From dawn to dusk

Ce matin, je me suis levée à 7h, surexcitée, impossible de me rendormir. Alors, je me suis levée et je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de me faire un vrai chocolat chaud avec du pain et du beurre (végétal of course). Petit-déjeuner très français. Mais je n’avais pas de chocolat ni de lait de noisette (le meilleur pour faire un chocolat chaud intense). Le supermarché à côté de chez moi ouvre à 8h30, je me suis surprise à attendre l’ouverture comme un enfant le matin de Noël et… je n’étais pas seule. Autour de moi, uniquement des hommes. Ils n’avaient pas tous le même âge, le premier devait avoir la cinquantaine mais rien n’est moins sûr, l’alcoolisme, ça abîme tellement que si ça se trouve il n’avait que quarante ans, peut-être moins. Ils étaient quatre à attendre comme moi, l’un regardait le sol en faisant les cent pas, l’autre essayait de communiquer avec le troisième et le quatrième tremblait littéralement. Ils étaient tous en manque et moi j’étais là, un grand sourire sur les lèvres avec mon manteau en fausse fourrure et mes petites bottines chic, la scène avait quelque chose de cocasse.

Une fois à l’intérieur, j’ai pris les produits que je cherchais et arrivée à la caisse, j’ai complimenté la caissière qui avait un rouge à lèvres rouge vermillon qui convenait parfaitement à son teint de porcelaine (il faut toujours se complimenter entre femmes, on en a besoin!), elle s’est mise à rougir alors pour casser l’ambiance je lui ai dit à voix basse, en parlant de l’un des hommes qui passait à une caisse plus loin avec deux cannettes de 8.6 « Ils viennent tous les matins ?… ». Elle m’a expliqué que les mêmes hommes venaient tous les matins, elle a ajouté « parfois il y a des femmes aussi ». Elle disait que c’étaient toujours les mêmes, les habitués, ceux qui faisaient tourner le supermarché. J’ai demandé si elle n’exagérait pas un peu, tout de même. Elle a conclu par « Si nous ne vendions pas d’alcool, nous ferions faillite ! ». Elle était très sérieuse !

De retour à la maison, alors que les carrés de chocolat noir fondaient au fond de la casserole, je me suis demandée comment on pouvait en arriver à boire dès le matin. J’ai ajouté le lait de noisette et une pincée de cannelle parce que la cannelle c’est la vie et je me suis félicité de n’avoir jamais bu à ce point, puis en versant mon chocolat chaud dans une tasse à mon prénom, je me suis demandé ce qu’on pouvait faire pour ces gens. Puis j’ai pensé « On ne peut pas sauver tout le monde, seulement soi-même ! ». J’ai trempé ma tartine de pain grillé dans ma tasse de chocolat et j’ai dit à voix haute « Le chocolat, c’est quand même une drogue moins dangereuse ! » (facile à dire quand on n’a pas de problème d’obésité, tu me diras…).

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Tout nouveau tout beau

Ce petit billet pour vous annoncer que j’ai créé un nouveau blog finalement. J’ai écouté les conseils de Tabi, après tout, autant créer un blog gratuit sous WordPress, alors certes le nom est chelou et je ne comprends pas trop pourquoi mais voilà il existe ! (pourquoi c’est devenu si cher la version payante de WordPress, quelqu’un sait ? 48€ c’est plus ce que c’était putain!! J’ai déjà eu plusieurs blogs payants, à part le nom de domaine personnalisé, je ne comprends pas l’intérêt mais bref…)

https://pandorablack.home.blog/

Je pense continuer à écrire de temps en temps ici aussi. Je ne sais pas trop, on verra. Mais je pense que ça peut être intéressant de parler de ma vie sans alcool tout en parlant d’autres choses. Finalement ces ceux blogs sont complémentaires. Je me tâte à créer un autre blog où je ne parlerai que de mes chats aussi (non je rigole mais je suis sûre que tu m’as crue, avoue!).

