Bilan 2021 : modération ou abstinence ?

Quand j’ai arrêté de boire en juin 2019, je pensais arrêter totalement. Je ne croyais pas du tout à la modération pour moi. J’avais peur de retomber dans mes travers, à savoir me bourrer la gueule le week-end et passer trois jours en mode loque à m’en remettre. J’ai bu quelques verres en 2019 et encore quelques verres en 2020 mais je n’ai pas eu de gueule de bois. C’était tout de même le plus important, sinon je n’aurais pas appelé le blog « Adieu, gueule de bois ».

Cette année, j’ai bu plusieurs verres à la fin du mois de mars. Je n’allais pas bien du tout, j’ai eu envie de boire pour oublier mais j’ai quand même réussi à limiter les dégâts puisque j’ai acheté une flask de vodka, pas une bouteille entière. J’ai bu des verres de vodka cranberry, j’ai trouvé ça bon, au début, rapidement c’était dégueulasse et mon verre et la flask ont fini dans l’évier. Ce jour-là j’ai compris que ce qu’il me faut quand je vais mal c’est juste danser comme une tarée dans mon salon sur des tubes de Britney, en fait l’alcool est juste un moyen pour « lâcher-prise » (eh oui même quand personne ne me regarde, j’ai peur d’être jugée, c’est pathétique mais je travaille à fond à régler ça!). L’été j’ai bu un verre de gin tonic avec ma meilleure amie qui était de passage à Paris, ça m’a rendue malade direct, je n’ai aucune idée de comment je faisais pour en boire jusqu’à endormissement et épuisement des stocks. Quand je vois les dégâts qu’ont faits un seul verre de gin tonic, je n’ose imaginer la gueule de mon foie à l’époque où je buvais tous les week-ends. Quel manque de respect pour mon corps. Je devais vraiment me détester, je ne vois que cette explication. S’aimer c’est sûrement la clef d’à peu près tous les problèmes qu’on peut avoir dans la vie. Je sais ça paraît très con dit comme ça, mais je suis convaincue d’avoir raison. En toute logique, quand tu aimes quelqu’un, tu ne veux pas lui faire de mal. En septembre ou octobre, j’ai bu un demi verre de vin blanc et ça m’a confirmé que le vin c’est vraiment dégueulasse et que l’alcool c’est vraiment fini.

Les fêtes de fin d’années arrivent, je les passe avec mon petit frère qui a arrêté de boire pour les mêmes raisons que moi, lui aussi avait tendance à boire sans aucune modération et à foutre la honte à ses potes (et surtout à lui-même). Je l’ai prévenu qu’on boirait des cocktails de chez Ousia qu’il a hâte de tester. Peut-être que je vais acheter du champagne sans alcool, je ne sais pas encore. Toujours est-il qu’il n’y aura pas d’alcool sur ma table ni plus tard ni jamais à vrai dire. Je ne vois plus du tout l’intérêt de boire, je saurais dire « non » quand on me propose un énième verre, au risque de passer pour la fille tradi un peu reloue, de toute façon je suis végétalienne et ça fait déjà chier mon entourage alors j’ai l’habitude de ne pas faire comme tout le monde, un peu plus, un peu moins…

Aujourd’hui, j’en arrive à la conclusion que la modération rassure. On se dit qu’on peut boire un petit verre une fois de temps en temps. Mais pour quoi faire ? Souvent, pour faire plaisir à autrui. Or je crois qu’il est urgent de penser à soi avant tout. Je suis la personne la plus importante de ma vie, je suis responsable de mon corps, de ma santé mentale, des personnes que je fais entrer dans mon cercle, de ce que j’écoute, de ce que je lis et j’en passe. Mon objectif 2022 est de mettre plus d’amour dans ma vie, à commencer par celui que je me porte. L’alcool n’a jamais eu aucun rapport avec l’amour, c’est souvent la haine de soi qui pousse à boire, j’en sais quelque chose. Alors je vous souhaite de vous aimer, coûte que coûte, même si vous ne savez pas comment faire, même si l’opération paraît impossible. Bonnes fêtes à tous 💖

Le spritz d’Ousia, festif !

Le témoignage de Mégane

A 25 ans, les souvenirs que j’ai de mon père sont ceux d’un homme avec deux visages. Le premier est autoritaire, violent, fermé, pervers tandis que le deuxième, c’est plutôt l’inverse. Ce deuxième visage de lui était joyeux, drôle, aimant, affectueux. L’un était sobre, l’autre non. 

J’ai toujours connu mon père avec une bouteille à la main, décuvant sur le canapé le week-end, ronflant à en faire trembler les murs. Mettre son visage de méchant la semaine et celui du gentil le vendredi soir. Il avait l’alcool heureux. Mais la majorité des cas, ça aurait pu mal finir.

Quand j’étais petite, je me disais: « Je préfère quand papa est joyeux, c’est bien quand il boit la boisson pour les grands. » Mais en grandissant, j’ai compris que non, je n’aimais pas ça.

Mes parents se sont séparés quand j’avais 12 ans et le dernier de mes frères n’avait que 6 mois. C’est là que ça a commencé à devenir grave.

Quand on était chez lui et qu’on devait aller faire les courses, on savait que l’on allait rentrer que très tard, sans trop grand chose dans le coffre. Son rituel avant de commencer c’était d’aller au bar, remplir une grille de quinté en espérant gagner et boire une bière en attendant les résultats. Pendant ce temps, mes 4 petits frères et moi, on déambulait dans le super U, livrés à nous-mêmes, à faire des allers retours pour aller voir notre père et lui dire que l’on avait faim et soif. Il nous prenait un sirop ou un jus, nous donnait un peu d’argent et nous laissait seuls, pendant que lui en était à son 4ème demi de bière avec ses copains du bar. Il faisait chaud ce jour-là et on s’ennuyait. On faisait des tours de caddie sur le parking, avec notre frère d’à peine 1 an. On a attendu notre père dehors pendant 3 heures.

