Mon avis sur la Tourtel Botanics

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Je l’avoue je suis une cible de rêve pour les supermarchés, dès que je vois le mot « nouveau », je me précipite telle une victime du marketing…

Mon regard s’est posé sur la nouvelle bière sans alcool intitulée « Tourtel Botanics ». Le packaging m’a fait de l’œil, c’est tout à fait ce que j’aime, des tons très naturels, quelques plantes et des citrons, beaucoup de vert… Quand je vois le packaging je pense tout de suite que cette merveille ne pourra pas me faire de mal !

Effectivement 88 calories la bouteille de 27,5cl, c’est honnête ! D’autant qu’il est précisé « sans sucres ajoutés », ce qui signifie que cette bière sans alcool contient les sucres naturellement présents dans les jus de fruits et l’orge. En clair, ça veut dire qu’il n’y a pas de sirop de glucose, l’ennemi de la taille 36. Mais ce n’est pas tout, les mentions « sans édulcorant », « sans colorant » et « sans conservateur » permettent de rassurer le futur acquéreur de ces nouvelles boissons au citron vert et à la fleur de sureau.

Néanmoins… parce qu’il ne fallait pas rêver, les licornes n’existent pas… Chaque bouteille contient l’équivalent de 16,5grammes de sucre soit presque trois morceaux de sucre. Quand on sait qu’alcool ou pas, on a tendance à boire non pas une bière mais au moins deux… ça fait mal quand on pense que l’OMS recommande 25 grammes de sucre par jour, là en deux bières tu exploses l’OMS (enfin…ton taux de sucre, t’avais compris). Peu importe que le sucre soit celui des fruits, ça reste douloureux.

En résumé, cette bière est moins calorique qu’une bière classique mais plus sucrée…

Question fatale : est-ce que c’est bon ? La réponse est oui, c’est même très bon, très rafraîchissant, le goût est beaucoup plus « naturel » qu’une Tourtel Twist classique (vendue moins cher).

C’est agréable de pouvoir boire une bière sans alcool entouré d’amis, on retrouve le geste de décapsuler la bouteille, on dirait une bière classique, c’est presque comme avant mais c’est encore mieux puisque le taux d’alcool est à 0,0% !

Compte tenue de sa teneur en sucre, je me contente de boire ce type de bière uniquement lorsque je suis invitée chez des amis, j’en apporte un pack, il y a toujours quelqu’un qui veut goûter, ça permet de partager sa sobriété avec les autres (même s’ils finissent par boire de la vraie bière et avoir mal aux cheveux le lendemain).

Le prix d’un pack de 6 est autour de 5€, ceux qui n’aiment pas le citron peuvent se tourner vers « cranberry et romarin », j’ai hésité je l’avoue…

Note : 7/10 si c’était moins sucré, cette bière serait parfaite !

Pour retrouver tous les tests de boissons non alcoolisées sur Instagram = #testadieugdb

@adieugueuledebois

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Boire ou fumer (ou arrêter les deux)

Pendant longtemps j’ai fumé des cigarettes, pas n’importe lesquelles, c’étaient des Camel. Le simple fait de sentir une cigarette de cette marque me replonge dans mes années enfumées… ahhh comme j’aimais ce geste, ce rituel, cet objet de plaisir ! Lorsque j’ai arrêté il y a trois ans, tout le monde m’a félicitée. On vantait mon courage et ma volonté, ma persévérance (c’était genre la sixième fois que je tentais d’arrêter…) ; je faisais l’unanimité.