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Il mériterait un blog juste pour lui mon gros Cosmo ❤

J’ai lu il y a quelques heures un article très sérieux qui relate la visite de notre cher président Emmanuel Macron chez des viticulteurs et sans surprise il a annoncé qu’il s’opposait au Dry January, cette campagne de santé publique qui propose de ne pas boire d’alcool tout le mois de janvier. Pourtant, le gouvernement s’était engagé à soutenir ce mois de janvier sans alcool (ce qui avait fait bondir les professionnels du vin). Je comprends les viticulteurs qui se réjouissent mais j’aurais aimé un discours plus nuancé… Business is business. Peu importe les 40000 morts tous les ans, l’alcool c’est trop cool, tu comprends ? Personne ne s’insurge de ce rejet du « janvier sobre » en France par ailleurs, c’est dire si notre culture est imbibée (gloups), en revanche vous trouverez pléthore d’articles anglo-saxons qui sont choqués de cette décision (ah…le lobby du vin en France…).

Il va falloir que j’écrive un billet au sujet du Dry January, j’espère que vous serez nombreux à le tenter. Après les fêtes, une detox est toujours la bienvenue et je vous jure que le Festillant est aussi bon qu’un champagne ! Perso, c’est ce qu’il y aura à ma table pour les fêtes (je n’arrête pas de leur faire de la pub alors qu’ils m’ignorent mais c’est pas grave, je ne fais pas ça pour la gloire haha).

 

Stop ou encore

Je me pose des questions quant à la suite de ce blog. Déjà, je n’ai jamais été convaincue par « Adieu, gueule de bois », c’était trop long, trop français, trop. J’aimais bien « Bye bye vodka » mais c’était trop court, trop américain, trop. Les deux noms sont réducteurs. Je ne peux pas continuer à parler de ma vie sans alcool parce que… je n’ai rien à dire ! Il s’est avéré qu’un jour, le 13 juin 2019, j’ai décidé d’arrêter de boire et depuis… rien. J’ai bu une bière pour me prouver que tout allait bien, j’ai passé des vacances à Amsterdam où je n’ai pas eu envie de boire (j’ai fumé de la weed non stop en revanche mais j’ai dû fumé quatre fois dans ma vie…). J’ai enlevé l’alcool de ma vie et tout va bien. Je n’ai pas de manque, pas de rien du tout en fait. Je rencontre de plus en plus de gens qui ont arrêté de boire aussi non pas parce qu’ils étaient alcooliques mais parce qu’ils utilisaient l’alcool pour couvrir d’autres problèmes (timidité, introversion, traumatismes non résolus et j’en passe). Pour moi, il a suffit de m’interroger sur mon rapport à l’alcool pour comprendre ce qui n’allait pas. Et ça va très bien maintenant, je suis fière de moi, plus que jamais, j’aime ma vie sobre mais je ne cherche à convertir personne. Ma démarche était vraiment de permettre à une seule personne de remettre en question son rapport à l’alcool.

C’est réducteur de ne parler que d’alcool ou de vie sans alcool sur un blog. J’ai envie de parler de spiritualité, de physique quantique, de sexe (parce que c’est vraiment tabou surtout chez les blogueurs, pourtant tout le monde aime le sexe, non ? Non…ok), de voyages, de rester chez soi, aussi, beaucoup, de mes chats, de mes ex (ils sont si drôles, je vous jure). J’avais surestimé l’alcool dans ma vie. Je voulais l’éradiquer de ma vie en pensant que c’était la seule solution, je me rends compte que je n’en ai strictement rien à foutre de boire. C’est un peu comme quand tu dois te séparer d’un mec et que tu penses que ça va être difficile et quelques mois plus tard tu oublies jusqu’à son existence. C’était romanesque de m’imaginer alcoolique, moi qui aime tant les mots et les histoires, la réalité c’est que c’est comme quand j’ai arrêté de fumer, j’ai arrêté, de temps en temps je fume une clope, mais jamais je ne refumerai un paquet par jour, c’est de l’histoire ancienne. Je me vois bien boire un verre deux fois par an. Si l’occasion se présente et que le cocktail est d’exception. Je sais que plus jamais je ne subirai une gueule de bois, j’en suis sûre à 99%, je suis trop vieille pour ces conneries haha. Depuis que je n’ai plus de gueule de bois, j’ai plus de temps pour moi, j’aimerais parler de décoration, de gâteaux au chocolat, de célibat, aussi, et de mon refus catégorique d’avoir des enfants. De plein de choses qui m’intéressent plus que l’alcool qui ne m’a jamais intéressé alors encore moins maintenant. En revanche, j’aime la forme et la couleur des bouteilles d’alcool, la bouteille de Bombay Sapphire et ce bleu sont une promesse d’un si doux breuvage (alors qu’en fait ça te fout par terre le bordel, aucune douceur là-dedans!). Bref, je vais peut-être créer un nouveau blog, aucune idée. Si vous avez des suggestions, sait-on jamais, je suis toute ouïe 🙂

Si je devais disparaître, merci à tous les lecteurs de ce blog pour leurs commentaires (même les plus désagréables à lire, eh oui). Et merci encore plus fort à ceux qui n’osent pas laisser de commentaires mais qui sont là, dans l’ombre, I see you. Merci.