Quand il prenait la voiture, il mettait la musique à fond, faisait volontairement des zigzags sur la route, accélérait, jouant avec la pédale de frein pour secouer la voiture. Il passait par les « routes à 3 grammes » pour ne pas se faire contrôler, coursait les lièvres en faisant des appels de phares. Plusieurs fois on a faillit mourir, tout les 6 dans la voiture.

A la maison, on avait le droit aux gifles quand on n’écoutait pas ou qu’on lui tenait tête. 

J’ai commencé à fumer des cigarettes en cachette a à peine 13 ans et je buvais quand j’étais chez lui. Au début, c’était un petit verre pour faire comme les grands mais a partir de mes 18 ans, j’ai commencé à aller seule en boîte de nuit avec mes amis et à boire, énormément, à ne plus en tenir debout et à avoir du mal à aligner deux mots. 

Aujourd’hui, je ne vois plus mon père et je ne veux plus. Celui que j’admirais quand j’avais 5 ans est aujourd’hui une des personnes que je hais le plus au monde. Après avoir écouté ma maman pleurer et me parler de ce qu’elle a vécu avec lui durant 17 ans, je l’ai détesté. C’est un homme mesquin, pervers, toxique et destructeur. Il n’a pas détruit que nos vies à nous, il a aussi détruit celle de plusieurs petites filles. Parce que oui, mon père est un pédophile en plus d’être un alcoolique.

J’ai plusieurs fois eu droit à des remarques ou des gestes déplacés de sa part comme une main ferme sur la cuisse, des yeux pervers quand il me regardait, « viens sur mes genoux pépette » en me faisant un clin d’œil alors que j’avais 14 ans..

Ayant pour figure paternel un homme comme celui là, ma vie sentimentale est un vrai bordel dans laquelle j’accumule les relations toxiques qui me détruisent à mon tour. 

Ça n’est pas mon père qui est suivi pour ses problèmes, c’est moi.

Le témoignage de Ellie, alcoolique abstinente depuis 166 jours

Ellie vit à l’Ouest du Québec, je l’ai rencontrée via les réseaux sociaux, notre première discussion a eu lieu en pleine nuit (pour moi), il était 4h. Quand elle m’a annoncé qu’elle arrêtait de boire, j’étais si heureuse pour elle ! Dans la vie, Ellie aime faire des puzzles quand elle est stressée, ça la détend, et elle adore faire des cupcakes, au point d’en faire peu à peu un business !

Baby Ellie ❤ et aujourd’hui 🎈

J’ai 26 ans et je suis alcoolique abstinente depuis 166 jours.

Très jeune, dès mes 4 ans pour être plus précise, un membre de ma famille me forçait à boire de la bière afin que je devienne une petite poupée de chiffon sans défense et qu’il puisse abuser de moi. L’alcool, j’en ai bu régulièrement pendant quatre ans. Puis à l’âge de 12 ans, la bière s’est transformée en alcool fort l’instant d’une nuit. C’était la première fois que je faisais un blackout à cause de l’alcool et bien sûr, ce n’était pas mon choix. 

Ainsi, après ce début de vie chaotique pour ne parler que de l’alcool, je n’ai pas bu une seule goutte jusqu’à mes 25 ans. J’avais un dégoût profond de l’alcool, qu’importe le type. Pendant les anniversaires, les fêtes, pendant le soirée entre amis.. je prétextais ne pas pouvoir boire avec mille-et-une excuses. J’étais rendu la pro. «Ah oui, mais en fait je prend de la médication qu’on ne peut pas mélanger avec de l’alcool..!» J’ai même déjà prétexté être enceinte à un groupe d’inconnus dans une soirée. 

Et puis un jour, soudainement, tout a changé en moi. J’ai eu cette envie tellement forte de boire, d’engourdir le profond mal-être qui, autant le dire, était en moi depuis toujours. Ainsi, le jour de mon anniversaire je bois un.. hm non: deux verres de rhum&7up.. ah tiens, rajoutons un.. deux.. trois shots de téquila, c’est tellement amusant. Wouah je me sens tout drôle, c’est amusant tout ça! Hey on a 25 ans qu’une seule fois non? 

Voilà voilà, ma chute entre les mains de l’alcool commence exactement là. Le jour de mes 25 ans, un après-midi du printemps 2020. Dès le lendemain, j’achète une bouteille de vodka et du jus d’orange.. et de la liqueur de framboises et je bois à en perdre la tête, je suis si bien! Je ris comme je n’avais jamais ri. Je deviens si légère peut-être que je vais finir par m’envoler?? Les bouteilles deviennent vides et de nouvelles apparaissent, encore et encore et encore. Bientôt, je perds mon emploi en restaurant, très rapidement d’ailleurs. Pourquoi? Parce qu’au travail, je ne pense qu’à l’alcool, je suis agitée, j’ai la tête ailleurs.. et je finis par ne plus entrer travailler et ne plus répondre aux messages de mes employeurs. Je m’en fous après tout, j’ai besoin que de l’alcool moi! L’alcool me fait vivre, et je vis pour l’alcool. 

Je me réveillais vers 9h totalement en gueule de bois, commençais à boire à 11h au moment où mon taux d’alcoolémie frôlait le 0, j’ignore ce que je faisais honnêtement de mes journées autre que boire comme si je n’avais pas de fond mais je me réveillais vers 19h, en vomissant ou dans mon vomi et puis je rebuvais encore un peu pour finir par m’endormir pour de bon.. Le lendemain, je ressentais un vide immense, un calme si grand, le chant des oiseaux que j’aimais tant avant était rendu mon ennemi le plus fort.. sauf que plus la matinée avançait, plus l’agitation, l’anxiété grandissaient, plus l’envie de boire devenait urgente. Évidemment, je cédais sans hésitation.