Quand j’ai décidé d’arrêter de boire de l’alcool, personne ne m’a félicitée. On m’a posé plein de questions :

Ma mère « Mais je ne comprends, tu es alcoolique ? »

Mon (enfoiré de) frère : « Mais lol t’avais déjà dit ça l’année dernière, non ? »

Une pote « Attends Pandora faut pas exagérer t’as rien d’une alcoolique, tu bois même pas toutes les semaines ! »

Un plan cul « T’es en train de me dire qu’on se fera plus de soirée Poliakov-sexe ? Sérieux ? »

Une inconnue « T’as pas peur de te faire chier sans alcool ? »

Pardon, mon père m’a félicitée sans me poser de questions. C’est bien le seul…

Pourquoi tant de haine envers celles et ceux qui ne souhaitent plus boire ? Parce que l’alcool est synonyme de moments festifs, de célébrations en tous genres, mariage, enterrement de vie de jeune fille, anniversaires, promotions, Noël et j’en passe. L’alcool c’est sympa, l’alcool c’est convivial, ça rapproche les gens, ça rend moins coincé, plus ouvert, plus fun. Pourtant nous sommes nombreux à avoir un vrai problème avec l’alcool, je sais que je ne suis pas la seule, je l’ai vu, je le vois. J’ai un pote qui a arrêté de boire il y a un an et moi aussi je lui ai dit alors qu’on prenait un verre à la Butte aux Cailles « Tu peux quand même boire une bière avec moi, juste une ! Qui boit du jus de tomate à 17h ? ». Le fait qu’il refuse de boire et qu’il s’y tienne c’était un miroir tendu, or je ne voulais surtout pas voir la réalité en face. Comme moi il buvait « mal », c’est-à-dire avec excès, comme moi ses pires souvenirs honteux sont liés à l’alcool… Je ne lui ai pas encore dit que j’avais arrêté aussi…

Le tabac et l’alcool sont les drogues légales qui tuent le plus en France. Le tabac c’est 78000 décès par an contre 49000 pour l’alcool.

Dans mon cas, la cigarette était une addiction, je fumais tous les jours, parfois deux paquets. Je fumais quand j’étais malade, je fumais tout le temps, persuadée que la chose me permettait d’affronter mes journées sans stress (alors que c’est prouvé que fumer augmente le stress mais là n’est pas le sujet…). Concernant l’alcool, c’est différent. Même si je ne suis pas alcoolique, le simple fait de me demander si je l’étais prouve qu’il y avait un problème. Pour arrêter de consommer de l’alcool alors qu’on n’est pas malade, faut-il être fou ? Je pense qu’au contraire il faut être clairvoyant, il vaut mieux arrêter AVANT de sombrer dans l’alcoolisme. Pour arrêter de boire en société, il faut impérativement se foutre de l’opinion des autres. Je dirais même qu’il faut aimer dire « non, merci », chez moi il y a une espèce de forme de rébellion adolescente, le fait d’être à contre-courant me plaît pas mal, je revendique haut et fort mon choix de ne pas boire. Je respecte ceux qui boivent bien entendu mais je ne me cache pas, voilà. Qui sait ? Peut-être qu’en France aussi ce sera trendy de boire des virgin mojitos dans les bars ? Rien ne me ferait plus plaisir:)

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« Non »

Pendant très longtemps j’ai eu à cœur de faire plaisir à tout le monde. Ma famille, mes amis, mes ex, mais aussi des dates non concluants à qui j’écrivais que je n’avais pas eu le coup de foudre mais merci pour le bon moment ! La fille sympa. Toujours là pour répondre aux appels des amies désespérées (je n’avais que ça!). Tu viens d’apprendre que ton ex a une nouvelle copine ? Heureusement Pandora est là pour écouter tes jérémiades pendant non pas une ni deux mais TROIS heures non stop, à me demander à quel moment je pourrais lui faire remarquer que… elle aussi a un nouveau mec donc où est le problème ? J’étais fatiguée, ça prend beaucoup d’énergie d’écouter et rassurer les autres, surtout quand on est sensible comme moi. Je ne prends pas ça à la légère, je veux vraiment écouter et comprendre et être là.