MAJ : J’ai créé un compte Medium qui est un support que j’aime beaucoup, vous pouvez me lire ici : https://medium.com/@pandorablack

Mon avis sur les boissons gazéifiées Freez Mix

J’avais vu ces boissons coloréés au design fun et raffiné passer sur mon fil Insta et j’avais hâte de goûter une boisson Freez Mix mais… impossible d’en trouver vers chez moi (en Normandie). Puis un soir, je trouve par hasard ces jolies bouteilles en verre colorées … au kébab ! Le pauvre vendeur n’a pas compris, j’ai juste pris une bouteille de Blue Hawaï et j’ai fui ! Difficile de choisir, entre les saveurs « Ananas-coco », « citron-gingembre », « mojito-fraise », « kiwi-lime », il y avait au moins dix saveurs qui m’attendaient et j’avais envie de tout goûter mais j’ai jeté mon dévolu sur la Blue Hawaï parce que… regardez-moi cette couleur !

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Qu’est-ce-que c’est que ce truc, Blue Hawaï ? Bonne question. Il s’agit d’un goût fruits exotiques, c’est ce qui est indiqué sur la bouteille. Personnellement, j’ai adoré le goût qui m’a rappelé le Kola Champane et le Royal Soda qu’on boit aux Antilles. Quelques gorgées et le soleil entre dans ton corps anesthésié par le froid, c’est magique ! J’ai envie de goûter toutes les saveurs désormais et c’est prévu. Niveau calories, on est sur 80 pour la bouteille de 275ml, c’est tout à fait correct, moins qu’une bière. C’est sucré, mais justement une seule bouteille suffit, c’est l’avantage. On ne va pas boire trois bouteilles d’affilée, c’est plus une boisson plaisir et régressive, ces parfums très fruités c’est un peu un retour en enfance, c’est un peu un bonbon liquide en fait ! Et c’est sans colorant et sans édulcorant ! (ne me demandez pas comment ils font ce bleu, aucune idée).

D’après ce que j’ai compris, Freez Mix existe depuis 2009 mais la boisson a été repensée et renommée il y a deux ans environ. Aujourd’hui, Freez Mix c’est avant tout une étiquette stylée qu’on reconnaît tout de suite, une belle bouteille en verre, des parfums diversifiés qu’on ne trouve nulle part ailleurs (litchi, pomme-raisin, fruits des bois, la liste est longue!), la cible principale c’est les jeunes, évidemment. Mais pour les grands enfants sobres qui aiment les fruits et le sucre, c’est très bien aussi ! En terme de prix, c’est aussi très accessible, je crois que j’ai payé mon Blue Litchi 1,50€ (je ne me souviens plus mais pas plus de 2€).  Si j’ai trouvé Freez Mix dans un kébab, j’imagine que vous en trouverez au même endroit ? Apparemment, les bouteilles sont disponibles dans certains Cora et dans les Auchan d’île-de-France. Pour trouver les points de vente, je vous invite à vous rendre sur leur site. Ils ont aussi un compte Insta @freez-mix !

Vous l’aurez compris, j’adore ! Gros coup de coeur ❤

Comment choisir ? Bonne question !
Comment choisir ? Bonne question !

J’ai bu une Despé (tu as bien lu)

Je suis entrée l’été dernier dans le merveilleux monde de la sobriété très enthousiaste, et il y a de quoi ! C’est libérateur de se poser les bonnes questions, pourquoi je bois alors que je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool? Je cherche à fuir quoi ? Suis-je dépendante psychologiquement de la bouteille de gin ? Chaque dimanche sans gueule de bois est une victoire, je ne me suis jamais trouvée aussi belle que depuis que je ne bois plus, adieu les cernes, le teint brouillé, les yeux secs. Sans alcool, le dimanche c’est pancakes maison et smoothie et non pas hamburger et frites industriels, j’imagine que ça participe aussi à avoir meilleure mine 🙂 Une nouvelle vie.