Et puis un matin, j’ignore encore comment je suis arrivée là, je me suis réveillée à l’hôpital. J’étais sous perfusion et très confuse. Mon psychiatre est arrivé peu de temps après mon retour sur terre et il m’a gentiment accueilli avec un: «Tiens tiens, t’as encore l’intention de me vomir dessus ce matin???» Voyant ma perplexité, il me dit simplement que je vais devoir passer quelques jours en psychiatrie le temps de revenir sur terre. Il me parlait de ma dépendance à l’alcool, du taux d’alcoolémie que j’avais à mon arrivée à l’hôpital.. et j’étais là à le dévisager. Moi? Dépendante à l’alcool? Haha. IMPOSSIBLE! 

Et puis voilà les symptômes du sevrage sont arrivés. Il faut qu’on en parle? Vous les connaissez sûrement déjà, et moi je les niais tous.. enfin oui je niais… jusqu’au moment où j’ai fait une crise de convulsions. Là tout est devenu sérieux dans ma tête. C’est bon. J’étais dépendante à l’alcool, c’était vrai. Je n’ai pas compris réellement que j’étais alcoolique en même temps, je me disais que c’était peut-être une mauvaise passe, que mon corps était dépendant mais pas moi, j’avais seulement trop bu, mais j’étais quand même capable de me contrôler moi… Alors après quelques jours je suis sortie de l’hôpital, et j’ai recommencé à boire… Jusqu’à ce que je me retrouve à l’hôpital encore une fois. Le plaisir que me procurait l’alcool s’était transformé en augmentation de ma souffrance… jusqu’à faire une tentative de suicide. L’hospitalisation forcée m’a aidée à arrêter de boire. J’ai remplacé ma liqueur à la framboise et ma vodka par du jus de canneberge à profusion. Et ça a fonctionné durant exactement 7 mois. J’étais si fière et en prime, j’avais repris ma vie en main.

J’ai cru que je m’en étais libérée et que j’étais capable de boire sainement. Alors j’ai pris un verre un soir. Deux verres le lendemain, trois le surlendemain. Et c’était tout près d’être repartie vers la perte de contrôle.. heureusement, un évènement malheureux m’a finalement arrêtée. 

Aujourd’hui, je suis sobre depuis 166 jours. Ça peut sembler peu pour certains. Mais non, je vous assure, c’est une très grosse victoire. Pourquoi? Parce que j’ai réussi à tenir de moi-même. J’ai réussi à lutter chacun des 166 derniers jours alors que oui, je salive rien qu’à l’idée de me jeter sur une bouteille de vodka. 

J’ai 26 ans, je suis alcoolique et je suis fière de ne plus me réveiller dans du vomi.

Pour suivre Ellie sur Insta : @ill_be_healthy_fuck_ed

Et son compte de dessins : @traumatic_draw

Ellie fait des cupcakes hérisson ohlala ❤

Mon avis sur les cocktails sans alcool Ousia drinks

Depuis plusieurs mois je suis avec assiduité l’arrivée d’une nouvelle marque qui propose des cocktails sans alcool, Ousia drinks. J’ai été séduite par leur campagne sur Ulule mais j’ai raté la pré-commande (à deux jours près!!), il m’a fallu attendre des mois avant de mettre la main dessus. Qu’elle ne fut pas ma joie de constater que les petits nouveaux étaient disponibles chez Mon épicerie Paris, rue des Gravilliers.

Ousia, kézako ? C’est grec et ça veut dire l’essence même des choses (en philo). L’essence même de l’apéritif c’est se retrouver, c’est le partage, pas l’alcool. Ousia propose donc pour le moment quatre cocktails sans alcool : G& Tonic , Green Spirit, Rumcito et Spritz. Les deux premiers me faisaient envie depuis le début, je me suis donc dirigée vers eux. Pour ma part, j’aime beaucoup la bouteille, l’image et le logo sont propres, sobres, il est écrit « finement pétillant » ce qui donne envie aussi, j’avais hâte de les goûter et de les faire goûter à mon cher et tendre qui, lui, picole tous les jours comme un gros débile (pardon, bisous).

Sans surprise G& Tonic est l’équivalent d’un gin to sans alcool, autant le dire tout de suite : c’était mon alcool de prédilection, combien de soirs ai-je passé à la Perle debout dans le froid un gin to à la main et une clope dans l’autre (je ne fume plus non plus^^) ? Dès la première gorgée, j’ai été bluffée. Déjà, ils ne mentent pas chez Ousia, c’est bien « finement pétillant » ! Le goût est là, c’est incontestable, on dirait vraiment un gin to sans l’ivresse. Ce qui m’a surprise : c’est très peu sucré, ce qui fait qu’on se concentre vraiment sur les arômes. C’est frais, ça fait « artisanal », « naturel » et c’est très très bon. Il est prévu que j’en rachète pour en faire profiter les amis et la famille. Une vraie réussite !

J’ai ensuite choisi le Green spirit parce que le vert est ma couleur préférée et j’avais envie d’être surprise. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, un cocktail à la menthe ? La coriandre ? Je crois que j’ai encore plus aimé que le G& Tonic (si c’est possible). Je serais incapable de vous décrire les saveurs mais j’ai lu sur le site « il est élaboré autour de notes herbacées de maté et fruitées de houblon relevées d’une étonnante touche d’églantier ». Traduction : c’est frais, c’est original et c’est super bon ! Quand j’ai fait goûter le cocktail à Monsieur il a dit « C’est étonnant ! C’est sophistiqué, j’adore ! ». La blague c’est que c’est exactement l’argument de Ousia, « Green spirit est un cocktail élégant et sophistiqué » peut-on lire sur leur site.

