croyances nous limitent. Si tu crois que l’alcool est un poison, il est probable que jamais tu ne tenteras de boire un seul verre de vin en bonne compagnie… parce que tu es persuadé.e que l’alcool, c’est le diable incarné et que succomber à un seul verre fera de toi un loser. Nos croyances forment notre réalité. Tout est question de perception !  Quand j’ai compris que j’étais en train de m’enfermer dans un raisonnement binaire avec cette idée que seule l’absence totale d’alcool dans ma vie pourrait me correspondre, j’ai vécu cette expérience comme quelque chose de très fort, de spirituel. Depuis quand, moi, Pandora, je ne peux pas faire exactement tout ce que je veux ? Je suis forte, je suis unique, je sais ce que je fais, évidemment que je peux boire un seul verre par plaisir !

Ai-je envie de me transformer en cette personne qui dit « ça c’est bien » ou « ça c’est mal ! » ? Non, chacun est libre de croire en ce qu’il veut ! Mais je ne vais pas me limiter à ce que j’entends dans les cercles sobres. Si toi tu penses que l’alcool est le diable, fais comme tu veux. Mais moi je boirai un verre de temps en temps, quand j’en ai vraiment envie parce que POUR MOI, je crois à la modération. Par rapport à ma personnalité, mon histoire, mon chemin de vie, je sais que c’est ce qui est bon POUR MOI. J’ai acheté de la tequila et du triple sec dans le but de me faire ma propre margarita et les bouteilles sont là, dans la cuisine. Je les ouvrirai quand j’aurais retrouvé mon shaker et quand j’aurais fait de la glace pilée avec mon super robot. Pour le moment, je n’en ressens aucune envie. Je ne règle plus mes problèmes avec l’alcool, voilà pourquoi. Je ne cache plus mes émotions derrière un cocktail, j’affronte ma vie. Je sais bien que ça parait simple dis comme ça et… ça l’est ! 😉

 

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Miss Margarita

Je n’avais pas bu d’alcool fort depuis presque six mois quand j’ai commandé une margarita (pas la pizza, le cocktail huhu) au bar du Public Hotel à New York. J’étais avec ma meilleure amie que je n’avais pas vu depuis sept mois, nous étions heureuses d’aller pour la première fois ensemble tout en haut d’un building pour profiter d’une vue aussi exceptionnelle. Je n’étais pas obligée de commander un cocktail mais j’en avais envie, tout simplement. Ce serait un seul cocktail, pas deux. Pas n’importe quel cocktail, celui que je préfère ! Et puis honnêtement quand on a une telle vue, comment ne pas célébrer ça ?

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On a trinqué et j’ai eu peur d’avoir la tête qui tourne tout de suite. Ce n’est pas ce qui s’est passé parce que j’ai bu lentement. J’ai apprécié chaque goutte de ce doux breuvage, il n’y a qu’aux Etats-Unis que je bois de bonnes margaritas, en France, personne ne sait les faire !! Avant, je buvais vite, je cherchais l’ivresse à tout prix. Ce soir-là, j’ai pris du plaisir à boire. C’était délicieux, j’étais à New York, c’était une occasion en or !

Le lendemain, ma meilleure amie est repartie chez elle, je me suis retrouvée seule et j’ai eu envie de boire une autre margarita, pour voir si seule, j’étais capable d’être aussi raisonnable. Je suis allée dans un resto mexicain et j’ai pris une margarita et des nachos au bar. Une inconnue est venue s’installer à côté de moi et m’a demandé si le cocktail était bon, j’ai répondu oui et elle a commandé la même chose. Nous avons trinqué. Parlé un peu. C’était la meilleure margarita de ma vie, servie par un beau jeune homme qui me faisait penser à Johnny Depp dans 21 jump street, avec cette espèce de mèche qui tombe sur le visage, de beaux cheveux bruns. Parfois, le bonheur c’est ça : prendre un verre seule dans un autre pays, un bon repas, un serveur joli à regarder, un moment suspendu, assez banal finalement mais qui restera gravé. Je n’ai même pas pensé à prendre un deuxième verre. Je suis rentrée à pied, émerveillée d’avoir encore une fois la chance de me promener dans cette ville que j’aime tant, qui fait tant partie de ma vie, pour laquelle j’ai un amour infini. J’ai super bien dormi cette nuit-là !