Au départ, j’avais vraiment dans l’idée de ne plus jamais boire. Je suis assez radicale comme fille. La demi-mesure, très peu pour moi. Puis, j’ai commencé à être agacée par les blogueuses sobres qui expliquaient qu’il ne fallait plus jamais boire une goutte d’alcool, parce que l’alcool c’est le diable, l’une d’elles disait même que les challenges un mois sans alcool de type 1000 hours dry ou Dry january ne servaient à rien. Je trouvais ce discours vraiment intolérant, comme ces vegans (je suis moi-même vegan, rappelons-le) qui refusent de s’attabler avec des mangeurs de viande… Je comprends qu’on refuse l’alcool à tout jamais mais c’est personnel comme démarche, ce n’est pas parce que toi tu ne bois plus que tout le monde doit t’imiter. Je sais bien que certains alcooliques ne peuvent et ne doivent surtout pas reboire une goutte d’alcool, j’ai déjà parlé de mon copain virtuel anglais qui est en cure, actuellement sous médicaments et suivi par un thérapeute, dans son cas, il est évident que reboire une goutte d’alcool c’est signer pour un retour au n’importe quoi, aux excès, aux gueules de bois hebdomadaires. Mais je savais que moi, Pandora, je pouvais reboire un verre de temps en temps. Je cherchais juste l’occasion de le faire. J’étais curieuse de voir l’effet que produirait l’alcool sur mon organisme, je voulais aussi me rassurer : étais-je bien capable de boire un seul verre ? Ou … était-ce possible que je sois dans le déni ?

J’en ai parlé à mon pote K. qui m’a dit « C’est peut-être mieux si tu bois une bière, non ? ». Moi je voulais boire un cocktail stylé genre Manhattan ou Sex on the beach. Mais il avait raison ce petit con. Il s’avère que le mec que je vois en ce moment a apporté une canette de Despé chez moi, c’était le bon moment. La première gorgée ne m’a rien fait, aucune émotion, aucune sensation, j’étais presque déçue. J’aime bien le goût de la Despé mais rapidement j’ai eu mal au ventre, je ne bois jamais de bulles… Je n’ai jamais bu aussi lentement de ma vie, moi qui buvais deux gin tonic à la demi heure… J’ai mis deux heures à finir cette bière. J’ai eu du mal à la finir, je l’ai fait par automatisme. Et j’ai compris les blogueuses sobres qui me fatiguent. Je savais déjà que je n’avais plus besoin de boire. Ce que je ne savais pas, c’est que je n’avais plus envie de boire non plus. Pourquoi se forcer à boire un verre pour faire comme tout le monde alors qu’on pourrait rester à l’eau minérale ? Je vois bien pourquoi je voulais absolument me prouver que je pouvais boire avec modération mais… je n’ai plus envie d’alcool. Je n’ai pas aimé avoir la tête qui tourne avec la Despé, je n’ai pas aimé avoir mal au ventre, les premières gorgées ça allait mais au bout d’un moment ça m’a dégoûtée. L’alcool et moi, je crois que c’est vraiment fini (mais je n’ai jamais de certitudes).

Contrairement aux blogueuses sobres anglo saxonnes, je pense que c’est très utile de participer à des challenges sans alcool. Parce qu’après un mois sans alcool, tu te rends compte que tu n’as plus besoin de ça dans ta vie. La première gorgée après un mois sobre te fait tourner la tête, rapidement tu constates que ce n’est pas bon pour ton corps, tout simplement. C’est l’effet que m’a fait cette Despé : ça n’apporte rien de positif à mon corps. Il faut croire que je suis moins atteinte psychologiquement que ce que je pensais. Je sais que l’alcool m’a apporté de bons souvenirs mais c’est du passé. Je suis grande, maintenant, je peux et je sais m’amuser autrement. Enchaîner les verres comme je le faisais me paraît absurde aujourd’hui. Je ne suis plus la même personne. La vie sans gueule de bois est une vie paisible. On peut avoir une vie paisible sans se faire chier, c’est ce que je découvre. Mais je n’oublie pas que c’est mon chemin à moi, c’est personnel, et je ne force personne à me suivre. Je partage mon expérience, voilà tout. Un peu de tolérance dans ce monde de putes. Nous en avons cruellement besoin !