Maintenant j’ai évidemment envie de tester les deux autres, Rumcito et Spritz, ce sera fait très très prochainement. Pour résumer : Ousia est une marque française qui propose des cocktails sans alcool (0%), ils sont naturels, pas de cochonneries dedans, ils sont prêts à boire (bouteille de 27,5cl pour info), sophistiqués, on l’a dit, ingrédients de qualités, peu caloriques (c’est moins de 45 calories la bouteille pour le G& Tonic et guère plus pour les autres!!), made in France, je l’ai déjà dit mais c’est important de le rappeler, et pour ne rien gâcher c’est responsable (les étiquettes sont en fibres végétales recyclées naturelles et biodégradables). Et c’est vegan, aussi. Bref, si ce n’est pas la perfection… Le prix est de 3,50€ la bouteille, ce que je trouve raisonnable pour un produit de si belle qualité. Vous pouvez vous en procurer dans les points de vente ou directement sur leur site.

Et j’oubliais, Ousia propose même un playlist pour boire vos cocktails si vous êtes en manque d’inspiration. C’est un détail mais c’est le genre de détail que j’aime. C’est sur Spotify que ça se passe et sur le QR code de chaque bouteille. Ce petit remix de Secret in the dark de Monika ahlala ça fait remuer son boule, croyez-moi ! Bonne dégustation et merci Ousia (non, ce billet n’est pas sponsorisé mais on peut dire merci quand même héhé).

Le témoignage de Pernelle

Cinquième témoignage sur le blog, celui de Pernelle dont le père est alcoolique. J’ai décidé de donner la parole aux enfants d’alcooliques pour montrer les séquelles de l’alcoolisme sur ces membres de la famille plus vulnérables que les autres qui doivent se construire dans la douleur. Pernelle adore l’automne et le chocolat chaud avec plein de cannelle dedans, les chats et le yoga, et j’ai la chance de la compter parmi mes amies, c’est une personne formidable, voilà 💖

Quel est ton rapport à l’alcool ?

Je n’ai jamais été attirée par l’alcool, je pense avoir pris conscience assez tôt des dommages que cela pouvait causer, j’ai goûté bien sûr comme tout le monde mais je ne me suis jamais pris de cuite de ma vie. Aujourd’hui cela peut m’arriver d’en consommer mais très peu. J’ai toujours dans un coin de ma tête cette petite voix qui me rappelle que ça peut être dangereux et qu’il y a des conséquences.

Avais-tu conscience que ton père était malade, enfant ? Est-ce-que tu comprenais ce qui se passait ou pas du tout ?

J’ai très peu de souvenirs de mon enfance, d’avant le divorce de mes parents (j’avais 10 ans), je ne peux donc pas répondre pour cette période là. Je ne me rappelle pas du tout si mon père avait déjà commencé à boire ou pas, je me souviens juste d’un sentiment de malaise général alors peut être que oui.

Adolescente, je ne comprenais pas ce qui se passait, je pense que j’étais encore trop jeune pour comprendre que l’alcoolisme est une maladie et j’en voulais énormément à mon père. Je me sentais seule au monde et très triste. Et bien sûr coupable de ne pas être assez bien pour qu’il fasse attention à moi…

Il « compensait » son absence en me donnant pas mal d’argent de poche (en tout cas plus que ce qu’avaient mes camarades de classe), ce qui fait que j’étais enviée au collège, pour cette « autonomie » que j’avais et cet argent de poche. J’ai très mal vécu cette période car je n’en avais strictement rien à faire de son argent, j’aurais préféré avoir de sa part de l’attention et de l’affection. Je me sentais vraiment incomprise. 

Penses-tu que ton père a été un parent négligent à cause de l’alcool ? As-tu déjà pensé que vos rapports seraient différents s’il n’avait pas été dépendant de la bouteille ?

Ce n’est pas compliqué à résumer, mon père était absent. Il vivait avec sa nouvelle femme dans son appartement à elle et moi j’ai vécu toute seule à partir de l’âge de 14 ans, lorsque j’ai dû aller vivre avec lui. Évidemment que je pense que l’alcoolisme a joué un rôle dans sa décision de me laisser seule, on ne laisse pas une gamine de 14 ans vivre seule dans une maison en principe, c’est trop jeune non ?

Nos rapports auraient certainement été moins tendus et plus chaleureux s’il avait eu un comportement normal et sensé. Au final nous n’avons jamais eu de vraie relation.

Est-il toujours malade ? Si oui, penses-tu qu’un jour il pourra être sobre ?

Oui il boit toujours mais vu qu’il n’a absolument pas conscience qu’il a un problème, je ne pense pas que cela changera un jour. Aucune discussion n’est envisageable, il coupe toujours court, s’énerve, et change de sujet.

Es-tu en colère contre ton père pour ne pas avoir été capable de t’aimer et de te protéger comme tu en avais besoin ?

Je ne suis plus en colère car avec l’âge j’ai réalisé que c’est la personne qui est en colère qui souffre et que ça ne change rien pour la personne contre qui on est en colère, surtout quand celle ci ne voit pas qu’il y a un problème. Mais ça m’a pris beaucoup de temps, d’heures de thérapie et de travail sur moi pour en arriver là.

As-tu un message à donner à une personne alcoolique qui pourrait nous lire ?

On dit toujours qu’un choix de vie est personnel mais ça c’est du moment qu’il n’implique personne d’autre et je peux dire que l’alcoolisme n’est pas un choix personnel car toute la famille en pâtit.