Quand j’avais besoin de mes amis, et c’est rare que je demande de l’aide, ils n’étaient tout simplement pas là. Et je pense que je suis responsable de cette situation : à force de montrer que je suis cette personne toujours disponible, personne ne se doute qu’il m’arrive d’avoir besoin moi aussi de m’épancher. Je sais qu’il existe au fond de moi un petit troll qui veut se sentir indispensable pour les autres, sans doute mon ego, cet enfoiré. J’ai appris à faire taire mon ego, à être ma priorité puisqu’il s’agit tout de même de ma vie… ça paraît évident mais j’étais tellement dans une routine merdique que j’avais oublié l’essentiel : moi.

Aujourd’hui, une amie m’a demandé si je pouvais l’aider à rédiger une critique de film et j’ai dit « non ». Je n’ai même pas dit « non, je suis désolée ». J’ai dit « non, je n’ai pas vu le film, je ne connais pas le sujet, je pense que c’est à toi de l’écrire ». Ce matin, un mec de Tinder me recontacte via Insta et me dit qu’il est rentré à Paris, j’ai dit que j’avais changé de numéro de téléphone (vrai) et changé de vie (encore vrai) et que je ne voyais pas l’intérêt de le revoir. Quand il m’a demandé « Why ? », j’ai menti, j’ai dit que j’étais en couple. Non pas parce que je n’assume pas, juste parce que c’est le genre de mec habitué à tout avoir, toute autre excuse aurait été inutile, il m’aurait pourchassée. Je me fous complètement de ce qu’on peut penser de moi, je choisis d’être la personne que je n’ai pas envie de décevoir. Pour le reste, je fais de mon mieux … On peut considérer que je suis devenue égoïste, très bien, si tu veux, mais c’est ta perception, pas la mienne.

Je découvre le pouvoir de dire « non ». La joie ressentie quand j’annonce « Non merci pas de bière pour moi, je ne bois pas d’alcool ». Le bonheur d’oser dire « Non, ce soir je ne sors pas, je reste dans mon canap’ avec les chats ». Le phénomène est quelque peu addictif « Non, le poste que vous proposez ne correspond pas à mes attentes, mais merci d’avoir pensé à moi ». Ou « J’ai passé un très bon moment, mais non je ne souhaite pas te revoir ». « Non, je ne participe pas à la cagnotte de Glandue, je ne la connais même pas ! ». « Non, je n’ai pas d’enfants et je n’en veux pas » (je ne dis pas que je préfère les chats mais je le pense très fort ^^).

Non. Non. Non. Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon:)

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De Tinder et de la sobriété (il y a un rapport, je le jure)

L’autre jour je regardais une vidéo d’un mec sur Instagram, il expliquait pourquoi on ne devrait pas utiliser les apps de rencontres (Tinder, on pense fort à toi). Son propos était simple : sur ces apps des êtres humains sont présentés comme des produits dans un catalogue, une photo et une phrase de description, pareil que pour une boîte de céréales ou une scie sauteuse (je ne sais pas où je suis allée chercher ça…). Ce qui nous force à traiter des hommes et des femmes comme s’ils étaient des objets ; en un coup d’œil on décide de leur sort : si je vois un intérêt à côtoyer cette personne, je swipe à droite, si je n’en vois aucun, je swipe à gauche. Inconsciemment, je me propose comme un objet de consommation et je considère les autres comme tels. C’est un comportement malsain qui finit par changer notre perception des autres, nous faire déprimer et renforcer notre sentiment de solitude. Normal, qui aimerait être traité comme un objet ? Qui a envie d’être résumé à trois ou quatre photos et une description souvent « humoristique » (la mienne c’était « Probablement la seule meuf de France qui n’aime pas les bruns barbus », le pire c’est que c’est vrai, même pas drôle…).