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Putain de hippie

Ce matin, j’ai opté pour une smiling meditation. Le simple fait de l’écrire me fait rire parce que j’imagine mon moi d’il y a cinq ans en train de hurler « Haha mais n’importe quoi ! Méditer déjà c’est complètement fucked up mais méditer avec le sourire putain mais ces enfoirés de hippies ne savent plus quoi inventer ! ». Je ne suis pas devenue hippie mais je prends tout ce qui me permet de mettre de la paix et de la joie dans mon quotidien. C’est vrai que je suis un cliché, j’en ai conscience, je ne bois plus, je ne fume plus, je ne crois plus à la monogamie, je médite, je fais du fitness/yoga/pilates. Hippie des temps modernes. Il ne manquerait plus que je me mette au tantrisme et on est bon haha (mais ça n’arrivera pas). Je vous rassure, il y a encore des jours où je suis en colère et même des jours où j’ai envie de foutre des pains dans la gueule. Être en paix avec soi, ça ne veut pas dire ne plus rien ressentir de négatif, ça veut surtout dire « mieux gérer le négatif ». L’accepter puis le foutre à la porte. Ciao !

Ce mois-ci, quatre personnes du passé ont tenté un coming back dans ma vie. Vous avez remarqué que c’est toujours à la même saison (l’automne) que les fuckboys d’antan se rappellent à ton bon souvenir ? J’ai ignoré les trois specimen masculins en pensant « Nice try » mais j’ai répondu à la quatrième personne, une amie du lycée. Nous nous sommes parlées pendant cinq heures. Comme quand on est ado et qu’on passe sa vie au téléphone. Je ne sais pas comment j’ai fait pour vivre sans elle toutes ces années. Nos vies n’ont pas du tout pris le même chemin, elle vit à la campagne dans le Sud (ma définition de l’enfer), elle a deux enfants (idem), elle vit dans une grande maison qu’elle a retapée et qui n’est pas terminée (donnez-moi une corde). Pourtant, on se comprend. On se respecte. On s’écoute. On cherche la même chose, la bienveillance envers soi et les autres, se cultiver inlassablement, apprendre, sortir de notre zone de confort. Elle s’est mise à la boxe et j’ai trouvé ça badass !

Elle m’a envoyé des photos de nous quand on avait 19 ou 20 ans et sur quasiment toutes les photos on est hilares. Tout était prétexte à la rigolade ces années-là. On faisait un crumble aux pommes, on se trompait dans les mesures, c’était immangeable, fou rire. On n’avait plus rien à fumer alors on récupérait le tabac des cigarettes écrasées dans le cendrier pour en faire une roulée et c’était dégueulasse, fou rire. On utilisait l’argent que nos parents nous donnaient pour le déjeuner pour acheter un paquet de clopes si bien qu’on se retrouvait à manger une demi baguette et c’est tout, fou rire. Même les peines de cœur étaient prétextes à des fous rires, tout était léger, on expérimentait, on essayait d’être adultes (le sommes-nous aujourd’hui ? Pas sûr…). En grandissant on a arrêté de rire, on a perdu cette insouciance. 28% des personnes âgées de 18 à 24 ans déclarent rire plus de 10 fois par jour. Les plus de 65 ans c’est moins d’une fois par jour ! Plus on vieillit, moins on rit, c’est l’affreuse réalité. Alors on a décidé que j’allais descendre dans le Sud, on va faire une soirée pyjama en écoutant Deftones et en mangeant des poires au chocolat. Comme avant. En attendant, je n’ai pas honte de vous annoncer que je pratique la méditation du sourire intérieur. (Fuck, je suis une putain de hippie).

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Une autre époque

En novembre 2015, juste après les attentats du Bataclan, j’ai eu besoin de fuir la capitale… Cette fameuse nuit, je l’ai passée à prier pour A. et S. qui étaient au concert des Eagles of Death Metal. Heure après heure on a suivi leur progression pour échapper aux terroristes, attendus leurs SMS un verre de whisky à la main pour supporter notre impuissance, d’abord les toilettes puis cachés chez un habitant puis sains et saufs sur le toit. Le soulagement immense de les savoir vivants tous les deux. La joie mêlée aux larmes. D’autres couples n’ont pas eu cette chance…Si j’ai quitté Paris, c’est aussi parce que j’ai été (moi aussi) traumatisée par la vague d’attentats qui a sévi pas seulement dans ma ville, mais au cœur de mon quartier.