Depuis que je suis de retour en France, je n’ai pas envie de boire de l’alcool, pourtant en période de fêtes, c’est un sujet récurrent, les Français ne vont faire que ça, boire, tout le mois de décembre… Je l’ai écrit plein de fois ici, je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, je buvais de la bière pour minimiser les dégâts, parce que boire du gin ou de la vodka tous les week-ends, ça coûte cher et c’est pire encore pour le foie. Mais j’ai toujours aimé boire une margarita, c’est peut-être con mais je trouve que c’est un cocktail viril, ce n’est pas ces cocktails sucrés faits pour les femmes, il y a du sel sur le rebord du verre ! Il y a quelque chose de sexy dans une margarita, je ne sais pas trop comment l’expliquer. Le mélange de tequila et de triple sec, c’est vraiment une réussite, ils sont intelligents les Mexicains ! J’aimerais bien, de temps en temps, boire mon cocktail préféré. Alors j’ai acheté de la tequila et du triple sec, du citron vert et un jour, quand j’en aurais envie, je prendrai mon shaker et je tenterai l’aventure ! La dernière étape de l’année, c’est de savoir si je peux boire un verre, un seul, chez moi. Je pense que je vais boire une margarita le 31 parce que je ne vais évidemment pas sortir. Je veux être la fille qui ne boit pas, sauf une bonne margarita trois ou quatre fois par an. Appelez-moi « Miss Margarita » 🙂

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From dawn to dusk

Ce matin, je me suis levée à 7h, surexcitée, impossible de me rendormir. Alors, je me suis levée et je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de me faire un vrai chocolat chaud avec du pain et du beurre (végétal of course). Petit-déjeuner très français. Mais je n’avais pas de chocolat ni de lait de noisette (le meilleur pour faire un chocolat chaud intense). Le supermarché à côté de chez moi ouvre à 8h30, je me suis surprise à attendre l’ouverture comme un enfant le matin de Noël et… je n’étais pas seule. Autour de moi, uniquement des hommes. Ils n’avaient pas tous le même âge, le premier devait avoir la cinquantaine mais rien n’est moins sûr, l’alcoolisme, ça abîme tellement que si ça se trouve il n’avait que quarante ans, peut-être moins. Ils étaient quatre à attendre comme moi, l’un regardait le sol en faisant les cent pas, l’autre essayait de communiquer avec le troisième et le quatrième tremblait littéralement. Ils étaient tous en manque et moi j’étais là, un grand sourire sur les lèvres avec mon manteau en fausse fourrure et mes petites bottines chic, la scène avait quelque chose de cocasse.

Une fois à l’intérieur, j’ai pris les produits que je cherchais et arrivée à la caisse, j’ai complimenté la caissière qui avait un rouge à lèvres rouge vermillon qui convenait parfaitement à son teint de porcelaine (il faut toujours se complimenter entre femmes, on en a besoin!), elle s’est mise à rougir alors pour casser l’ambiance je lui ai dit à voix basse, en parlant de l’un des hommes qui passait à une caisse plus loin avec deux cannettes de 8.6 « Ils viennent tous les matins ?… ». Elle m’a expliqué que les mêmes hommes venaient tous les matins, elle a ajouté « parfois il y a des femmes aussi ». Elle disait que c’étaient toujours les mêmes, les habitués, ceux qui faisaient tourner le supermarché. J’ai demandé si elle n’exagérait pas un peu, tout de même. Elle a conclu par « Si nous ne vendions pas d’alcool, nous ferions faillite ! ». Elle était très sérieuse !

De retour à la maison, alors que les carrés de chocolat noir fondaient au fond de la casserole, je me suis demandée comment on pouvait en arriver à boire dès le matin. J’ai ajouté le lait de noisette et une pincée de cannelle parce que la cannelle c’est la vie et je me suis félicité de n’avoir jamais bu à ce point, puis en versant mon chocolat chaud dans une tasse à mon prénom, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour ces gens. Puis j’ai pensé « On ne peut pas sauver tout le monde, seulement soi-même ! ». J’ai trempé ma tartine de pain grillé dans ma tasse de chocolat et j’ai dit à voix haute « Le chocolat, c’est quand même une drogue moins dangereuse ! » (facile à dire quand on n’a pas de problème d’obésité, tu me diras…).

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