Quel est le rapport avec l’alcool me diras-tu ? Il y a deux mois j’ai arrêté Tinder, fatiguée d’envoyer le premier message à des mecs qui ne répondent jamais, fatiguée de voir tous ces profils qui sont là à végéter, fatiguée du manque de personnalité et/ou de culture, du manque d’originalité, bref, fatiguée. Au début c’était excitant, j’étais nouvelle sur le marché du célibat, j’avais des super likes et je me sentais comme Miss Monde (il m’en faut peu, vous remarquerez), puis tu te rends compte que certains mecs like toutes les filles puis unmatch ensuite, c’est super violent comme pratique, surtout quand comme moi tu like un mec sur quatre-vingt en moyenne…

Je jure qu’il y a un rapport avec l’alcool. A chaque fois que j’ai pris un verre avec un mec rencontré via une app, on commençait par boire une bière, histoire de se détendre. Souvent, quand le mec me plaisait IRL (une fois sur deux on va dire parce que les photos mytho c’est courant aussi chez les mecs), on terminait la soirée chez lui ou chez moi à boire, boire et encore boire. En gros j’avais besoin d’alcool pour supporter le fait que je rencontrais un quasi inconnu que j’avais choisi en premier lieu pour son physique. Et je ne vais pas mentir, parfois c’était très bon d’être traitée comme un objet parce que c’est ce que je voulais, parce qu’en face j’avais un charmant jeune homme qui était prêt à jouer le rôle de mon sextoy. Mais le lendemain quand tu te réveilles avec un horrible mal au crâne et la bouche pâteuse, c’est la débandade (huhuhu). La seule chose que le mec qui est à côté de toi t’inspire c’est « Putain il faut que je me tire d’ici et vite ! ». La dernière fois que j’ai rencontré un mec via Tinder, le lendemain matin il m’a fait un câlin dont je me suis extirpée sans aucune grâce. Pour éviter d’être un robot, j’ai arrêté Tinder et pour éviter de côtoyer des mecs qui ne me plaisent que physiquement mais que je trouve inconsistants, j’ai arrêté l’alcool.

Sobre, je peux donner sa chance à un mec drôle et intelligent qui n’est pas « mon genre ». Bon… si je peux avoir le cerveau et le physique, je ne vais pas cracher dessus !:) Sobre, je peux prendre mon temps, apprendre à connaître quelqu’un… Sobre, je peux être moi-même… or quitte à rencontrer quelqu’un, autant qu’il sache qui je suis vraiment. Je ne suis pas un objet de consommation. Je ne veux pas considérer un autre être humain comme un objet de consommation. Je veux une vraie belle rencontre avec une vraie belle personne. C’est ce que je mérite. Pas juste moi, tout le monde le mérite. Je n’aurais pas à me demander s’il ressemble à ses photos puisque je le verrai en vrai devant moi au détour d’une rue, chez des amis d’amis, dans un aéroport, au supermarché ? Je n’en sais rien, c’est ce qui est magique ! Je sais que la vie va me surprendre alors je ne provoque plus le destin, j’ai confiance. Je ne suis pas pressée, je me réveille tous les matins avec le sourire parce qu’au lieu de voir ce qui manque à ma vie, je vois ce qu’il y a dedans. Et dedans il y a beaucoup de joie et d’amour (et de pizzas) 🙂

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Bilan : 21 jours sans alcool, yay !

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Trois semaines sans une goutte d’alcool. J’ai eu tellement de choses à penser, et l’alcool n’était pas sur ma liste. Lorsque je voyais quelqu’un se servir un verre dans une série ou un film, je faisais même la grimace. J’ai bu toutes ces années pour faire comme tout le monde alors que je n’ai jamais aimé le goût de l’alcool, c’est quand même un comble ! Certes tous les alcools n’ont pas le même goût, nous sommes bien d’accord… Mais je n’ai jamais compris la subtilité du vin, on me répète que ça vient avec les années, je crois que c’est foutu, ça ne viendra jamais. Le vin rouge, juste l’odeur, c’est comme le café, ça me donne envie de vomir…