J’ai fui Paris, donc. Pour aller dans ma deuxième ville préférée au monde, j’ai nommée New York. C’était très étrange, il faisait 15 degrés en moyenne, j’étais en robe et manteau léger, il y avait du soleil, ça contrastait avec Paris, comme si j’étais vraiment ailleurs, sur une autre planète…

Un soir, après avoir marché encore quinze kilomètres dans la journée, j’ai décidé d’aller au Campbell Apartment, un speakeasy caché dans la gare de Grand Central. Il y avait un dress code alors j’ai enfilé une jolie robe chic et j’ai mis des talons (avec lesquels j’ai marché pendant trois ou quatre blocks au retour, ivre et sous la pluie, grrrrrr).

Le Campbell Apartment c’était cet établissement confidentiel dont tout le monde avait entendu parlé mais peu avaient eu la chance d’y mettre les pieds, c’est vrai qu’il n’était pas facile à trouver ! J’avais suivi les indications d’un New Yorkais pour être certaine de ne pas passer à côté. Je n’aime pas aller dans des bars seule mais là, c’était différent. L’atmosphère s’y prêtait. Les lumières étaient tamisées, le décor intimiste et chaleureux avec ses tabourets rouges et ses larges banquettes sombres ; à peine entrée, je savais que je n’aurais pas envie de repartir avant des heures… Je me suis installée au bar toute seule, un grand sourire sur les lèvres, ça ressemblait à ça.

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Inutile de m’attarder sur le fait que j’ai bu deux cocktails et que c’était beaucoup trop pour mon petit corps. Cocktails délicieux (bon en même temps ils coûtaient le PIB de la Somalie donc heureusement j’ai envie de dire). A l’époque j’avais Facebook et en rentrant à l’hôtel je m’étais fait plein de nouveaux « amis », j’avais refait le monde avec une fille canon dont j’ai oublié le nom, refusé les avances d’un certain John, après deux heures à lui parler j’ai fini par révéler, hilare, que j’avais un copain ! Tout ça, on s’en fout un peu.

Ce bar était une merveille, le Monsieur qui avait préparé mes cocktails était un véritable personnage de roman, c’était agréable d’être entourée par des hommes en costume et jolis souliers, ça change des baskets que tout le monde porte partout, en permanence. Ce soir-là j’avais goûté à des cocktails d’une autre époque (c’était leur slogan) dans un lieu unique, hors du temps.

Quelques mois plus tard, le bar avait fermé dans l’incompréhension générale, une histoire de bail qui arrive à sa fin, puis une bataille juridique entre l’ancien propriétaire et le nouveau, un millionnaire qui possède déjà des bars dans New York qui se ressemblent tous par ailleurs…

Le bar a rouvert en 2017 sous le nom de The Campbell, aujourd’hui, plus de lumières tamisées, plus de dress code, « Nous ne voulons plus que cette adresse soit secrète, nous voulons que ce soit un lieu plus inclusif ». Bon, en gros il veulent faire plus de tunes quoi, on a compris, c’est ce que le mot « inclusif » veut dire de nos jours, ne pas y voir de la tolérance là où il n’y a que des gros sous en jeu. Aujourd’hui, il y a plein de touristes en short et casquette au Campbell, avant il y avait surtout des New Yorkais élégants. C’est comme ça, les temps changent, les millionnaires rachètent des villes entières et y construisent des lieux qui se ressemblent tous, comment David peut-il lutter contre Goliath ? Heureusement, il reste les souvenirs qui valent mieux qu’un « c’était mieux avant ».

Puisqu’il faut terminer sur une note positive, le nouveau Campbell propose une bière sans alcool à la carte. Mais… c’est la Heineken. Plus rien de luxueux dans ce nouvel établissement… Ils auraient pu faire un effort, merde ! Bon, l’endroit reste beau même si je préférais la version plus cosy…

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The Campbell 15 Vanderbilt Avenue New York (maintenant le bar est tellement bien indiqué de la rue que vous ne pourrez le rater, snif)