Le témoignage de Julia, sobre depuis 287 jours

Quatrième témoignage sur le blog, Julia est sobre depuis le 30 décembre 2020, elle vit entre le Sud de la France et la Suède, elle aime les imprimés à pois et la cuisine, entre autres passions. Vous pouvez la retrouver sur son Instagram : Sober as birds.

J’ai une excellente mémoire et un corps bienveillant.

Mes souvenirs ont effacé inconsciemment tous les moments de violence que j’ai vécu enfant. Non pas de la violence sur moi, mais les engueulades violentes entre mes parents, les moments seule avec mon père ivre mort et toute la violence qu’il s’infligeait à lui même. Je ne me souviens de rien.

Je me souviens d’une enfance heureuse, joyeuse, avec beaucoup de câlins, d’affection, de la musique, et ses clopes qu’il allumait au réveil.

Quand il est parti, j’avais 7 ans, tout s’est effondré. Mon amour ne suffisait plus. L’aimais-je assez ? Pourquoi choisissait-il de partir plutôt que de rester à mes cotés, on avait toute une vie à tricoter ensemble. Je me suis sentie abandonnée. Ce sentiment ne me quittera jamais.

Il paraît que j’ai beaucoup roulé dans la bagnole de mon père saoul, car il m’emmenait partout. J’ai une passion pour les voitures, j’adore la mécanique et rouler… J’ai pris beaucoup de risque, eu quelques accidents et je me suis rangée …des bagnoles, depuis.

Ce sentiment de sécurité que me procure la voiture, je ne l’explique pas. c’est l’empreinte du souvenir.

Mon père mentait souvent pour cacher sa consommation de là naissaient d’autres mensonges, et puis, une vie totalement brodée à l’anisé, aux gitanes sans filtres & aux multiples vies dont il aurait rêvé. Il m’a beaucoup menti. Ma mère s’est arrangée avec la réalité, pour faciliter sa vie qui était déjà dure. Je ne lui en veux pas. Mais j’ai été élevée par deux menteurs. Alors aujourd’hui, si on me parle d’un sandwich au saumon alors qu’il est au jambon, ça ne passe pas. La recherche de la vérité est mon guide de survie. Dans quelle vie suis je? Avec qui? 

J’ai compris tôt que « l’alcoolisme est une maladie comme les autres », alors j’ai voulu soigner mon père. J’ai cru que j’étais capable de le sauver. J’ai dépensé dans mon adolescence trop d’énergie devenue des désillusions, des rendez-vous à 800km de chez moi où il ne venait pas, des week-end de ménage pour nettoyer son appartement insalubre. J’ai usé mes premières années d’adultes pour le maintenir en vie, appeler le PMU du quartier pour savoir s’il l’avait vu debout, trop souvent tétanisée par des crises d’angoisses l’hiver, à cause des risques de chutes liées au verglas ;  j’avais peur du téléphone à une époque, de la terrible nouvelle. Puis, il y a eu les démarches administratives pour une mise sous tutelle jusqu’à l’extinction de voix devant la juge. Il ne voulait pas s’en sortir. J’ai mis beaucoup de temps à accepter devoir renoncer.

Aujourd’hui encore, c’est tout frais.

En me soignant moi, je soigne mon père, je romps cette chaîne de l’alcoolisme.

Il s’en est allé, a retrouvé sa liberté quand ma première fille avait 3 semaines, la vie m’a montrée qu’il fallait que je construise ma propre famille désormais. J’abandonnais l’enfant que j’étais car je devenais maman.


Aujourd’hui, je me rends compte de l’importance de regarder devant et non derrière, sinon tu n’avances pas car tu es cloué par les souffrances de tes parents.


Depuis que je ne bois plus, je ne lui en veux plus. Il a fait ce qu’il a pu. Ma mère aussi, je suis si admirative. Je regarde mes parents et je suis reconnaissante de la force qu’ils m’ont transmis. 

Merci Julia ❤

Deux ans sans gueule de bois !

Le 13 juin 2019, après une soirée débauche (je vous passe les détails), je me suis réveillée avec un mal de crâne infernal et j’ai pris une décision : plus jamais je n’aurai une seule gueule de bois, stop, la fête est finie. Au-delà de 30 ans, la gueule de bois n’est tout simplement pas gérable, et c’est pire à 40 (et sans doute encore pire à 50 mais je ne le saurais jamais). J’avais commencé le sport quatre ans auparavant lorsque j’avais arrêté de fumer, il était temps d’être cohérente. Quel est l’intérêt de faire du sport si tu bois comme un trou tous les week-ends ?

Bien sûr, on ne devrait jamais commencer à boire mais d’une part la société nous y pousse dès le plus jeune âge, les industriels de l’alcool dépensent des sommes astronomiques pour rendre les jeunes accro (en Suisse c’est l’équivalent de 38 millions d’euros chaque année), d’autre part quand on est introvertie comme moi, l’alcool est une aubaine, il permet de supporter les autres, d’avoir une vie sociale, d’être acceptée par le groupe, de se sentir « normale ». Je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, j’aimais pouvoir parler sans rougir, j’aimais pouvoir être drôle, avoir de la répartie, oser aller vers les garçons, je crois que j’aimais être quelqu’un d’autre. Comme beaucoup de personnes sobres, j’ai craint les rencontres, je me sentais incapable d’avoir un rendez-vous avec un homme et en même temps j’avais envie de me faire peur. Au début ça a été catastrophique, je n’osais pas trop m’affirmer, je prenais un panaché ou deux, prétextant que je ne buvais pas trop, je voulais sans doute m’épargner des réflexions. Je me souviens qu’en septembre 2020 j’ai bu des verres de cidre face à la mer avec un charmant garçon, je suis rentrée à moitié ivre mais sans la gueule de bois le lendemain. Je n’ai pas été sobre à 100% pendant deux ans mais je n’ai jamais eu de gueule de bois, j’ai rempli le contrat que j’avais signé avec moi-même.