La seule chose que j’aie aimé dans l’alcool c’est son côté désinhibant. On croit que je suis à l’aise en société, quand je dis que je suis timide, on ne me croit pas : normal, on ne m’a jamais vue sans un verre à la main dans un bar, chez des potes, en soirée. Je vais vous faire une (triste) confidence (dont je ne suis pas fière du tout), je m’étais même mise à apprécier la bière quand je me suis rendue compte que les mecs trouvaient badass les filles qui en boivent… Pourquoi les filles ne boivent pas de bière ? Sans doute parce qu’on dit que la bière fait grossir… Entre une verre de vin blanc et une bière blanche, en terme de calories, c’est sensiblement la même chose mais ce n’est pas le sujet 🙂

Comme il fait chaud, à chaque fois que j’ai envie d’une boisson désaltérante, je me dirige non pas vers les bières sans alcool, dont je reparlerais dans une catégorie à part sur le blog, mais sur le thé glacé. Je le fais moi-même, à l’américaine of course, sans sucre. Je prépare deux litres et demi tous les soirs, une nuit au frigo et le lendemain c’est prêt. Ça prend très peu de temps et c’est économique. Le thé (et la tisane), je l’achète chez Sostrene Grenes, c’est genre 1,12€ les 100gr, et il y a du choix et il est super bon ! Je recommande:)

Pour fêter ces vingt-et-un jours sans alcool, je file binge watcher la saison 3 de Stranger Things, ça ne pouvait pas mieux tomber, c’est un joli cadeau (ne jamais manquer une occasion de se faire des petits cadeaux, des petites récompenses).

Un fantôme

Je marchais dans la rue en direction du supermarché, je me faisais la liste des courses dans la tête, pour ne rien oublier. Surtout penser à acheter la pâtée pour les chats. Le soleil brillait, je portais mes lunettes de luxe et je me la jouais fashion week, ok, je l’avoue, je roulais un peu du cul. Parce que je ne fais même pas 1.60 m (presque!) mais moi aussi j’ai le droit de me la péter, moi aussi je veux défiler et le bitume est mon catwalk, pourquoi pas ? Bref, j’étais heureuse de vivre.

C’est à cet instant que j’ai croisé un fantôme. J’ai vu un petit blond aux yeux bleus un peu bouffi qui me rappelait quelqu’un et j’ai compris : c’était lui. Malgré les quinze kilos de plus, j’arrivais encore à le reconnaître. Un ex, appelons-le Eric, Rico pour les intimes. Triste vision que ce Rico dans un t-shirt couleur corail mais pas le corail qui est revenu à la mode, plutôt un corail Décathlon, c’est-à-dire légèrement fluo. Avec un short qui se passe de commentaire. Mais le pire ce n’était pas sa tenue, c’était son visage, il était complètement bouffi, boursouflé, comme si une guêpe l’avait piqué sur la totalité du visage. Il était rouge, il avait des rides maintenant, pas juste aux coins des yeux, et j’ai cru percevoir qu’il commençait à perdre ses cheveux. Il avait le visage d’un type qui a bu toute sa vie.

Lorsque j’ai rencontré Rico j’étais jeune et naïve, je n’avais aucune expérience et je me prenais pour Mère Teresa. Je crois que je me sentais coupable d’avoir eu une enfance idéale, une famille aimante ; j’avais besoin de rendre un peu ce qui m’avait été donné, je perdais une énergie folle à vouloir sauver des types comme Rico. Son père était alcoolique, sa mère aussi, c’était dans leur ADN. La précarité aussi, jamais de vacances, aucun loisir, son enfance n’avait pas été rose. J’étais restée un an avec lui, il m’en avait fait voir de toutes les couleurs, très peu de rose, plutôt du noir, plus noir que noir est-ce une couleur ? Il frappait chez moi complètement ivre en pleine nuit, il me trompait avec des filles moches, il racontait n’importe quoi, il me faisait honte….Une fois il était monté sur le toit, je me souviens avoir eu une pulsion, je m’étais vue le pousser dans le vide, c’est dire à quel point Rico me foutait la rage. Je ne pensais jamais le revoir…