Je dirai qu’en deux ans, j’ai bu quelques panachés, quelques cidres, quelques bières légères, deux margaritas quand j’étais à New York, mais le 26 mars j’ai passé une journée difficile et j’ai eu envie de boire et je me suis dit « Assume mais fais les choses bien ». Il fallait limiter les dégâts, j’ai acheté une flask de vodka bas-de-gamme (je n’avais pas le choix) et du jus de cranberry (et une glace pour me réconforter après). Avant, je faisais beaucoup ça le vendredi soir mais avec une bouteille de 70cl et quand je n’avais plus de soft je pressais des oranges à 2h du mat’ pour finir la vodka, c’était pathétique… Je n’ai pas bu les 20cl de la flask puisque j’ai jeté mon dernier verre plein dans l’évier, j’ai dansé comme une folle et chanté trop fort (mais les voisins n’ont rien dit, je ne chante pas si faux semble t-il), j’ai appelé mon frère pour lui dire que ça n’allait pas, je me suis réveillée le lendemain sans gueule de bois mais pas en grande forme non plus.

J’ai compris un truc que j’aurais dû comprendre des années auparavant : quand je suis triste, il faut que je bouge pour évacuer. Et faire du fitness ne sert à rien, il faut que je danse et que je chante en même temps, c’est ça mon exutoire, faire la choré de Oops I did it again en m’imaginant dans une combi rouge en latex ! Mon remède à la tristesse c’est me prendre pour Britney Spears dans à peu près n’importe laquelle de ces vidéos (mais je ne connais pas toutes les chorés). Je crois qu’à force d’avoir été bercée aux comédies romantiques où l’héroïne finit toujours par être triste en buvant trop d’alcool et en mangeant n’importe quoi, j’ai fini par être endoctrinée. Si toutes ces scènes de femmes qui boivent à cause d’un homme n’existaient pas, aurais-je l’idée de picoler seule dans mon lit ? Je ne pense pas. C’est bien de l’endoctrinement. Les comédies romantiques nous font aussi croire que le Prince Charmant et la fidélité ça existe alors que statistiquement… c’est très rare, surtout en France (lire l’étude édifiante à ce sujet, la femme Sagittaire trompe plus que les autres, sachez-le).

Je n’ai jamais été dépendante physiquement de l’alcool, je n’ai jamais été en manque par exemple. Je ne suis pas malade. Pour autant, je n’allais pas bien et mon but était clairement de m’anesthésier pour éviter de penser à des sujets fâcheux comme le harcèlement sexuel que j’ai subi au travail, je n’arrivais pas à en parler. Alors je buvais jusqu’à m’endormir comme une masse. Au lieu de boire comme un trou, j’ai changé de vie, j’ai quitté mon taf, mon mec, et même Paris pour aller vivre à la mer (j’ai retrouvé la raison depuis et je suis rentrée à Paris^^), j’ai pris le temps de réaliser un rêve de gosse, j’ai voyagé, et surtout j’ai vu des psys puis j’ai arrêté une fois que j’ai compris ce qui n’allait pas. Au lieu de me prendre pour Wonder woman à faire la psy gratuite avec tout mon entourage, il fallait que je m’occupe de moi et que je n’hésite pas à demander de l’aide. C’était simple, finalement !

En revanche, j’ai été addict aux Xanax et aux somnifères pendant un an et je me suis sevrée en « oubliant » mes comprimés avant de partir au Népal, ce fut horrible, cauchemars, délires, hurlements, sueurs froides puis chaudes… mais efficace (ne faites pas comme moi, on peut en crever, j’ai eu de la chance). Aujourd’hui je ne prends jamais de médicaments, même pas de l’aspirine, je préfère souffrir, parce que je me connais et je sais que c’est un danger, pour moi le Xanax c’est des Smarties… L’été dernier j’ai été opérée de l’appendicite, on m’a mise sous Tramadol, j’étais aux anges (soupirs). De retour chez moi j’ai eu mal mais j’ai pris un seul comprimé d’aspirine par jour pendant trois jours et j’ai donné les autres à une asso. Pour l’alcool, je sais que je pourrais consommer avec modération mais ce n’est pas ce que je souhaite non plus. Puisque je n’aime pas le goût de l’alcool, quel est l’intérêt de la modération ? Il n’y en a pas. Je préfère m’abstenir, mon choix est de ne pas boire une seule goutte, pour ma santé, pour être en cohérence avec mes autres choix de vie. Peut-être serais-je tentée de boire un Bellini à Venise avec ma mère (c’était notre truc avant le Covid), je ne sais pas si je le ferais, j’essaierai toujours de demander une version sans alcool. D’autant que pour prendre l’exemple du Bellini, ce que j’aime c’est le nectar de pêches blanches, et je peux remplacer le champagne par sa version sans alcool, ça ne m’enlève rien, au contraire, j’y gagne ! Mais si je buvais un verre, je ne considérerais pas ça comme un échec non plus, je peux me permettre d’être souple, j’ai cette chance.

L’ivresse me manque parfois, je le confesse, mais il y a tant d’autres façons d’être ivre, un très beau film peut me faire le même effet, une chanson émouvante, le regard rempli d’amour de mes chats, un magnifique coucher de soleil, une partie de jambes en l’air exaltante, un succès professionnel, une bonne nouvelle. Tout est là, à notre portée, je crois que plus que l’abstinence, ce qu’il faut changer quand on arrête de boire de l’alcool, c’est le regard qu’on a sur le monde. Ne plus boire c’est avoir le courage de vivre sans artifices, sans excuses quand on fait des erreurs, ne plus boire d’alcool c’est avoir l’audace d’être pleinement soi. C’est prendre la responsabilité de sa vie, ne plus se cacher, c’est peut-être l’un des plus beaux cadeaux qu’on peut se faire. Par ailleurs, j’ai remarqué que s’il y a deux ans on me demandait pourquoi je ne buvais pas, aujourd’hui on me dit « Je suis impressionné, j’aimerais pouvoir faire comme toi ». Les mentalités changent doucement, je reste persuadée que dans dix ans boire de l’alcool sera considéré comme un truc de gros beauf !

Mon avis sur le thé glacé pétillant Détox de UMÀ

Umà est une marque de boissons sans alcool créée par Paul et Simon en 2015. En créant Umà, ils souhaitent proposer des boissons artisanales qui ont du goût et qui pourraient être une alternative valable aux sodas industriels et standardisés du marché. La bière et le vin ont fait leur révolution avec l’émergence de jeunes marques audacieuses ; pourquoi pas les boissons sans alcool ?

Umà est donc focalisée sur la qualité et le goût mais aussi la simplicité des ingrédients, des recettes 100% naturelles, bio, sans colorants, sans conservateurs, sans arômes artificiels. Que du bon ! Reste un mystère pour moi : pourquoi la marque s’appelle Umà ? Aucune idée mais c’est joli je trouve.

Quand je suis tombée sur cette marque que je ne connaissais pas du tout chez Monop, je n’ai pas hésité une seule seconde, je dois dire que je n’ai même pas regardé le prix. J’ai vu l’étiquette colorée, j’ai lu les ingrédients, j’ai pris direct ! « Détox » tombait à pic, je venais d’engloutir quelques grilled cheese sandwiches (hum). Mais Détox, c’est quoi exactement ? C’est une infusion aux saveurs subtiles et originales, réalisée à partir d’infusion de fleurs de bourrache, de curcuma et de noix de kola. C’est naturel, il n’y a pas de sucre ajouté et c’est fait ici en France.

Je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, j’ai adoré cette boisson Détox qui me donne envie de tester le reste de la gamme (Thé Noir, Thé Vert, Limonade, Rooïbos, Cola etc). C’est frais, légèrement pétillant, ça a un vrai bon goût, le sucre est léger et c’est désaltérant. Le goût m’a fait penser au Liptonic, j’adorais cette boisson mais elle était trop sucrée et le thé Lipton bon bah c’est pas du vrai thé, disons-le. Avec Détox j’ai la version haut-de-gamme du Liptonic de mon enfance, sincèrement ça n’a pas de prix, merci Paul et Simon ! D’autant que niveau calories on est sur du très bon puisque la bouteille contient à peine 40 calories pour 25cl. Une bouteille contient 50mg de caféine naturelle extraite de la noix de kola soit l’équivalent d’un café allongé. Moi qui déteste le goût du café, voilà une belle alternative pour bien commencer ma journée.

Je vous conseille vivement de tester cette boisson Détox et je vous présenterai bientôt le reste de la gamme, j’espère vous avoir donné envie d’essayer Umà.

Nom : Détox de Umà, 2,50€ chez Monoprix

Calories : 40 pour une bouteille de 25cl

Amour sans alcool

Les Alcooliques Anonymes préconisent de ne pas avoir de relations (ni sexuelle, ni sentimentale) la première année de sobriété. Si le conseil peut sembler un peu difficile à avaler, je crois qu’il n’est pas anodin. Il est rare d’avoir une seule addiction… L’abus d’alcool va souvent de pair avec un mauvais choix dans le reste de sa vie et les relations en font bien souvent partie, combien de personnes alcooliques sont aussi dépendantes affectives et/ou sexuelles ? Je n’ai pas les chiffres mais je sais que les deux sont liés. Il est conseillé d’attendre d’être vraiment guéri pour commencer à « relationner », l’abstinence peut permettre de faire un état des lieux de sa vie sentimentale/sexuelle. Ces dernières années j’ai pratiqué l’abstinence au moins la moitié de l’année et j’en ai toujours retiré beaucoup de bénéfices (rétrospectivement).

Quand j’ai décidé de ne plus jamais avoir de gueule de bois, je voulais aussi ne plus jamais avoir de plan cul. Comme je l’ai déjà écrit sur ce blog maintes et maintes fois, ivre j’étais cette fille libérée convaincue que le sexe sans lendemain était un choix, une façon de s’empower ou je ne sais quelle connerie alors qu’en fait j’étais juste en manque d’affection. J’ai tenu quelques mois sans sexe puis j’ai choisi un mec sur Tinder en lui expliquant en toute transparence ma situation, j’en ai parlé ici. Puis j’ai eu des amants à qui j’expliquais que je ne buvais plus, j’ai été tentée par l’un deux qui avait apporté une bouteille de champagne, j’avais bu deux verres, trouvé ça dégueulasse, ça m’a rappelé pourquoi je ne buvais plus en quelque sorte. Sobre, j’ai découvert que je pouvais avoir une sexualité encore plus intense puisque je savais ce que je faisais (ça paraît bête haha). Je ne sais pas trop comment je faisais pour boire autant et avoir une vie sexuelle, j’ai envie de prendre dans mes bras cette fille que j’ai été et lui dire que ça va s’arranger. Je ne comprends pas pourquoi c’est normalisé à ce point de boire de l’alcool à un premier rendez-vous, comme si on ne pouvait pas faire quelque chose de plus intéressant ? Je ne sais pas moi, se promener dans un bois, aller voir une expo, se faire un tea time avec des scones, participer à un cours de cuisine ? C’est sans doute parce que le dating game s’est américanisé, il y a dix ans lorsque tu rencontrais un homme sur un site de rencontre, ça voulait dire que tu essayais d’avoir une histoire, aujourd’hui, tant que tu n’as pas eu la « conversation », personne n’est vraiment en couple, chacun est libre.