Je ne crois pas au hasard. Je décide d’arrêter de boire pour avoir une vie meilleure, pour bien vieillir, pour être en accord avec mon idéal, et je croise ce fantôme qui continue d’être sur une pente glissante, il a grossi, il est en mauvaise santé, il porte un t-shirt corail fluo (il a toujours eu un look de merde en fait), il n’a pas changé. Moi oui, mais mentalement. Par politesse j’ai pris son numéro de téléphone, il voulait prendre un verre ce soir, j’ai décliné poliment et il m’a dit « Oh mais je sais que tu ne m’appelleras pas ! ». Nous sommes en 2019, les gens ne s’appellent plus, mais ce n’est pas le problème. J’ai effacé son numéro en rentrant chez moi parce que je sais poser des limites maintenant. Le passé est très bien là où il est : hors de ma vie actuelle.

Autrement dit : thank you, next !

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Les résultats tant attendus

Le médecin m’a demandé mon numéro, c’était 544 (un numéro que je trouvais moche par ailleurs) et c’est le moment qu’a choisi le système informatique pour planter. Ah… l’hôpital public ! J’avais déjà attendu trente minutes dans une salle aux murs blancs sans aucune distraction (mon téléphone n’avait plus de batterie), il fallait maintenant que leur ordinateur merdique plante pile au moment où je tremblais en attendant mes résultats…

La dernière fois que j’ai eu un rapport non protégé, c’était il y a plus de six semaines comme le veut le protocole. Inutile de préciser que j’étais chargée à la vodka redbull (un mélange terrifiant pour n’importe quel estomac), et que c’est précisément sous les effluves de ce cocktail détonnant que j’ai dit à mon amant qui ne bandait plus à cause du préservatif : « C’est bon, enlève-le, on s’en fout ».

Certes, je connais cet amant. Enfin, disons plutôt que ce n’est pas un inconnu, je le côtoie depuis plus d’un an. Mais je sais qu’il a d’autres partenaires (moi aussi). Je sais aussi que comme 70% des hommes, il débande à cause du préservatif (que celui qui ne débande jamais mette un petit commentaire pour expliquer aux autres hommes sa technique, par pitié, l’humanité a besoin de ton témoignage!). J’estime à 70% mais certaines diraient 80%, le pourcentage dépend des femmes, mais c’est un véritable fléau…

Si je n’avais pas bu, jamais je n’aurais accepté un rapport non protégé. Encore une fois, l’alcool m’a fait faire n’importe quoi. Aujourd’hui le sida fait moins peur, en 2016 on estime à 6000 le nombre de personnes contaminées par le VIH (source : VIH.org), les traitements permettent aux malades de vivre pendant de nombreuses années, nous sommes loin des années 80… Mais à titre personnel, je n’ai aucune envie de faire partie des 6000 qui apprendront la mauvaise nouvelle. Je n’ai pas non plus envie de me réveiller avec des symptômes de syphilis, une chlamydiose ou n’importe quelle IST (Infection Sexuellement Transmissible).

Depuis que j’ai arrêté de boire, je n’ai pas eu de rapport sexuel. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, suis-je encore capable d’affronter la terreur que suscite un date chez moi, sans alcool pour me « rassurer » ? Pour le moment, je n’ai pas été confrontée à ce problème puisque personne ne me plaît dans mon entourage, c’est le désert (ça m’arrange!).

Après de longues minutes et un silence assourdissant, le médecin m’annonce que je peux être rassurée, je n’ai pas le VIH, pas l’hépatite C, pas de syphilis non plus. Pas de chlamydia, pas de gonorrhée, je peux respirer. Je n’avais pas trop peur, à vrai dire. Mais c’est tout de même rassurant de savoir qu’on est clean. Le médecin n’a pas aimé que je demande une copie des résultats, eh oui ça fait quand même deux feuilles blanches, ah… l’hôpital public !

Si toi aussi tu as pris des risques parce que tu as trop bu, tu peux appeler Sida Info Service au 0800 840 800 (appel gratuit), on te dirigera vers un Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) près de chez toi:)

Il est mignon, non ? 🙂

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