J’ai rencontré quelqu’un il y a peu de temps et je ne suis pas tentée du tout lorsqu’il boit un verre de vin pendant le repas (bon, il faut dire que moi j’étais plus « gin tonic » que « vin rouge »), il respecte le fait que je refuse de boire, il m’admire pour ça ! Évidemment je préférerais être avec quelqu’un qui ne boit pas d’alcool, qui est vegan aussi etc mais tant qu’il est bienveillant et respectueux, le reste je crois que ce n’est pas si grave. Et puis je dois dire que je m’interroge sur celles et ceux qui décident d’arrêter l’alcool alors qu’ils sont déjà en couple, ça ne doit pas être facile non plus à gérer. Un ami me disait qu’il s’était rendu compte que son divorce lui avait permis d’être sobre alors qu’avant il replongeait tout le temps, notamment parce que sa femme lui disait « Si tu m’aimais, tu ne boirais pas », il se sentait coupable, bref c’était un cercle vicieux. En rompant ce cercle vicieux il est arrivé à deux ans d’abstinence pour la première fois de sa vie, après avoir bu de ses 12 ans à ses 40 ans. Je crois que l’arrêt de l’alcool peut finalement être la chance de quitter quelqu’un qui n’est pas bon pour soi, le « méchant » n’est pas toujours celui qu’on croit ! Finalement, ne plus boire c’est se recentrer sur soi, sur ses besoins, sur ces rêves qu’on avait et qui ont été enfouis à cause de l’alcool. Et si le but n’est pas l’abstinence totale pour tout le monde, je crois que se poser les bonnes questions sur sa consommation ne peut faire de mal à personne, surtout en cette période de réouverture des terrasses…

p.s : le témoignage (en anglais) d’un homme qui a respecté la règle du 1 an sans relations ici

The Virtues : la brillante série anglaise dont le héros est malade alcoolique

« Joseph, alcoolique et dépressif, décide de renouer avec sa sœur qu’il n’a pas revue depuis trente ans. S’inspirant de sa propre histoire, Shane Meadows (« This is England ») explore avec gravité les thèmes de la vengeance et du pardon. Une formidable odyssée intime doublement primée à Série Mania – Grand Prix et Prix d’interprétation masculine (Stephen Graham) »

Il est des séries qu’on aime tellement qu’il nous est presque impossible d’en parler, c’est ce qui s’est passé avec The Virtues dont j’ai évoqué la découverte à mon frère, je lui ai juste dit « Je t’en prie, regarde-là et reviens vers moi après pour qu’on en parle ». Mon frère ne suit absolument jamais mes conseils, pourtant un jour il m’a appelé et il m’a dit « J’ai adoré cette série, les anglais sont vraiment forts pour nous faire rire et nous mettre la larme à l’œil en même temps, et la musique… ! ».

Je pourrais m’arrêter là mais je vais essayer de vous convaincre aussi parce que c’est tout de même le but de ce petit billet. Ce que j’ai aimé dans cette série au-delà de l’écriture, des acteurs qui sont tous exceptionnels et qui nous ressemblent (contrairement aux séries américaines où ils sont tous beaux comme des mannequins), de la bande-son dont parlait mon frère (PJ Harvey, Lisa Hannigan, Laura Gibson..), c’est son personnage principal, Joseph qui est malade, perdu, et à qui on a envie d’ouvrir nos bras. Il y a très peu de représentations de malades alcooliques réalistes dans les productions cinématographiques, c’est souvent un jeune qui fait trop la teuf ou un vieux type violent qui hurle… Joseph est, comme beaucoup de malades, hanté par un trauma dont il n’a pas encore conscience, il sait que quelque chose ne « tourne pas rond », il a mal à sa vie sans savoir ce qu’il faut faire pour se remettre sur le droit chemin, et c’est sa quête de vérité dont nous sommes les spectateurs. On ne boit jamais sans raison, derrière la terrible maladie qu’est l’alcoolisme, il y a l’anxiété, la dépression, les secrets de famille, l’isolement, le désespoir…

Durant les quatre épisodes de cette mini-série, nous suivons Joseph vers ce qui va le libérer, c’est à la fois beau, brut, intime, intense, émouvant, et la fin est exceptionnelle, ce qui ne gâche rien. Je ne veux pas trop en dire parce qu’il vaut mieux découvrir la série que d’en lire un résumé qui en dévoilerait trop. Il découle plein de pistes de réflexion sur des sujets tels que la famille, l’enfance, les addictions, la quête de l’identité, la vengeance et le pardon. Si vous pensez que ce sont des sujets trop lourds, sachez que je suis très sensible et je suis obligée de me préserver (genre je ne pourrais jamais regarder Irréversible de Gaspard Noé à cause de la scène de viol dans un parking), ici c’est filmé sans voyeurisme et surtout je tiens à le dire : ça se termine bien, il y a un propos. On n’est pas sur une série qui va vous donner envie d’ouvrir la bouteille de vodka, au contraire ! On est sur une série qui vous redonnera foi en l’humanité. Et qui vous rappellera si vous l’aviez oublié que l’amour est un peu la réponse à toutes les questions. Et que l’Irlande, c’est vachement beau.

C’est en ligne du 14 mai au 11 août 2021 sur Arte, cliquez sur le lien:)

P.S : je ne vous mets pas le lien du trailer parce qu’il montre trop de l’intrigue !